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Londres : Une princesse arabe éprise d’un Anglais fuit à Londres 

Par Philippe Grangereau, Libération, 21/07/2009

La Grande-Bretagne vient secrètement d’accorder l’asile à une princesse arabe dont le nom n’a pas été révélé. La jeune femme, qui est mariée à un vieux barbon de la famille royale, est tombée amoureuse d’un Anglais lors d’un de ses voyages à Londres, racontait hier The Independent

Se retrouvant enceinte, la princesse adultère encourait dans son pays le fouet et la mort par lapidation, toujours en vigueur au pays des Saoud. Circonstance aggravante, l’amant n’étant pas musulman, la sultane pouvait se voir accusée d’apostasie. Elle a fui à Londres, prétextant une fringale de shopping, pour solliciter la protection de Sa Majesté, qui la lui a accordée, ainsi que l’anonymat salutaire dans sa situation. Depuis cette dérobade, sa richissime famille a coupé les ponts avec cette princesse sans visage, dont la presse dit ignorer tout de l’épaisseur du compte en banque.

Philippe Grangereau


France : Cheb Mami condamné à cinq ans de prison

Agence Reuters 3/07/2009; 16 heures

La star algérienne de la musique raï, Cheb Mami, a été condamnée à cinq ans de prison pour des violences infligées en août 2005 à son ex-compagne, qu'il voulait voir avorter. Le tribunal ordonne son maintien en détention. Cheb Mami est en prison depuis lundi en France où il est revenu après deux ans de fuite en Algérie.

Son agent Michel Le Corre, qui comparaissait libre, a été condamné à quatre ans de prison et immédiatement écroué.

Hicham Lazaar et Abdelkader Lallali, proches du chanteur et exécutants présumés des violences, sont condamnés respectivement à trois et six ans de prison.

Le tribunal a délivré des mandats d'arrêt à leur encontre. Ils ne sont pas venus au procès qui s'est déroulé jeudi.

Le dossier porte sur la séquestration les 28 et 29 août 2005 de la victime dans la villa personnelle du chanteur à Alger, et sur des brutalités infligées toute une nuit par Kader Lallali et deux "avorteuses" non identifiées, à l'instigation de Cheb Mami et Michel Le Corre.

Pendant le procès, Cheb Mami a parlé de "faute" mais il n'a pas exprimé de regrets et ne s'est jamais adressé à son ex-amie. Il a reconnu avoir été informé des faits mais en a rejeté la responsabilité sur son agent, assurant qu'il n'y avait pas assisté.

Le chanteur algérien de 42 ans, de son vrai nom Mohamed Khelifati, est une icône dans son pays où il a lancé le raï dans les années 80 avant de l'exporter en France. Cheb Mami a élargi sa célébrité avec le tube mondial "Desert rose" avec Sting en 2000.

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Proche-Orient : Le discours du président Barack Obama au Caire

LE MONDE | 04.06.09 | 

Intégralité du discours traduit par le Bureau des services linguistiques du département d'État américain.

Un nouveau départ

Université du Caire
Le Caire, Égypte
4 juin 2009, 13h10 (heure locale)

Je vous remercie. Bonjour à tous. C'est pour moi un honneur de me trouver dans cette ville intemporelle qu'est le Caire et d'être reçu par deux institutions remarquables. Depuis plus de mille ans, Al-Azhar est un haut lieu de transmission du savoir dans le monde musulman et, depuis plus d'un siècle, l'université du Caire est une source de progrès pour l'Égypte. Ensemble, vous représentez l'harmonie entre la tradition et le progrès. Je vous suis reconnaissant de votre hospitalité et de celle du peuple égyptien. Je suis fier aussi de vous transmettre la bonne volonté du peuple américain et une salutation de paix de la part des communautés musulmanes de mon pays : « Salamm aleïkoum ». (Applaudissements)

Notre rencontre survient à un moment de grande tension entre les États-Unis et les musulmans du monde entier - tension ancrée dans des forces historiques qui dépassent le cadre des débats actuels de politique générale. Les relations entre l'islam et l'Occident se caractérisent par des siècles de coexistence et de coopération, mais aussi par des conflits et des guerres de religion. Dans un passé relativement plus récent, les tensions ont été nourries par le colonialisme qui a privé beaucoup de musulmans de droits et de chances de réussir, ainsi que par une guerre froide qui s'est trop souvent déroulée par acteurs interposés, dans des pays à majorité musulmane et au mépris de leurs propres aspirations. En outre, les mutations de grande envergure qui sont nées de la modernité et de la mondialisation ont poussé beaucoup de musulmans à voir dans l'Occident un élément hostile aux traditions de l'islam.

Des extrémistes violents ont exploité ces tensions auprès d'une minorité de musulmans, qui pour être réduite n'en est pas moins puissante. Les attentats du 11 septembre 2001, conjugués à la poursuite des actions violentes engagées par ces extrémistes contre des civils, ont amené certains dans mon pays à juger l'islam inévitablement hostile non seulement à l'Amérique et aux pays occidentaux, mais aussi aux droits de l'homme. La peur et la méfiance se sont ainsi accentuées.

Tant que notre relation restera définie par nos différences, nous donnerons du pouvoir à ceux qui sèment la haine et non la paix et qui encouragent le conflit au lieu de la coopération qui peut aider nos deux peuples à connaître la justice et la prospérité. C'est ce cycle de la méfiance et de la discorde qui doit être brisé.

Je suis venu ici au Caire en quête d'un nouveau départ pour les États-Unis et les musulmans du monde entier, un départ fondé sur l'intérêt mutuel et le respect mutuel, et reposant sur la proposition vraie que l'Amérique et l'islam ne s'excluent pas et qu'ils n'ont pas lieu de se faire concurrence. Bien au contraire, l'Amérique et l'islam se recoupent et se nourrissent de principes communs, à savoir la justice et le progrès, la tolérance et la dignité de chaque être humain.

Ce faisant, je reconnais que le changement ne se produira pas du jour au lendemain. Il y a eu beaucoup de publicité à propos de mon discours, mais aucun discours ne peut éradiquer des années de méfiance, et dans l'espace de cet après-midi, je n'ai pas la réponse non plus aux questions complexes qui nous ont menés au point où nous sommes maintenant. Mais je suis convaincu que pour aller de l'avant, nous devons dire ouvertement entre nous ce que nous recelons dans notre cœur et que trop souvent nous n'exprimons qu'à huis clos. Nous devons consentir un effort soutenu afin de nous mettre à l'écoute et d'apprendre les uns des autres ; de nous respecter mutuellement et de rechercher un terrain d'entente. Comme le dit le Saint Coran, « Crains Dieu et dis toujours la vérité ». (Applaudissements) C'est ce que je vais essayer de faire aujourd'hui - de dire la vérité de mon mieux, rendu humble par la tâche qui nous attend et ferme dans ma conviction que les intérêts que nous partageons parce que nous sommes des êtres humains sont beaucoup plus puissants que les forces qui nous séparent.

Cette conviction s'enracine en partie dans mon vécu. Je suis chrétien, mais mon père était issu d'une famille kényane qui compte des générations de musulmans. Enfant, j'ai passé plusieurs années en Indonésie où j'ai entendu l'appel à la prière (azan) à l'aube et au crépuscule. Jeune homme, j'ai travaillé dans des quartiers de Chicago où j'ai côtoyé beaucoup de gens qui trouvaient la dignité et la paix dans leur foi musulmane.

Féru d'histoire, je sais aussi la dette que la civilisation doit à l'islam. C'est l'islam - dans des lieux tels qu'Al-Azhar -, qui a brandi le flambeau du savoir pendant de nombreux siècles et ouvert la voie à la Renaissance et au Siècle des Lumières en Europe. C'est de l'innovation au sein des communautés musulmanes (Applaudissements) - c'est de l'innovation au sein des communautés musulmanes que nous viennent l'algèbre, le compas et les outils de navigation, notre maîtrise de l'écriture et de l'imprimerie, notre compréhension des mécanismes de propagation des maladies et des moyens de les guérir. La culture islamique nous a donné la majesté des arcs et l'élan des flèches de pierre vers le ciel, l'immortalité de la poésie et l'inspiration de la musique, l'élégance de la calligraphie et la sérénité des lieux de contemplation. Et tout au long de l'histoire, l'islam a donné la preuve, en mots et en actes, des possibilités de la tolérance religieuse et de l'égalité raciale. (Applaudissements)

Je sais aussi que l'islam a de tout temps fait partie de l'histoire de l'Amérique. C'est le Maroc qui fut le premier pays à reconnaître mon pays. En signant le traité de Tripoli en 1796, notre deuxième président, John Adams, nota ceci : « Les États-Unis n'ont aucun caractère hostile aux lois, à la religion ou la tranquillité des musulmans. »

Depuis notre fondation, les musulmans américains enrichissent les États-Unis. Ils ont combattu dans nos guerres, servi le gouvernement, pris la défense des droits civils, créé des entreprises, enseigné dans nos universités, brillé dans le domaine des sports, remporté des prix Nobel, construit notre plus haut immeuble et allumé le flambeau olympique. Et, récemment, le premier Américain musulman qui a été élu au Congrès a fait le serment de défendre notre Constitution sur le Coran que l'un de nos Pères fondateurs, Thomas Jefferson, conservait dans sa bibliothèque personnelle. (Applaudissements)

J'ai donc connu l'islam sur trois continents avant de venir dans la région où il a été révélé pour la première fois. Cette expérience guide ma conviction que le partenariat entre l'Amérique et l'islam doit se fonder sur ce qu'est l'islam, et non sur ce qu'il n'est pas, et j'estime qu'il est de mon devoir de président des États-Unis de combattre les stéréotypes négatifs de l'islam où qu'ils se manifestent. (Applaudissements)

Or ce même principe doit s'appliquer à la façon dont l'Amérique est perçue par les musulmans. Tout comme les musulmans ne se résument pas à un stéréotype grossier, l'Amérique n'est pas le stéréotype grossier d'un empire qui n'a d'autre intérêt que le sien. Les États-Unis représentent l'une des plus grandes sources de progrès que le monde ait connues. Nous sommes nés d'une révolution contre un empire ; nous sommes fondés sur l'idéal de l'égalité de tous et nous avons versé de notre sang et combattu pendant des siècles pour donner un sens à ces mots - sur notre territoire et à travers le monde. Nous sommes façonnés par chaque culture, issus des quatre coins du monde et acquis à un concept simple : E pluribus unum : « De plusieurs peuples, un seul ».

Eh bien, qu'un Américain d'origine africaine et ayant pour nom Barack Hussein Obama ait pu être élu président a fait couler beaucoup d'encre. (Applaudissements)

Mais mon parcours n'est pas unique. Le rêve des chances de réussir ne s'est pas concrétisé pour tous en Amérique, mais cette promesse demeure pour tous ceux qui débarquent sur nos rivages - y compris les près de sept millions de musulmans américains qui vivent aujourd'hui dans notre pays et dont le revenu et le niveau d'éducation, disons-le, sont supérieurs à la moyenne. (Applaudissements)

En outre, la liberté en Amérique est indissociable de celle de pratiquer sa religion. C'est pour cette raison que chaque État de notre union compte au moins une mosquée et qu'on en dénombre plus de mille deux cents sur notre territoire. C'est pour cette raison que le gouvernement des États-Unis a recours aux tribunaux pour protéger le droit des femmes et des filles à porter le hijab et pour punir ceux qui leur contesteraient ce droit. (Applaudissements)

Le doute n'est pas permis : l'islam fait bel et bien partie de l'Amérique. Et je suis convaincu que l'Amérique contient en elle la proposition vraie qu'indépendamment de notre race, de notre religion ou de notre condition sociale nous aspirons tous à la même chose - vivre dans la paix et la sécurité ; faire des études et travailler dans la dignité ; aimer notre famille, notre communauté et notre Dieu. C'est cela que nous avons en commun. C'est l'espoir de l'humanité tout entière.

Certes, notre tâche commence seulement quand nous avons pris conscience de notre humanité commune. Ce n'est pas par des paroles que nous pouvons répondre aux besoins de nos peuples. Nous ne pourrons les satisfaire qu'à condition d'agir avec audace dans les années à venir et de comprendre que nous nous heurtons à des défis communs et qu'en nous abstenant d'y faire face c'est à nous tous que nous faisons tort.

Car nous en avons fait récemment l'expérience : quand le système financier d'un pays particulier s'affaiblit, la prospérité est mise à mal partout. Quand une nouvelle grippe infecte un seul être humain, nous courons tous un risque. Quand un pays particulier tente de se doter d'une arme nucléaire, le risque d'attaque nucléaire augmente dans toutes les nations. Quand des extrémistes violents sévissent dans une certaine région de montagnes, les populations situées par-delà l'océan sont mises en danger. Et quand des innocents en Bosnie et au Darfour sont massacrés, c'est notre conscience collective qui est souillée. (Applaudissements)

Vivre ensemble dans le monde, voilà ce que cela signifie au vingt et unième siècle. C'est la responsabilité que nous avons les uns envers les autres en tant qu'êtres humains.

C'est une responsabilité difficile à assumer. Car l'histoire de l'humanité est trop souvent le récit de nations et de tribus - et admettons-le, de religions - qui s'asservissent en visant leur propre intérêt. Mais dans cette ère nouvelle, une telle attitude est autodestructrice. Au vu de notre interdépendance, tout ordre mondial qui élève un pays ou un groupe d'individus au détriment d'un autre est inévitablement voué à l'échec. Quelle que soit notre opinion du passé, nous ne devons pas en être prisonniers. Nous devons régler nos problèmes par le biais du partenariat et partager nos progrès. (Applaudissements)

Il ne faut pas en conclure que nous devrions faire sembler d'ignorer les sources de tension. C'est l'inverse qui nous est suggéré : nous devons affronter carrément ces tensions. Dans cet esprit, permettez-moi de m'exprimer aussi clairement et aussi simplement que possible sur certaines questions précises auxquelles nous devons maintenant faire face ensemble.

La première est celle de l'extrémisme violent sous toutes ses formes.

À Ankara, j'ai fait clairement savoir que l'Amérique n'est pas - et ne sera jamais - en guerre contre l'islam. (Applaudissements)

En revanche, nous affronterons inlassablement les extrémistes violents qui font peser une menace grave sur notre sécurité. Parce que nous rejetons ce que rejettent les gens de toutes confessions : le meurtre d'hommes, de femmes et d'enfants innocents. Et il m'incombe d'abord, en tant que président, de protéger le peuple américain.

La situation qui prévaut en Afghanistan illustre les objectifs de l'Amérique et la nécessité de collaborer tous ensemble. Voilà maintenant plus de sept ans, forts d'un large appui de la communauté internationale, les États-Unis ont donné la chasse à al-Qaïda et aux talibans. Nous avons agi de la sorte non par choix, mais par nécessité. Je suis conscient que d'aucuns mettent encore en question ou même justifient les événements du 11 Septembre. Mais soyons clairs : Al-Qaïda a tué près de trois mille personnes ce jour-là. Ses victimes étaient des hommes, des femmes et des enfants innocents, venus d'Amérique et de beaucoup d'autres pays, et qui n'avaient rien fait à personne. Mais al-Qaïda a choisi de les tuer sans merci, de revendiquer les attentats et il réaffirme aujourd'hui encore sa détermination à commettre d'autres meurtres à une échelle massive. Ce réseau a des membres dans de nombreux pays et il essaie d'élargir son rayon d'action. Il ne s'agit pas là d'opinions à débattre - ce sont des faits à combattre.

Eh bien, ne vous y trompez pas : nous ne voulons pas laisser nos soldats en Afghanistan. Nous ne cherchons pas - nous ne cherchons pas à y établir des bases militaires. Il nous est douloureux pour l'Amérique de perdre ses jeunes gens et ses jeunes femmes. La poursuite de ce conflit s'avère coûteuse et politiquement difficile. Nous ne demanderions pas mieux que de rapatrier tous nos soldats, jusqu'au dernier, si nous avions l'assurance que l'Afghanistan et maintenant le Pakistan n'abritaient pas d'éléments extrémistes déterminés à tuer le plus grand nombre possible d'Américains. Mais ce n'est pas encore le cas.

C'est pourquoi nous œuvrons en partenariat avec une coalition de 46 pays. Malgré les couts en cause, la volonté de l'Amérique ne va pas fléchir. Assurément, aucun d'entre nous ne doit tolérer ces éléments extrémistes. Ils ont fait des morts dans beaucoup de pays. Ils ont tué des gens de toutes religions - et surtout des musulmans. Leurs actions sont irréconciliables avec les droits de l'homme, le progrès des nations et l'islam. Le Saint Coran nous enseigne que quiconque tue un innocent tue l'humanité tout entière, (Applaudissements) et que quiconque sauve quelqu'un, sauve l'humanité tout entière. (Applaudissements) La foi enracinée de plus d'un milliard d'habitants de la planète est tellement plus vaste que la haine étroite de quelques-uns. Quand il s'agit de combattre l'extrémisme violent, l'islam ne fait pas partie du problème - il constitue une partie importante de la marche vers la paix.

Nous savons en outre que la puissance militaire ne va pas à elle seule résoudre les problèmes qui se posent en Afghanistan et au Pakistan. C'est pour cette raison que nous comptons investir 1,5 milliard de dollars par an, au cours des cinq prochaines années, dans la construction d'écoles et d'hôpitaux, de routes et d'entreprises, en partenariat avec les Pakistanais, ainsi que des centaines de millions de dollars pour venir en aide aux personnes déplacées. C'est pour cette raison encore que nous fournissons plus de 2,8 milliards de dollars aux Afghans afin de les aider à développer leur économie et à prodiguer les services dont la population a besoin.

Je voudrais aussi aborder le dossier de l'Irak. Contrairement à la guerre en Afghanistan, la guerre en Irak est le résultat d'un choix, lequel a provoqué des différences marquées dans mon pays et à travers le monde. Tout en étant convaincu que le peuple irakien a gagné au bout du compte à être libéré de la tyrannie de Saddam Hussein, je crois aussi que les événements en Irak ont rappelé à l'Amérique la nécessité de recourir à la diplomatie et de construire un consensus international pour résoudre ses problèmes à chaque fois que c'est possible. (Applaudissements) De fait, nous avons en mémoire les propos de Thomas Jefferson, qui disait ceci : « J'espère que notre sagesse grandira avec notre puissance et qu'elle nous enseignera que moins nous utiliserons cette dernière, plus elle fera de l'effet. »

Aujourd'hui, l'Amérique possède une double responsabilité : aider l'Irak à se forger un avenir meilleur et laisser l'Irak aux Irakiens. J'ai fait clairement savoir au peuple irakien (Applaudissements) que nous ne cherchons nullement à établir des bases en Irak ni à revendiquer son territoire ou ses ressources. La souveraineté de l'Irak appartient à l'Irak. C'est pour cette raison que j'ai ordonné le retrait de nos brigades de combat d'ici au mois d'août de l'année prochaine. C'est pour cette raison que nous allons honorer l'accord que nous avons conclu avec le gouvernement irakien, élu démocratiquement, concernant le retrait de nos troupes de combat des villes irakiennes d'ici au mois de juillet et de toutes nos troupes du territoire irakien d'ici à 2012. (Applaudissements) Nous aiderons l'Irak à former ses forces de sécurité et à développer son économie. Mais c'est en tant que partenaires, et jamais en tant que protecteurs, que nous apporterons notre appui à un Irak sécurisé et uni.

Enfin, tout comme l'Amérique ne tolérera jamais la violence des extrémistes, elle ne doit jamais altérer ni oublier ses principes. Les événements du 11 Septembre ont infligé un traumatisme considérable à notre pays. La peur et la colère qu'ils ont provoquées sont compréhensibles, mais dans certains cas ces sentiments nous ont conduits à agir de manière contraire à nos traditions et à nos idéaux. Nous prenons maintenant des mesures concrètes pour rectifier cette situation. J'ai interdit sans équivoque l'usage de la torture par les États-Unis et j'ai ordonné la fermeture de la prison à Guantanamo Bay d'ici au début de l'année prochaine. (Applaudissements)

L'Amérique va donc se défendre, dans le respect de la souveraineté des nations et de la primauté du droit. Et nous agirons en ce sens en partenariat avec les communautés musulmanes qui sont elles aussi menacées. Plus vite les extrémistes seront isolés et malvenus dans les communautés musulmanes, plus vite nous connaîtrons tous une sécurité accrue.

La deuxième grande source de tension que nous devons aborder concerne la situation entre les Israéliens, les Palestiniens et le monde arabe.

Les liens solides qui unissent l'Amérique à Israël sont bien connus. Cette relation est immuable. Elle se fonde sur des liens culturels et historiques et sur la reconnaissance du fait que l'aspiration à un territoire juif est ancré dans un passé tragique indéniable.

À travers le monde, le peuple juif a été persécuté pendant des siècles et l'antisémitisme en Europe a atteint son paroxysme avec un holocauste sans précédent. Demain, je me rendrai à Buchenwald, qui faisait partie d'un réseau de camps où des Juifs étaient réduits à l'esclavage, torturés, abattus et envoyés aux chambres à gaz par le Troisième Reich. Six millions de Juifs ont été tués - soit un nombre supérieur à celui de toute la population juive d'Israël aujourd'hui. Il est injustifié, ignorant et odieux de nier ce fait. Il est profondément injuste de menacer Israël de destruction, ou répéter de vils stéréotypes sur les Juifs et cela ne sert qu'à évoquer dans l'esprit des Israéliens cette page la plus douloureuse de leur passé et à empêcher de prendre racine la paix à laquelle ont droit les habitants de cette région.

Ceci dit, il est également indéniable que le peuple palestinien, qui regroupe des musulmans et des chrétiens, a souffert en quête d'un territoire. Depuis plus de soixante ans, il connaît la douleur de la dislocation. Beaucoup attendent dans des camps de réfugiés en Cisjordanie, à Gaza et dans des terres voisines de connaître une vie de paix et de sécurité à laquelle ils n'ont jamais eu le droit de goûter. Ils subissent au quotidien les humiliations - grandes et petites - qui accompagnent l'occupation. Il n'est pas permis d'en douter : la situation du peuple palestinien est intolérable. L'Amérique ne tournera pas le dos à l'aspiration légitime du peuple palestinien à la dignité, aux chances de réussir et à un État à lui. (Applaudissements)

Depuis des dizaines d'années, une impasse persiste : deux peuples aux aspirations légitimes, chacun marqué par un passé douloureux qui rend un compromis insaisissable. Il est aisé de pointer un doigt accusateur : les Palestiniens peuvent attirer l'attention sur la dislocation consécutive à la fondation d'Israël, et les Israéliens peuvent dénoncer l'hostilité et les attaques dont le pays a de tout temps fait l'objet à l'intérieur même de ses frontières et par-delà. Mais si nous examinons ce conflit à travers le prisme de l'une ou de l'autre partie, nos œillères nous cacheront la vérité : la seule résolution consiste à répondre aux aspirations des uns et des autres en créant deux États, où Israéliens et Palestiniens vivront chacun dans la paix et la sécurité. C'est dans l'intérêt d'Israël, dans l'intérêt de la Palestine, dans l'intérêt de l'Amérique, dans l'intérêt du monde. C'est pourquoi je compte personnellement poursuivre un tel aboutissement avec toute la patience et le dévouement qu'exige cette tâche. (Applaudissements) Les obligations qu'ont acceptées les parties en vertu de la Feuille de route sont claires. Pour que règne la paix, il est temps que les parties - et que nous tous -se montrent à la hauteur de leurs responsabilités.

Les Palestiniens doivent renoncer à la violence. La résistance sous forme de violence et de massacre n'aboutira pas. Les Noirs en Amérique ont souffert du fouet quand ils étaient esclaves et de l'humiliation de la ségrégation. Mais ce ne fut pas la violence qui leur a finalement permis d'obtenir l'égalité des droits dans son intégrité. Ce fut la persévérance ferme et pacifique pour les idéaux au cœur même de la création de l'Amérique. Cette même histoire peut être racontée par des peuples de l'Afrique du sud à l'Asie du sud ; de l'Europe de l'est à l'Indonésie. C'est une histoire avec une simple vérité : la violence ne mène nulle part. Lancer des roquettes contre des enfants israéliens endormis ou tuer des vieilles femmes dans un autobus, n'est pas un signe de courage ni de force. Ce n'est pas de cette manière que l'on revendique l'autorité morale ; c'est ainsi qu'on l'abdique.

Le moment est maintenant venu pour les Palestiniens de se concentrer sur ce qu'ils peuvent bâtir. L'Autorité palestinienne doit développer ses capacités de gouverner avec des institutions qui répondent aux besoins de son peuple. Hamas jouit du soutien de certains Palestiniens, mais il doit aussi reconnaitre ses responsabilités. Il doit jouer un rôle pour réaliser les aspirations des Palestiniens et unir le peuple palestinien. Hamas doit mettre fin à la violence, reconnaître les accords passés et reconnaître le droit à l'existence d'Israël.

En même temps, Israël doit reconnaître que tout comme le droit à l'existence d'Israël ne peut être nié, il en est de même pour la Palestine. Les États-Unis n'acceptent pas la légitimité de la continuation des colonies israéliennes. (Applaudissements) Ces constructions constituent une violation des accords passés et portent préjudice aux efforts de paix. Le moment est venu pour que ces colonies cessent. (Applaudissements)

Israël doit aussi honorer ses obligations et assurer que les Palestiniens puissent vivre, travailler et développer leur société. Tout comme elle ravage les familles palestiniennes, la continuation de la crise humanitaire à Gaza ne sert pas à promouvoir la sécurité d'Israël, l'absence persistante de chances de réussite en Cisjordanie non plus. Des améliorations dans la vie de tous les jours du peuple palestinien doivent constituer une partie cruciale de la feuille de route pour la paix.

Enfin, les États arabes doivent reconnaître que l'initiative arabe de paix a été un début important, mais non la fin de leurs responsabilités. Le conflit israélo-arabe ne devrait plus être utilisé pour distraire les populations des États arabes des autres problèmes. Il doit au contraire servir de raison pour aider les populations palestiniennes à développer les institutions qui permettront d'asseoir leur État ; à reconnaître la légitimité d'Israël ; et à opter pour le progrès au lieu de se polariser de manière autodestructive sur le passé.

L'Amérique alignera ses politiques avec ceux qui veulent la paix. Nous dirons en public ce que nous dirons en privé aux Israéliens, aux Palestiniens et aux Arabes. (Applaudissements) Nous ne pouvons pas imposer la paix. Mais en privé, de nombreux Musulmans reconnaissent qu'Israël ne disparaitra pas ; de même, de nombreux Israéliens reconnaissent la nécessité d'un État palestinien. Le moment est venu de prendre une initiative, sur ce que tous savent être vrai.

Trop de larmes ont coulé. Trop de sang a été versé. Nous avons tous la responsabilité d'œuvrer pour le jour où les mères d'Israéliens et de Palestiniens pourront voir leurs enfants grandir sans peur ; où la terre sainte de trois grandes religions sera ce lieu de paix que Dieu avait voulu ; où Jérusalem sera un lieu de résidence sur et permanent pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans et un lieu où tous les enfants d'Abraham pourront se côtoyer dans la paix comme dans l'histoire d'Israh, (Applaudissements), - comme dans l'histoire d'Israh, de Moïse, de Jésus et de Mohammed (que la paix soit avec eux) unis dans la prière. (Applaudissements)

La troisième source de tension est nos intérêts en commun à l'égard des droits et des responsabilités des États concernant les armes nucléaires.

Cette question a constitué une source de tension entre les États-Unis et la République islamique d'Iran. Pendant de nombreuses années, l'Iran s'est défini en partie par son opposition à mon pays et il existe en effet un passé tumultueux entre nos deux pays. En pleine Guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d'un gouvernement iranien démocratiquement élu. Depuis la révolution islamique, l'Iran a joué un rôle dans la prise d'otages et dans des actes de violence à l'encontre des troupes et des civils américains. Cette histoire est bien connue. Plutôt que de rester emprisonné par le passé, j'ai dit clairement au peuple et aux dirigeants iraniens que mon pays est prêt à aller de l'avant. La question qui se pose maintenant n'est pas de savoir à quoi l'Iran s'oppose, mais plutôt quel est l'avenir qu'il souhaite bâtir.

Je comprends qu'il sera difficile de surmonter des décennies de méfiance, mais nous allons procéder avec courage, rectitude et fermeté. Il y aura de nombreux problèmes à examiner entre nos deux pays et nous sommes disposés à aller de l'avant sans conditions préalables, sur la base d'un respect mutuel. Mais il est clair pour tous ceux préoccupés par les armes nucléaires que nous sommes arrivés à un tournant décisif. Ce n'est pas simplement dans l'intérêt des États-Unis, c'est pour empêcher une course aux armes nucléaires susceptible d'entraîner cette région sur une voie extrêmement dangereuse .

Je comprends ceux qui protestent contre le fait que certains pays possèdent des armes que d'autres ne possèdent pas. Aucun État ne devrait décider et choisir qui sont les pays à avoir des armes nucléaires. C'est pourquoi je réaffirme fermement l'engagement de l'Amérique à vouloir un monde dans lequel aucun pays ne possède d'armes nucléaires. (Applaudissements) Et chaque pays, y compris l'Iran, devrait avoir le droit d'avoir accès à l'énergie nucléaire pacifique s'il respecte ses engagements dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire. Cet engagement est au cœur du Traité et il doit être pris par tous ceux qui y souscrivent pleinement. J'espère que tous les pays de la région pourront partager cet objectif.

Le quatrième point je vais aborder est la démocratie. (Applaudissements)

Je sais - je sais qu'il y a eu une polémique, au cours des récentes années, au sujet de la promotion de la démocratie et qu'une grande partie de cette controverse est liée à la guerre en Irak. Par conséquent, permettez-moi de le dire clairement : aucun système de gouvernement ne peut ou ne devrait être imposé par un pays à un autre.

Toutefois, cela ne diminue pas mon engagement à l'égard des gouvernements qui reflètent la volonté du peuple. Chaque nation donne naissance à ce principe de sa propre manière, en fonction des traditions de son propre peuple. L'Amérique ne prétend pas savoir ce qui est le mieux pour tout et chacun, tout comme nous ne voudrions pas prétendre décider des résultats d'une élection pacifique. Mais j'ai la ferme conviction que tous les peuples aspirent à certaines choses : la possibilité de s'exprimer et d'avoir une voix dans la façon dont ils sont gouvernés ; la confiance en l'État de droit et l'application équitable de la justice ; un gouvernement qui est transparent et qui ne vole pas ce qui appartient à son peuple ; la liberté de vivre selon leur choix. Il ne s'agit pas simplement d'idéaux américains, il s'agit des droits de l'homme et c'est pourquoi nous les encouragerons dans le monde entier. (Applaudissements)

C'est vrai, il n'y a pas de route directe pour honorer cette promesse. Mais une chose est claire, les gouvernements qui défendent ces droits sont à terme plus stables, meilleurs et plus en sécurité. La suppression des idées ne réussit jamais à les éliminer. L'Amérique respecte la liberté d'expression de tous ceux, dans le monde entier, qui sont pacifiques et respectueux de la loi, même si nous ne sommes pas d'accord avec eux. Nous accueillerons tous les gouvernements élus pacifiques - à condition qu'ils gouvernent en respectant toutes leurs populations.

Ce point est important car il y a ceux qui encouragent la démocratie uniquement lorsqu'ils ne sont pas au pouvoir ; et une fois au pouvoir ils sont sans scrupules dans la suppression des droits d'autrui. (Applaudissements) Quel que soit là où il prend forme, le gouvernement du peuple et par le peuple est le seul étalon par lequel on mesure tous ceux qui sont au pouvoir : il faut conserver le pouvoir par le consentement du peuple et non la coercition ; il faut respecter les droits des minorités et participer, dans un esprit de tolérance et de compromis ; il faut mettre les intérêts du peuple et le déroulement légitime du processus politique avant ceux de son parti. Sans ces ingrédients, les élections ne créent pas une vraie démocratie à elles seules.

Un membre du public : Barack Obama, on vous aime !

Le président Obama : Je vous remercie. (Applaudissements) Le cinquième point que nous allons aborder ensemble est celui de la liberté de religion.

L'Islam a une tradition de tolérance dont il est fier. Nous le constatons dans l'histoire de l'Andalousie et de Cordoue pendant l'Inquisition. Je l'ai constaté de première main pendant mon enfance en Indonésie, où des Chrétiens dévots pratiquaient ouvertement leur religion dans un pays à prépondérance musulmane. C'est cet esprit qu'il nous faut aujourd'hui. Les habitants de tous les pays doivent être libres de choisir et de vivre leur religion d'après leur conviction d'esprit, de cœur et d'âme. Cette tolérance est essentielle pour que la religion puisse s'épanouir, or elle est assaillie de plusieurs façons différentes.

Parmi certains musulmans, on constate que certains ont malheureusement tendance à mesurer leur propre croyance à l'aune du rejet des croyances d'autrui. Il faut soutenir la richesse de la diversité religieuse, que ce soit pour les Maronites au Liban ou les Coptes en Égypte. (Applaudissements) Et pour être francs, il faut aussi mettre fin aux divergences entre les musulmans, car les divisions entre les sunnites et les chiites ont provoqué des violences tragiques, tout particulièrement en Irak.

La liberté de religion joue un rôle crucial pour permettre aux gens de vivre en harmonie. Nous devons toujours examiner les façons dont nous la protégeons. Aux États-Unis, par exemple, les musulmans ont plus de mal à s'acquitter de l'obligation religieuse de la zakat étant donné les règles relatives aux dons de bienfaisance. C'est pour cette raison que je suis résolu à œuvrer avec les musulmans américains pour leur permettre de s'acquitter de la zakat.

De même, il importe que les pays occidentaux évitent d'empêcher les musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, par exemple, en dictant ce qu'une musulmane devrait porter. En un mot, nous ne pouvons pas déguiser l'hostilité envers la religion sous couvert de libéralisme.

De fait, la foi devrait nous unir. C'est pour cette raison que nous sommes en train de créer de nouveaux programmes de service communautaire en Amérique qui réunissent des chrétiens, des musulmans et des juifs. C'est également pour cette raison que nous nous réjouissons des initiatives telles que le dialogue interreligieux du roi Abdallah d'Arabie Saoudite et le leadership de la Turquie dans l'Alliance des civilisations. À travers le monde, nous pouvons transformer le dialogue en un service interreligieux de sorte que les ponts entre les êtres humains mènent à des actions en faveur de notre humanité commune, que ce soit pour lutter contre le paludisme en Afrique ou pour fournir des secours après une catastrophe naturelle.

La sixième question - la sixième question dont je veux parler porte sur les droits des femmes.

(Applaudissements) Je sais - je sais, et vous pouvez le voir d'après ce public - que cette question suscite un sain débat. Je rejette l'opinion de certains selon laquelle une femme qui choisit de se couvrir la tête est d'une façon ou d'une autre moins égale, mais j'ai la conviction qu'une femme que l'on prive d'éducation est privée d'égalité. (Applaudissements) Et ce n'est pas une coïncidence si les pays dans lesquels les femmes reçoivent une bonne éducation connaissent bien plus probablement la prospérité.

Je tiens à préciser une chose : les questions relatives à l'égalité des femmes ne sont absolument pas un sujet qui concerne uniquement l'Islam. En Turquie, au Pakistan, au Bangladesh et en Indonésie, nous avons vu des pays à majorité musulmane élire une femme à leur tête, tandis que la lutte pour l'égalité des femmes continue dans beaucoup d'aspects de la vie américaine, et dans les pays du monde entier.

Je suis convaincu que nos filles peuvent offrir une contribution à la société tout aussi importante que nos fils (Applaudissements)et que notre prospérité commune sera favorisée si nous utilisons les talents de toute l'humanité, hommes et femmes. Je ne crois pas que les femmes doivent faire les mêmes choix que les hommes pour assurer leur égalité, et je respecte celles qui choisissent de suivre un rôle traditionnel. Mais cela devrait être leur choix. C'est pour cela que les États-Unis œuvreront en partenariat avec tout pays à majorité musulmane pour améliorer l'alphabétisation des filles. Nous aiderons aussi les jeunes femmes à faire la transition de l'école au monde du travail par l'intermédiaire du microfinancement qui permet aux gens de réaliser leurs rêves. (Applaudissements)

Finalement, je veux parler de notre intérêt commun à favoriser le développement et les opportunités économiques.

Je sais que pour beaucoup, la mondialisation présente des aspects contradictoires. Internet et la télévision peuvent transmettre dans les foyers des connaissances et des informations, mais également une sexualité vulgaire et une violence gratuite. Le commerce peut s'accompagner de nouvelles richesses et opportunités, mais aussi de grands bouleversements et de changements au niveau communautaire. Dans tous les pays, y compris en Amérique, ce changement provoque la peur. La peur que la modernité signifie la perte du contrôle de nos choix économiques, de nos décisions politiques et, il s'agit d'un élément encore plus important, de notre identité, c'est-à-dire des choses qui nous attachent à notre communauté, notre famille et notre foi.

Mais je sais aussi qu'on ne peut pas empêcher le progrès humain. Le développement et la tradition ne sont pas nécessairement contradictoires. Des pays comme le Japon et la Corée du Sud ont connu une prodigieuse croissance économique tout en conservant leur culture distincte. Il en va de même pour les progrès remarquables au sein de pays à majorité musulmane, de Kuala Lumpur à Dubaï. Par le passé et de nos jours, les communautés musulmanes ont été à la pointe de l'innovation et de l'éducation.

Ceci est important car aucune stratégie de développement ne peut se fonder uniquement sur ce que produit la terre et elle ne peut être durable si les jeunes n'ont pas de travail. De nombreux pays du Golfe se sont énormément enrichis grâce au pétrole et certains commencent à concentrer leurs ressources sur le développement plus large. Mais nous devons tous garder à l'esprit que l'éducation et l'innovation seront la monnaie d'échange du 21e siècle. (Applaudissements) Dans trop de communautés musulmanes, le sous-investissement en ces domaines persiste. J'attire l'attention sur cette réalité dans mon propre pays. Et à la différence du passé pendant lequel l'Amérique se concentrait sur le pétrole et le gaz, s'agissant de cette partie du monde, nous chercherons désormais à agir dans des domaines plus variés.

Dans le domaine de l'éducation, nous allons élargir les programmes d'échange et augmenter les bourses, comme celle qui a permis à mon père de venir en Amérique, (Applaudissements) tout en encourageant davantage d'Américains à étudier dans des communautés musulmanes. Nous offrirons à des étudiants musulmans prometteurs des stages aux États-Unis ; nous investirons dans l'enseignement en ligne destiné aux enseignants et aux enfants à travers le monde ; et nous créerons un nouveau réseau informatique qui permettra à un jeune du Kansas de communiquer instantanément avec un jeune du Caire.

Dans le domaine du développement économique, nous créerons un nouveau corps de volontaires des milieux d'affaires qui formeront des partenariats avec des homologues de pays à majorité musulmane. Je vais aussi accueillir un Sommet sur l'entrepreneuriat cette année pour trouver les moyens d'approfondir les liens entre les leaders du monde des affaires, les fondations et les entrepreneurs sociaux des États-Unis et des communautés musulmanes à travers le monde.

Dans le domaine des sciences et des technologies, nous établirons un nouveau fonds pour appuyer le développement technologique dans les pays à majorité musulmane et pour aider à concrétiser commercialement des idées pour qu'elles créent des emplois. Nous ouvrirons des centres d'excellence scientifiques en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est, et nous nommerons de nouveaux émissaires pour les sciences chargés de collaborer à des programmes qui mettront au point de nouvelles sources d'énergie, créeront des emplois verts, numériseront les registres et archives, purifieront l'eau et produiront de nouvelles cultures. Dans le domaine de la santé au niveau mondial, j'annonce aujourd'hui une nouvelle initiative avec l'Organisation de la conférence islamique pour éradiquer la polio et nous intensifierons nos partenariats avec des communautés musulmanes pour améliorer la santé maternelle et infantile.

Tout cela doit être accompli en partenariat. Les Américains sont prêts à se joindre aux citoyens et gouvernements, aux organisations communautaires, aux dirigeants religieux et aux entreprises dans les communautés musulmanes du monde entier afin d'aider nos populations à améliorer leur vie.

Il ne sera pas facile de régler les questions dont je viens de parler. Mais nous avons la responsabilité de nous unir pour réaliser le monde auquel nous aspirons, un monde où les extrémistes ne menacent plus notre pays et où les soldats américains sont rentrés chez eux, un monde où les Palestiniens et les Israéliens vivent chacun en sécurité dans un État qui leur est propre et où l'énergie nucléaire est utilisée à des fins pacifiques, un monde où les gouvernements servent les intérêts de leurs citoyens et où les droits de tous les enfants de Dieu sont respectés. Tel est le monde auquel nous aspirons et nous n'y parviendrons qu'ensemble.

Je sais qu'un grand nombre de gens - musulmans et non musulmans - se demandent si nous arriverons vraiment à prendre ce nouveau départ. Certains veulent attiser les flammes de la division et entraver le progrès. Certains suggèrent que ça ne vaut pas la peine ; ils avancent qu'il y aura fatalement des désaccords et que les civilisations finissent toujours par s'affronter. Beaucoup plus ont tout simplement des doutes. Il y a tellement de peur, tellement de méfiance qui se sont accumulées avec les ans. Mais si nous choisissons de nous laisser enchaîner par le passé, nous n'irons jamais de l'avant. Je veux particulièrement le déclarer aux jeunes de toutes les fois et de tous les pays, plus que quiconque, vous avez la possibilité de ré-imaginer le monde, de refaire le monde.

Nous partageons tous cette planète pendant un court instant. À nous de décider si nous passons ce temps à nous concentrer sur ce qui nous sépare ou si nous nous engageons à faire ce qu'il faut - de façon soutenue - pour trouver un terrain d'entente, pour nous concentrer sur l'avenir que nous désirons pour nos enfants, et pour respecter la dignité de tous les êtres humains.

Tout ceci n'est pas simple. Il est plus facile de se lancer dans une guerre que de faire la paix. Il est plus facile de blâmer autrui que de s'examiner soi-même ; il est plus facile de voir ce qui nous distingue, plutôt que ce que nous avons en commun. Mais il faut choisir le bon chemin, et non le plus facile. Il y a une règle essentielle qui sous-tend toutes les religions : celle de traiter les autres comme nous aimerions être traités. Cette vérité transcende les nations et les peuples. C'est une croyance qui n'est pas nouvelle, qui n'est ni noire ni blanche ni basanée, qui n'est ni chrétienne ni musulmane ni juive. C'est une foi qui a animé le berceau de la civilisation et qui bat encore dans le cœur de milliards d'êtres humains. C'est la foi dans autrui et c'est ce qui m'a mené ici aujourd'hui.

Nous avons le pouvoir de construire le monde auquel nous aspirons, mais seulement si nous avons le courage de prendre un nouveau départ, en gardant à l'esprit ce qui a été écrit.

Le Saint Coran nous dit : « Ô hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. »

Le Talmud nous dit : « Toute la Torah a pour objectif de promouvoir la paix. »

La Bible nous dit : « Bienheureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu. »

Les habitants du monde peuvent cohabiter en paix. Nous savons que telle est la vision de Dieu. C'est maintenant notre tâche sur cette Terre. Je vous remercie et que la paix de Dieu soit avec vous. Je vous remercie. Je vous remercie. (Applaudissements)

FIN       14h05 (heure locale)


Proche-Orient : Israël refuse tout gel de la colonisation

LE MONDE, AFP, Reuters | 31.05.09 |

Le dossier des colonies israéliennes continue d'envenimer les relations entre les Etats-Unis et Israël. En réponse aux propos tenus par Barack Obama cette semaine, demandant l'arrêt de la colonisation en Cisjordanie, un membre du gouvernement israélien a affirmé, dimanche 31 mai, que son pays "n'acceptera en aucune façon que la colonisation légale soit gelée". "Le gouvernement défendra les intérêts vitaux de l'Etat d'Israël", a maintenu le ministre des transports, Israël Katz, un proche du premier ministre Benyamin Nétanyahou.

M. Katz est le premier haut responsable israélien à s'exprimer publiquement sur les divergences qui se sont exprimées publiquement avec les Etats-Unis. M. Obama, qui a reçu en l'espace de deux semaines M. Nétanyahou et le président palestinien Mahmoud Abbas, a défendu la création d'un Etat palestinien et la fin de la colonisation en Cisjordanie.

Le terme "colonisation légale" utilisée par le ministre israélien fait allusion à la poursuite de la construction dans les 120 colonies ayant obtenu les autorisations nécessaires de la part du gouvernement pour répondre à la "croissance naturelle" de la population. Washington, comme le reste de la communauté internationale, refuse de reconnaître la distinction entre les colonies légales et les colonies illégales.

"L'ADMINISTRATION AMÉRICAINE A ADOPTÉ UNE LIGNE DIFFÉRENTE"

Israël Katz reproche également à l'administration Obama de revenir sur des engagements pris par son prédécesseur à la Maison Blanche. Après l'évacuation des colonies dans la bande de Gaza, George W. Bush aurait promis dans ce document adressé au premier ministre de l'époque, Ariel Sharon, de tenir compte des colonies israéliennes dans le tracé d'un éventuel Etat palestinien.

"Ariel Sharon a démantelé des colonie et il a reçu la lettre de Bush et aujourd'hui l'administration refuse de reconnaître cette lettre", déplore M. Katz. "L'administration américaine actuelle a adopté une ligne totalement différente ce qui a provoqué l'apparition de désaccords sur la colonisation, a-t-il ajouté. C'est quelque chose d'inquiétant et cela suscite des inquiétudes sur des arrangements futurs".

Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou s'est dit prêt à évacuer une centaine de colonies sauvages établies par des colons extrémistes. Selon un rapport de l'ONG Paix Maintenant, 44 % des terrains sur lesquels s'étendent ces colonies sauvages appartiennent à des propriétaires privés palestiniens. En revanche, il entend toujours annexer les colonies en Cisjordanie, où vivent des centaines de milliers d'Israéliens."Le gouvernement doit désormais être beaucoup plus prudent et tenir compte du fait que tout retrait en Judée-Samarie [Cisjordanie] ne peut que favoriser le Hamas", a également souligné le ministre.

Ces différends israélo-américains interviennent alors que Barack Obama doit se rendre la semaine prochaine en Arabie saoudite et en Egypte, pour y prononcer un grand discours de réconciliation avec les musulmans. Ce discours, une promesse de campagne de M. Obama, se tiendra jeudi au Caire.


Nouvelles Internationales: Des robots quadripèdes américains testés en Afghanistan.

Par Pascal Riché |Rue 89|24|03|2009|
Regardez déambuler cette étrange bête, qui n'est pas sans grâce. Ce n'est pas une oeuvre d'art, mais un auxiliaire militaire. Un robot, baptisé « BigDogs » (GrosChiens), que l'armée américaine a décidé de tester en Afghanistan. (voir la vidéo).

 

Il a été concçu par la société Boston Dynamics « dédiée à la façon dont les choses se meuvent ». C'est une machine qui fonctionne à l'essence. Mais si elle fait un bruit de tondeuse à gazon, la comparaison s'arrête là :  c'est un robot bourré d'informatique et de capteurs,  qui encaisse sans trébucher  les bosses et les creux.

Selon Boston Dynamics, cité par le site de FoxNews, il peut marcher à plus de 6 km/h, ou alors tout doucement, grimper des pentes à 35 degrés, coucher, inspecter les environs. Il peut transporter « 140 kilos  d'équipements ». Y compris, j'imagine, des armes. Un soldat idéal :  pas besoin de le nourrir ou de prévoir des temps de repos. Et s'il tue un jour, ce sera froidement.

La guerre en Irak a dopé le marché des robots

C'est la guerre en Irak, dont le théâtre a été largement urbain, qui a relancé l'intérêt pour les robots. Dans une ville, les militaires ont besoin d'yeux pour détecter les dangers.

Le robot de guerre américain « Swords » (DR)J'ai assisté un jour à la présentation d'un de ces robots militaires, le « swords ». C'était en 2005, dans une base militaire  du New Jersey :  la machine qui nous était alors présentée était déjà impressionnante. Mais en quatre ans, à voir cette vidéo du BigDog, les progrès ont été énormes.

Avec le recul, le truc à chenilles que j'avais vu ressemblait  à une machine des  aventures de Joe Zette et Jocko ;  les BigDogs, eux, se rapprochent des quadripodes impériaux de StarWars.

Les militaires et les ingénieurs qui présentaient les Swords étaient formels :  jamais ces machines ne pourraient actionner seules des tirs contre des ennemis. Bob Quinn, directeur de la
robotique militaire chez Foster-Miller, le fabricant, me rassurait ainsi : 

« Au lieu d'avoir son arme à l'épaule, le soldat la manipule à 500 mètres en arrière, voilà tout. Il n'a pas le stress des balles qui sifflent autour de sa tête. »

L'apparition de ces robots, selon de nombreux experts, est pourtant le prélude d'une inéluctable révolution dans « l'art » de la guerre, un tournant comparable à la découverte de la poudre.

Car la frontière est ténue entre un ordre simple donné par télécommande à un robot (« Tire dans telle direction ») et un ordre plus complexe (« Entre dans cet immeuble et tue tout ce qui est vivant et qui mesure plus de 1,30 mètre »).

En attendant l'intelligence artificielle

Un quadripode impérial de Star Wars (DR)Si la tentation de fabriquer des robots autonomes est très forte, m'avait déclaré avec lucidité John Pike, directeur de globalsecurity.org, c'est parce qu'ils permettront enfin de résoudre un des principaux casse-tête de la guerre,  le fait que les soldats ont énormément de mal à tirer sur d'autres êtres humains : 

« A la différence de ce qu'on voit dans les films, ils ne déchargent pas souvent leurs armes, et lorsqu'ils le font, ils tirent
souvent sans vraiment viser l'ennemi. Leur instinct naturel les pousse à ne pas faire souffrir ni tuer. Une bonne partie de la formation des soldats de l'infanterie consiste à les déconditionner pour les rendre capables de tuer. Mais c'est très difficile. Les robots, eux, seront sans merci, sans remords. »

Même si elle n'est pas pour aujourd'hui, la question de l'autonomisation des robots finira par se poser. Et avec elle, celle de la programmation de « limites morales » à ses propres décisions.  Au commencement, les robots auront une éthique rudimentaire :  n'obéir qu'à des humains, ne tirer que si telles ou telles conditions sont réunies, etc. Mais un jour, le robot pourra lui-même s'interroger sur ses propres décisions :  « Si j'agis ainsi, est-ce mal ? »

 


 

Nouvelles Internationales: Le Maroc dans la tourmente. Drogue, espionnage et suspicion au palais royal.

Par M.Abi|Le jour d'Algerié|23|03|2009|
Le Maroc est le premier pays producteur de drogue au monde. Les ravages causés par l’exportation de quantités stupéfiantes de stupéfiants (sans jeu de mots), à partir de ce pays vers d’autres pays du monde, y compris l’Algérie, inquiètent les services secrets espagnols, entre autres.

Le centre national d’intelligence (CNI, services secrets espagnols) aurait tissé un réseau d’espionnage au pays de Mohamed VI pour tenter de contrecarrer toute opération d’exportation de drogue, du Maroc vers l’Espagne. La menace étant réelle, une crise diplomatique a éclaté depuis quelques jours entre les deux pays. C’est ainsi qu’est relatée l’affaire d’une taupe espagnole qui entretenait des relations «très étroites» avec Chakib Khayan, le responsable de association Rif des droits de l’homme, arrêté depuis le 18 février 2009 pour  avoir discrédité les efforts consentis par le Maroc dans sa «lutte contre le trafic de drogue». Le dossier réalisé par «El Pais», repris par la plupart des médias espagnols, décrit l’intensité de la crise née entre ces deux pays. La condamnation par la justice marocaine d’un journaliste et blogueur marocain, à la peine de six mois de prison ferme, comme rapporté précédemment par notre journal, pour avoir dénoncé l’implication d’un magistrat marocain dans une grosse affaire de trafic de drogue en portant secours à un baron de la drogue, proche de cet «homme de loi», n’a fait qu’enfoncer davantage le régime marocain et le discréditer. Toutes ces affaires ont été précédées par la révélation de l’existence de douze Marocaines travaillant pour les services secrets israéliens, le Mossad. Si pour l’Espagne, il est question de la volonté d’un Etat de se défendre contre le très destructeur trafic de drogue venant du Maroc, les choses sont confuses pour ce qui est de la collaboration avec les services secrets israéliens. Il est vrai, selon des observateurs, que le régime marocain a favorisé, d’une manière ou d’une autre, cette collaboration avec la visite prévue de la ministre israélienne des Affaires étrangères, peu de temps avant l’agression israélienne contre la population de la bande de Ghaza, visite qui, d’ailleurs, n’a jamais été annulée. Cette visite n’a pas eu lieu jusqu’à présent pour une seule raison, parce que  dénoncée par la société civile marocaine sortie dans la rue. Les relations et contacts clandestins et moins discrets, entre les régimes marocain israélien n’ont fait que favoriser un jeu de compromissions entamé par le Maroc avec Israël dans le but d’obtenir un soutien favorisant la poursuite de l’occupation du Sahara occidental, qui a fini par se retourner contre le palais royal marocain qui n’arrive pas à identifier l’ensemble de ses citoyens et responsables travaillant pour des services secrets étrangers.


Nouvelles Internationales: Un professeur de religion musulmane accusé de négationnisme.

Par Jean-Pierre Stroobants|Le Monde|20|03|2009|
Henri Kichka, 83 ans, ancien déporté du camp d'Auschwitz, s'est fait un devoir de sensibiliser les jeunes générations à l'histoire du nazisme, de l'Holocauste et de la Deuxième guerre mondiale. Vendredi 13 mars, alors qu'il parlait devant plusieurs dizaines d'élèves d'un athénée (lycée) de Laeken, dans la banlieue de Bruxelles, il a été, pour la première fois depuis un quart de siècle, contesté.

Un professeur de religion islamique a jugé que sa vision était "romancée", "largement exagérée". Abdelhamid Temsamani, 64 ans, collaborateur de l'université de Gand, a aussi cité Roger Garaudy pour remettre en question les affirmations de M. Kichka.

Petite moustache et regard de myope, ce grand-père de cinq petits-enfants raconte avec calme la déportation de toute sa famille en 1942, la mort de son père à Buchenwald, celle de sa soeur à Auschwitz. Et son propre sort : la faim, le travail forcé, son corps ravagé qui pesait 39 kg au moment de la libération du camp, en avril 1945. Au nom de l'Union des déportés juifs de Belgique, Henri Kichka est l'un des derniers à pouvoir porter un témoignage dans les écoles où, lentement, l'intérêt pour cette période de l'histoire faiblit tandis qu'enflent les remises en question.

Consciente que, dans quelques années, les témoins directs de la déportation auront tous disparu, la direction de l'Athénée Bruxelles 2, à Laeken, avait fait filmer l'intervention de M. Kichka par trois caméras. Ce film pourra servir d'élément de preuve puisque le professeur de religion islamique pourrait faire l'objet tant d'une plainte administrative que d'une procédure pénale. Interpellé par un autre professeur après avoir formulé ses objections, Abdelhamid Temsamani a pris la parole au côté d'Henri Kichka. Ses propos ont, depuis, été retranscrits. Ils évoquent "d'autres conclusions" historiques, citent Roger Garaudy et dressent, semble-t-il, un parallèle avec Gaza.

"MALENTENDU"

M. Kichka a exigé des excuses de son contradicteur mais il a demandé à ce qu'il ne soit pas licencié. La direction de l'école n'entend toutefois pas en rester là et le ministre francophone de l'éducation évoque une plainte devant la justice pour infraction à la loi belge qui sanctionne le négationnisme. L'exécutif des musulmans de Belgique, une instance reconnue par l'Etat belge, qui lui a délégué la nomination des professeurs de religion islamique, promet, lui aussi, des sanctions.

Ces diverses affirmations laissent sceptiques. D'autres "dérapages" du même genre survenus dans le passé, n'ont jamais été soit révélés, soit sanctionnés. "Les politiques ont peur d'échauffer les électeurs musulmans", affirme Luc Van der Kelen, éditorialiste d'Het Laatste Nieuws, quotidien libéral flamand. M. Temsamani a, pour sa part, expliqué au journal Le Soir qu'il était "victime d'un malentendu". Roger Garaudy ? "Juste une référence, mais je ne nie pas le génocide des juifs. J'ai même dit que je compatis". Une vision "romancée" ? "Un roman au sens du miroir que l'on promène le long d'une route." Henri Kichka propose une rencontre au professeur de religion, "pour comprendre pourquoi il m'a dit ça".


Nouvelles Internationales: Coup d’état à Madagascar ? Rajoelina a quelle légitimité ?

Par Antoine Christian LABEL NGONGO|17|03|2009|
Andry Nirina Rajoelina ex-maire destitué d’Antananarive, arrive au pouvoir avec l’appui de l’armée. Cet homme, idôle du peuple malgache, veut se faire passer pour un sauveur, alors que son comportement montre une attitude d’arriviste.
Que nous réserve-t-il cet homme ? Il est à se demander pourquoi la communauté internationale ne s’insurge pas plus que celà de ce coup d’état manifeste.

Andry Nirina Rajoelina ex-maire destitué d’Antananarive, ex-disc jockey, âgé de 34 ans, arrive au pouvoir avec l’appui de l’armée. Cet homme, idôle du peuple malgache, veut se faire passer pour un sauveur, alors que son comportement montre une attitude d’arriviste. Il vient de renverser Marc Ravalomanana, qui avait une cote de popularité au plus bas.

C’est étrange comment la situation politique a Madagascar évolue. Le président démissionnaire avait eu une victoire plus ou moins "douteuse" en 2002 alors qu’il remplaçait le président en place Didier Ratsiraka. Le monde s’était fait une raison. La France qui finance le pays avait pris sous son aile l’ancien président Ratsiraka, comme elle l’a fait pour d’autres anciens dictateurs (exemple "Bébé Doc" d’Haïti, Bokassa, etc).

Ravalomanana avait instauré une politique de violence et de mépris de la population. Cette situation a engendré des troubles, des manifestations dans le pays. Andry Rajoelina a profité de cette situation chaotiqe pour bondir et rebondir. Marc Ravalomanana n’a pas eu l’intelligence de se remettre en question, il a continué à vouloir instauré la répression. Ce qui a contribué à sa chute. Que nous réserve-t-il cet homme ? Il est à se demander pourquoi la communauté internationale ne s’insurge pas plus que celà de ce coup d’état manifeste de l’ex-maire Rajoelina. Madagascar n’a pas de pétrole, encore moins d’uranium ou tout autre bien utile à un pays occidental. Ce playboy d’entrepreneur ose demander la destitution d’un chef d’état, afin de lui "piquer" sa place, évidemment avec l’appui de l’armée. La même armée qui avait tué quelques jours plutôt des dizaines de citoyens malgaches. Après avoir obtenu la démission de Marc Ravalomanana, la soi-disant Haute Cour constitutionnelle nomme cet intrigant comme Chef d’état. Ceci pour conférer à Andry Nirina Rajoelina une légitimité. Or tout ce qui vient de se passer n’a rien de légal. L’ancien disc jockey vient une fois de plus d’augmenter le nombre de coup d’état en Afrique. Pensez-vous que cette situation se justifie ? Certes non, les élections se profilaient. Rajoelina aurait pu attendre pour asseoir son autorité et sa légitimité, or il arrive avec une popularité au top. Il fait penser à l’ancien président d’Haïti, alors au sommet : Jean Bertrand Aristide, qui se révèlera être un opportuniste et un assassin comme tous ses prédécesseurs.

Rajoelina Andry Nirina, va-t-il faire démentir l’histoire ? Les lecteurs de cet article le verront bien dans quelques temps. Par contre une de ses décisions avant l’heure doit déja commencer à inquiéter l’opinion. "....les forces armées vont obtenir et gérer leur propre budget dès maintenant, qui était administré par le gouvernement...". Pourquoi tenir un tel propos, Il est à constater par une telle phrase que ce dernier sait pertinemment que son autorité, il la doit à l’armée et qu’il n’a pas de légitimité, autant lui faire des promesses et assurer ainsi son avenir politique. Qui va diriger le pays ? Est-ce un pantin de l’armée ? Rajoelina ne rassure guère, il inquiète avec ses liens avec l’armée. Il avance que des sociétés étrangères comptent investir sur l’île. Quoi ? Comment ? Où ? Quand ? Combien d’emplois vont être créés. Quel garantie offre cet homme qui sait manipuler les foules ? 

Une chose est certaine, il sait mettre la pression avec l’appui du peuple en détresse et celle des armes. Il vient de faire et réussir son coup d’état. Le voilà en première ligne, il doit agir et rendre des comptes. Le peuple malgache qui ne croyait plus en Ravalomanana a reporté ses espoirs sur lui. Il faut espérer que Rajoelina Andry "dit TGV : train à grande vitesse en FRANCE" et porteur d’espoir à Madagascar ne s’enfuira pas avec les deniers du pays. Ce président et son gouvernement créé par lui au mois de février 2009, qui ne doivent leur légitimité qu’à la Haute Cour Constitutionnelle malgache devront montrer ce dont ils sont capables rapidement et ne pas se cacher derrière de faux semblants.

Le départ de l’ancien président démissionnaire (fut-il dictateur) va-t-il mettre fin aux violences du pays ? Andry Rajoelina peut faire plaisir à Didier Ratsiraka car il émane de son mouvement. Il est à espérer que le calme s’installe après ce drôle de coup d’état qui a tout de même valu et entraîné la mort de dizaines de personnes. Comme quoi le pouvoir corrompt et rend mégalomane ceux et celles qui en ont soif. Combien de temps va durer le règne du président nommé Rajoelina Andry ?

Nouvelles Internationales: Le préféré d’Obama démissionne à cause du lobby israélien.

Traduction Marie Meert|Al Jazeera |14|03|2009|
Le candidat à un poste élevé dans le renseignement étatsunien a renoncé à sa nomination après avoir accusé le lobby israélien dans le pays de « toucher les tréfonds du déshonneur et de l’indécence » pour démolir sa personne. Information publiée par le site Info Palestine.
"La politique extérieure américaine n’est pas près de se libérer du contrôle israélien. Charles « Chas » Freeman, ancien ambassadeur US qui est maintenant président du « think-tank » [groupe de réflexion] « Conseil Politique pour le Moyen-Orient » (MEPC) avait fini paraccepter de présider le Conseil National du Renseignement, qui coordonne des évaluations sur des questions de sécurité nationale .

 



Le candidat à un poste élevé dans le renseignement étatsunien a renoncé à sa nomination après avoir accusé le lobby israélien dans le pays de « toucher les tréfonds du déshonneur et de l’indécence » pour démolir sa personne. Information publiée par le site Info Palestine.
"La politique extérieure américaine n’est pas près de se libérer du contrôle israélien. Charles « Chas » Freeman, ancien ambassadeur US qui est maintenant président du « think-tank » [groupe de réflexion] « Conseil Politique pour le Moyen-Orient » (MEPC) avait fini paraccepter de présider le Conseil National du Renseignement, qui coordonne des évaluations sur des questions de sécurité nationale .
Mais il a renoncé mardi à sa nomination, à la suite de ce qu’il a appelé « un barrage de distorsions diffamatoires » de sa biographie par le lobby israélien aux Etats-Unis.

« Les propos diffamatoires tenus contre moi et les courriels aisément traçables montrent de façon probante qu’il y a un puissant lobby déterminé à empêcher toute opinion différente de la sienne de s’exprimer » a déclaré Freeman.

« La tactique du lobby israélien touche les tréfonds du déshonneur et de l’indécence et impliquent un assassinat de la personnalité, de fausses citations sélectives, la distorsion volontaire du passé, la fabrication de mensonges et une indifférence absolue pour la vérité.

« Le but de ce lobby est de contrôler le processus politique via l’exercice d’un veto sur la nomination de gens qui contestent la sagesse de leurs vues, la substitution de l’exactitude d’analyse et l’exclusion de certaines voire de toutes les options de décision par les Américains et par notre gouvernement autres que celles qu’ils privilégient ».

Revers pour Obama

Les opposants n’ont pas tardé à souligner que le retrait de Freeman n’était que le dernier d’une série de revers personnels pour Barack Obama, car le président se bat pour pourvoir son administration en personnel. Pete Hoekstra, le républicain dirigeant au Comité du renseignement de la Chambre des représentants, a parlé d’encore une « autre panne dans le processus d’accréditation de l’administration Obama, une de plus dans une longue série de faux-pas ».

Freeman, qui disait en 2007 : « la brutale oppression des Palestiniens par l’occupation israélienne ne montre aucun signe de répit » était critiqué par certains membres du Congrès pour des remarques considérées comme critiques d’Israël.

Citations de Freeman :

2007 : « la brutale oppression des Palestiniens par l’occupation israélienne ne montre aucun signe de cessation »
2007 : « Israël est encore plus méprisé et isolé que nous ne le sommes, et avec les Israéliens, nous sommes en train de multiplier rapidement les rangs des terroristes avec une portée régionale et globale ».

Mais il ripostait mardi devant des partisans : « Il est évident que nous américains ne sommes plus capables de mener une sérieuse discussion publique ou d’exercer un jugement indépendant sur des problèmes de grande importance pour notre pays aussi bien que pour nos amis et alliés ».

Max Blumenthal, blogueur et journaliste au Daily Beast website, et qui a suivi le processus de la nomination de Freeman, a dit à Al Jazeera que son retrait était une « défaite catastrophique pour l’administration Obama ».

« Que se passerait-il si le lobby israélien gagnait ? » dit-il.

« Ce que [Freeman] a dit de plus remarquable dans sa déclaration, c’est qu’apparemment l’administration Obama ne sera pas capable de dicter sa propre politique au Moyen-Orient et qu’il en fait porter la faute directe au lobby israélien ».

Blumenthal dit que le lobby israélien a « furieusement envoyé des courriels à des reporters bien disposés, diffamant [Freeman] en public » et que « des décisions politiques sont entrées en jeu par rapport aux vues [de Freeman] sur Israël et qu’essentiellement sa nomination a été torpillée ».
Ce fut la « première fusillade totale [du lobby israélien] et il a réussi parce qu’il savait que l’élément politique à la Maison Blanche pourrait se passer de Freeman, ayant besoin de courtiser le lobby israélien, besoin de son argent pour des batailles au Sénat » ajoute-t-il.

Liens avec la Chine et l’Arabie saoudite

Freeman a été ambassadeur en Arabie saoudite, il a également servi comme secrétaire adjoint en matière de Défense et comme diplomate de haut rang en Chine.

L’amiral Dennis Blair, directeur des services de renseignement qui a choisi Freeman pour son poste de conseiller, l’avait défendu au Congrès ce mardi comme un homme « ayant des opinions tranchées, un esprit inventif et un point de vue analytique ».

Blair a dit qu’il préférait cela à des « jugements bouillis et prémâchés ».

Mais les critiques de Freeman perçues comme anti-israéliennes ainsi que ses liens avec la Chine et l’Arabie saoudite ont provoqué la controverse.

Freeman travaillait au comité consultatif international de la Corporation d’état China National Offshore Oil lorsque celle-ci, en 2005, fit une offre pour la firme US Unocal, contrecarrée par des protestations au Congrès.

Son think-tank MEPC reçoit des fonds de l’Arabie saoudite.

Freeman dit qu’il avait démissionné de toutes ses activités privées avant de décider d’accepter le poste au Conseil du renseignement.

Après le retrait de Freeman, le bureau de Blair a déclaré accueillir sa décision « avec regret ».

Source : http://english.aljazeera.net/news/am...340555177.html
(Traduction de l’anglais : Marie Meert)

CAPJPO-EuroPalestine 

 


Nouvelles Internationales: Trois ans de prison pour le lanceur de chaussures sur Bush.

Par AFP|Le Parisien|12|03|2009|
Mountazer al-Zaïdi, le journaliste irakien rendu célèbre dans le monde entier pour avoir lancé ses chaussures à la tête de l'ancien président américain George W. Bush, a été condamné jeudi à Bagdad à trois ans de prison par la Cour criminelle centrale d'Irak. 

Le juge Abdel Amir al-Roubaie a condamné à trois ans de prison Mountazer al-Zaïdi, accusé d'«agression contre un chef d'Etat étranger lors d'une visite officielle» et détenu depuis la mi-décembre dans une prison de la «zone verte», le secteur ultra-protégé de Bagdad.


Le journaliste de 30 ans avait plaidé non coupable à la reprise de son procès dans la matinée. «Oui, ma réaction était naturelle, comme celle de n'importe quel Irakien», a-t-il répondu au juge qui lui demandait s'il était innocent.

Son avocat a annoncé qu'il ferait appel de cette condamnation.

Le journaliste, qui travaille pour Al-Baghdadiya, une chaîne irakienne basée au Caire, risquait jusqu'à 15 ans de prison.

Environ 200 personnes, des proches de Mountazer Zaïdi, des journalistes et des avocats, assistaient à l'audience devant la Cour criminelle centrale, qui juge habituellement les affaires de terrorisme.

Ouvert le 19 février, le procès de Mountazer al-Zaïdi, inconnu jusqu'à son lancer de chaussures, le 14 décembre, en pleine conférence de presse de l'ancien président américain et du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, avait été ajourné en raison d'un débat sur la nature de la visite de George W. Bush en Irak.

La défense du journaliste voulait prouver que George W. Bush effectuait une visite surprise et non «une visite officielle» et ainsi invalider les chefs de poursuite.

En ouvrant la séance, le juge Abdel Amir al-Roubaie a annoncé que l'ancien président américain avait bien effectué une «visite officielle» selon les informations qui lui ont été transmises par le gouvernement irakien.

Le 19 février, Mountazer Zaïdi avait justifié son acte par l'extrême émotion qu'il avait ressentie face «au responsable des crimes commis en Irak».

«Il est le plus grand responsable des meurtres commis contre mon peuple et j'ai donc modestement voulu faire quelque chose pour les victimes», indiquait-il.

«Il parlait des victoires et des réussites (américaines) en Irak mais moi ce que je vois en matière de réussite, c'est un million de martyrs, le sang versé, les mosquées perquisitionnées, les Irakiennes violées, les Irakiens humiliés».

Il s'était levé et avait crié au président américain qui effectuait une dernière visite en Irak: «c'est le baiser de l'adieu, espèce de chien», avant de lui lancer ses chaussures. Celles ci n'avaient pas atteint leur cible.

Le journaliste a assuré avoir été «battu et torturé à l'électricité après l'incident par un général». Ses frères avaient annoncé qu'ils tentaient de faire traduire en justice George W. Bush, Nouri al-Maliki et ses gardes du corps pour «torture» devant une cour belge ou espagnole.

Une avocate syrienne a indiqué procéder au dépôt d'une plainte devant un tribunal de Bruxelles. En revanche, son frère Oudaï a assuré que le journaliste n'avait pas demandé l'asile politique en Suisse, contrairement à ce qu'affirme un avocat genevois.

 


 

Nouvelles Internationales: Dérapages du CRIF, relaxe pour Siné.

Par Dominique Vidal |Le Monde Diplomatique|10|03|2009|
Le dîner 2009 du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) aura, le 2 mars, battu tous les records : d’affluence (plus de 1 000 participants), de représentativité (le premier ministre François Fillon et le gros du gouvernement comme de la classe politique, sauf le PCF et les Verts, non invités), d’œcuménisme (les dignitaires des principales confessions, islam compris). Même le président de la République, dont l’Elysée avait annoncé l’absence, a fini par passer une demi-heure, de retour d’Egypte.

Le président Richard Prasquier et, à sa suite, le chef du gouvernement, auront, hélas, battu un autre record : celui de la manipulation politique et idéologique. Rien de plus légitime, pour le CRIF, que d’appeler à la vigilance contre les manifestations d’antisémitisme, qui se sont, explique-t-il, multipliées pendant l’offensive israélienne contre Gaza. L’expérience du début des années 2000 incite toutefois à manier prudemment les chiffres ; à ne pas mélanger courriels, graffitis et violences contre des fidèles ou des lieux de culte ; à ne pas accuser en bloc et sans la moindre preuve les jeunes Français d’origine arabe ou de religion musulmane, eux-mêmes victimes de nombreuses agressions racistes ou islamophobes – sans oublier la répression au faciès…

Le danger du « deux poids deux mesures » n’a d’ailleurs pas échappé à M. Nicolas Sarkozy qui, dans le bref moment qu’il a consacré à la soirée, a tenu à préciser : « Quand on s’en prend à un juif parce qu’il est juif, c’est toute la France qui doit se sentir solidaire. Je dirais la même chose s’agissant de l’islamophobie. Les antisémites, les islamophobes, les racistes n’ont rien à faire sur le territoire de la République française. »

Là où la légitimité s’arrête, c’est quand M. Prasquier — malheureusement suivi par le premier ministre — dénonce comme antisémites les participants aux défilés de solidarité avec Gaza, allant jusqu’à exclure de son dîner les Verts et le Parti communiste français — PCF (1) —, accusés de « ne pas s’être élevés contre le kidnapping (sic) des manifestations par des mouvements islamistes, avec des slogans antijuifs ». Quiconque y a pris part sait pourtant que ces débordements furent à la fois marginaux et unanimement condamnés. Quand, à l’issue d’un cortège du CRIF, le 7 avril 2002, les nervis du Betar et de la Ligue de défense juive (LDJ) s’en prirent aux passants d’origine arabe, accusa-t-on M. Roger Cukierman, alors président du CRIF, d’avoir conduit une « ratonnade » ? Question toujours d’actualité : qui protège la LDJ, interdite aux Etats-Unis et en Israël, mais autorisée en France malgré ses violences récurrentes ?

Loin d’être un signe de force, ces dérapages du CRIF révèlent sa faiblesse. Ses dirigeants n’ont certes pas renoncé à pratiquer le chantage à l’antisémitisme pour mieux défendre la politique israélienne. Dernière preuve en date : dans le climat du dîner, M. Fillon s’est cru obligé de menacer de boycotter la seconde conférence des Nations unies sur le racisme à Durban, si Israël y était « stigmatisé » ! Mais, après Daniel Mermet, Charles Enderlin, Edgar Morin, Pascal Boniface et tant d’autres, Siné vient d’être blanchi de l’accusation d’antisémitisme lancée contre lui par la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA).

Dans Charlie Hebdo, le 2 juillet 2008, le dessinateur avait en effet critiqué l’arrivisme de M. Jean Sarkozy, évoquant sa possible « conversion au judaïsme pour épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty » et concluant : « Il fera du chemin dans la vie ce petit. » Philippe Val en avait pris prétexte pour chasser Siné de son journal, provoquant une levée de boucliers de la part des (véritables) défenseurs de la liberté de la presse et la naissance d’un concurrent à succès intitulé Siné Hebdo. Si nous mettons ici en ligne l’intégralité de ce jugement sur le fond, c’est qu’il marque sans doute un tournant. Il y a des méthodes qui ont fait long feu…

 


 

Nouvelles Internationales: INCULPATION DE OMAR EL-BÉCHIR
Et les autres?

Par Chitour Chems-eddine |l'Expression|09|03|2009|
«Vous ne verrez jamais des pilotes de l’Otan devant un tribunal de l’ONU. L’Otan est l’accusateur, le procureur, le juge et l’exécuteur car c’est l’Otan qui paie les factures. L’Otan ne se soumet pas au droit international. Il est le droit international.» Lester Munson, parlementaire US (1999).

La Cour pénale internationale a émis mercredi 4 mars un mandat d’arrêt contre le président soudanais pour «crimes de guerre» et «crimes contre l’humanité» au Darfour. Le Darfour, grand comme la France, s’est signalé à la face du monde quand ses richesses minières devinrent une réalité. «Pour moi, écrit Marc Lavergne, tout le monde est noir dans cette histoire. La notion de racisme n’a pas sa place. Les milices tribales Janjawid sont des mercenaires qui ne se revendiquent pas du tout "arabes". Ils ne sont pas le vrai problème. En exagérant, on pourrait dire que ce sont là des pauvres qui se battent contre des pauvres. Elles se sont formées, il y a une quinzaine d’années, mais elles n’intéressaient pas du tout la communauté internationale. Car les gens opprimés ne se révoltaient pas. Des massacres se déroulaient pourtant déjà. Mais les victimes n’avaient que leurs yeux pour pleurer. J’étais au Darfour, lors de la famine de 1985. C’était quelque chose d’absolument effrayant». Pourtant la terre du Darfour est pauvre, désertique sur une partie de son territoire. Pour le sous-sol, c’est une autre histoire. La découverte de pétrole ajoute une difficulté supplémentaire avec l’attrait des gisements pour les grandes puissances. Ce se sont pas les massacres des populations qui les intéressent, c’est le sol et surtout le sous-sol sur lequel ces damnés de la terre vivent. La Somalie, l’Ethiopie et l’Erythrée sont déjà invitées à s’entre-tuer pour garantir aux pays occidentaux le contrôle de ces richesses et, à travers elles, l’économie des pays émergents.(1)

Les Américains intouchables
La Cour pénale internationale est «en théorie» une organisation internationale indépendante. Qu’en est-il de ses réels degrés de liberté. On sait que le président des Etats-Unis, Bill Clinton, a signé le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) le 31 décembre 2000 mais le président George W.Bush a, dès le 6 mai 2002, annulé la signature faite par M.Clinton. Le gouvernement de M.Bush a cherché à conclure avec d’autres Etats des Accords bilatéraux d’immunité, prétendument fondés sur l’article 98 du Statut de Rome, en vue de soustraire les citoyens et le personnel militaire américains de la juridiction de la Cour. Une autre facette de la croisade américaine contre la Cour est l’adoption de deux lois intitulées «Loi de protection des ressortissants américains» (American Servicemembers’ Protection Act) et «Amendement Nethercutt». La Loi de protection des ressortissants américains (Aspa), adoptée par le Congrès en août 2002, contient des dispositions restreignant la coopération des Etats-Unis avec la CPI. Le 15 juillet 2004, l’amendement, apporté par le représentant George Nethercutt, retire l’aide du Fonds économique de soutien à tous les pays ayant ratifié le Traité CPI mais n’ayant pas signé d’Accord bilatéral d’immunité avec les Etats-Unis. Il fut promulgué par le président Bush le 8 décembre 2004.
Allant dans le même sens, Momar Dieng du Quotidien de Dakar avait fait le parallèle avec les autres potentats africains. Il est évident, écrit-il, que le Soudan a une grande part de responsabilité dans ce qui se passe sur son territoire. Il va de soi que, s’il existe des autorités liées au pouvoir central à Khartoum, justement convaincues de crimes et d’atrocités sur des populations darfouries, elles doivent en payer le prix. Le problème est que la Cour pénale internationale (CPI) ne s’attaque jamais à des chefs d’Etat protégés par des puissances politiques ou financières. Depuis plusieurs années, le Congolais Denis Sassou-Nguesso est l’objet de dizaines de plaintes de ses compatriotes pour des crimes de masse. Mais parce qu’il est un grand ami de la France, un protégé de la multinationale française TotalFinaElf, qui exploite le pétrole congolais, personne parmi ces messieurs de la CPI, n’ose déclencher de procédure à son encontre. Il y a un génocide au Darfour? Mais alors, dans quel registre faut-il classer les mille hommes, femmes et enfants massacrés dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila à Beyrouth sous la conduite de l’Israélien Ariel Sharon, en septembre 1982? L’expédition de Sharon est restée impunie. C’est la volonté concrète de la Belgique de restreindre le champ d’interprétation de la compétence universelle après que de fortes pressions israélo-américaines ont empêché la comparution de Sharon devant une juridiction pénale. Tristement, les juges belges ont encore capitulé face aux charges américaines, lorsque des plaintes diverses et circonstanciées ont réclamé l’inculpation de Donald Rumsfeld et de George Tenet, ancien patron de la CIA, pour pratiques de tortures sur des prisonniers d’Abou Ghraib en Irak, mais également pour les méthodes d’interrogatoire inhumaines exercées sur les prisonniers de Guantanamo. L’ex-ministre de la Défense américain n’a rien fait de moins que menacer la Belgique de retirer le siège de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) de Bruxelles. Plus de cinq ans après l’invasion de l’Irak par la coalition anglo-américaine, quel juge téméraire ose toucher à la tranquillité du président George Walker Bush, après qu’il a été dit et établi que les raisons des bombardements ayant scrupuleusement cassé un pays entier sont ailleurs que dans la découverte d’armes de destruction en Irak? (...) Le Soudan, allié de la Chine et de la Russie, est depuis longtemps dans le collimateur euro-américain. Il y a beaucoup de pétrole, les Chinois y sont très bien servis.(2)
La Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, écrit Allain Jules avec le courage et la hardiesse qu’on lui connaît, a délivré un mandat d’arrêt international contre le président soudanais, Omar el-Béchir. Le décor est planté. Le devoir de vérité étant un processus juste et moralement légitime, à quand un procès pour la guerre en Irak? A quand un procès pour la guerre en Tchétchénie? A quand un procès pour crime contre l’humanité, contre la France lors de la guerre d’indépendance au Cameroun, avec notamment, l’assassinat de Ruben Um Nyombé et la répression sanglante en pays Bamiléké entre 1960 et 1970, avec 156 villages rayés, et plus de 40.000 personnes massacrées? Et que dire de Madagascar, avec le 29 mars 1947, le massacre de 100.000 personnes pour la pacification de l’île? Et le massacre de Sétif et Guelma en Algérie, le 8 Mai 1945, plus de 20.000 morts? Chut, pas de repentance! (...) Irène Khan, secrétaire générale d’Amnesty International, est ravie. Elle a déclaré: «Le droit est clair. Le président Omar el-Béchir doit se présenter devant la CPI afin d’assurer sa défense. S’il refuse, les autorités soudanaises doivent se charger de l’arrêter et de le remettre immédiatement à la CPI». Comme c’est mignon. On ne l’a pas entendue lors de l’offensive israélienne à Ghaza. On ne l’a pas entendue non plus, après la fin du règne de George Walker Bush ou de Tony Blair, ces acteurs actifs de l’invasion mensongère d’Irak, vrai crime contre l’humanité. (...) Si la communauté internationale veut réellement protéger les Soudanais, ce n’est pas en prenant une décision aussi grave, qui peut se retourner in fine, contre ce peuple éprouvé. Défendre les droits de l’homme, c’est bien. En abuser, c’est mal. Enfin, la petite corporation des dictateurs africains va comprendre, disent les Occidentaux, qui éludent bien sûr le fait, que ces derniers, sont aussi les plus gros investisseurs dans les sociétés occidentales.(3)
«Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir...Pour le Gabonais Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine (UA), qui n’est pas allé avec le dos de la cuillère, le mandat d’arrêt de la CPI "menace la paix au Soudan". Nous constatons que la justice internationale ne semble appliquer les règles de la lutte contre l’impunité qu’en Afrique comme si rien ne se passait ailleurs, en Irak, à Ghaza, en Colombie ou dans le Caucase.» C’est quoi ce droit qui ne s’applique qu’aux faibles? C’est quoi ce droit à géométrie variable?(3)

Coup d’état en vue?
Le Soudan avec tous les atouts géopolitiques dont il est loti, ne peut demeurer en dehors des comptes des stratégies qui se dessinent pour partager le monde. C’est un pays disposant du plus vaste territoire d’Afrique et du monde arabe avec d’inépuisables ressources hydraulique et un sous-sol aussi riche en pétrole et métaux précieux, soit autant de qualités qui, en ces temps de crise de l’énergie et des matières premières, ne laissent pas indifférent. L’Union africaine, la Ligue arabe, la Chine et la Russie ont toutes dénoncé la démarche interventionniste de la Cour de La Haye et déploré le mépris affiché par la juridiction envers la souveraineté, la stabilité, la sécurité et l’intégrité territoriale des Etats.(4)
«Ce mandat d’arrêt délivré, poursuit Allain Jules, contre le président soudanais cache aussi, par ailleurs, une forte odeur de pétrole. Son tort? Celui d’avoir concédé des concessions ad vitam aeternam semble-t-il, à la Chine. Ainsi, cet Occident qui semble aller au chevet des pauvres africains qui meurent de faim, a armé le Tchad et les rebelles du sud-Soudan de feu, John Garang, pour tenter de s’opposer à la percée chinoise dans la région, et faire main basse sur les produits miniers et pétrolifères du Darfour. Oui, le Soudan est à l’origine du déplacement de milliers de personnes, dans les zones pétrolières. Mais, le Soudan fournit à la Chine, plus de 7% de ses importations de brut. Il y a aujourd’hui, installées au Soudan, pas moins de 14 sociétés chinoises d’importance. Parmi ces dernières, la China National Petroleum Corporation qui a investi des milliards de dollars dans le champ pétrolier de Muglad, qui produit, plus de 500.000 barils par jour, une raffinerie d’une capacité de 2,5 millions de tonnes par an. En plus, la Chine a mis sur pied, un oléoduc long de 1500 kilomètres pour l’exportation de brut à partir d’un terminal sur la Mer Rouge».(3)
Pour l’ancien président du Tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie, Antonio Cassese, «le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar el-Béchir est moralement justifié. (...) Mais, au-delà, quel peut être son impact dans la pratique? Ce mandat ne peut être exécuté qu’au Soudan, et uniquement si le président soudanais lui-même autorise ses forces de l’ordre à l’arrêter. Mais s’il s’agit du chef d’un Etat qui n’a pas ratifié les statuts, comme le Soudan, cette immunité peut être invoquée. Toutefois, lorsque - comme c’est le cas pour le Darfour - c’est le Conseil de sécurité de l’ONU qui demande à la CPI de juger les crimes commis par les organes d’un Etat qui n’a pas ratifié les statuts, le Conseil peut décider que tous les autres Etats membres de l’ONU doivent lever l’immunité dont bénéficient les responsables, comme Omar el-Béchir, de l’Etat incriminé. Dans le cas du Darfour néanmoins, le Conseil s’est bien gardé de faire ce pas, et il s’est limité à imposer au Soudan de "coopérer avec la Cour". On revient dont à la case départ: le mandat d’arrêt ne peut être exécuté que si ce sont les forces de l’ordre soudanaises qui arrêtent el-Béchir et qui le remettent à La Haye. Ce mandat est donc un coup d’épée dans l’eau».(5)
«Pour M.Saâdoune, la situation est inédite. Comment un gouvernement, si tant est qu’il en ait l’intention, pourrait arrêter le chef de l’État en exercice et le livrer à la Cour internationale. M.Moreno fait mine de ne dire que le droit, mais la mise en application, par un gouvernement soudanais de ce mandat, signifie techniquement et politiquement, un putsch ou un coup d’État. C’est apparemment une hypothèse sur laquelle travaillent les Occidentaux. L’organisation Crisis Group, think tank occidental, à dominante anglo-saxonne, y appelle ouvertement. (...) On peut s’attendre à des tractations pour faire recours à l’article 16 des statuts de la CPI qui prévoit que le Conseil de sécurité peut voter une résolution qui permet de différer de douze mois renouvelables toute enquête ou poursuites initiées par la CPI. (...) «Même les présidents n’ont plus les mains libres pour commettre des crimes horribles», a affirmé Human Rights Watch. Apparemment, l’ONG ne pense pas aux mains de Bush, d’Olmert. Les crimes contre l’humanité commis à Ghaza et en Irak ne sont pas passibles de poursuites. Le Conseil de sécurité ne le permettra pas.(6)«Quelle est la leçon que l’on peut en tirer? conclut Antonio Cassese. Premièrement, que lorsque l’on n’a pas le pouvoir de faire appliquer ses ordres, il vaudrait mieux agir avec prudence. Au lieu d’un mandat d’arrêt, le procureur aurait pu demander un ordre de comparution. Deuxièmement, on n’administre pas la justice avec des fanfares. La justice internationale ne devrait pas faire obstacle aux solutions politiques des crises internationales complexes dans le cadre desquelles de très graves crimes sont commis.»(5)
Pour l’histoire, il nous nous faut avoir à l’esprit que l’immense majorité des PVD devenus indépendants ont gardé avec l’ancienne puissance coloniale des liens ombilicaux, appelés selon, l’empire, le Commonwealth ou la Françafrique. Ils sont d’autant plus vulnérables si le sol et le sous-sol de leur pays regorgent de richesses. Ce qui se passe actuellement nous montre à quel point la justice est à géométrie variable selon que vous êtes du bon ou du mauvais côté des puissants. Saddam Hussein dont le pays est le 3e en richesse pétrolière ne l’a pas compris, on sait comment il a fini. El Gueddafi lui, au pouvoir depuis quarante ans, l’a compris. Ce fut une reddition sans gloire en rase campagne permettant aux compagnies américaines d’avoir plus de facilités qu’avant les nationalisations de 1970-71. Omar el Béchir pensait avoir misé sur le bon cheval «la Chine» il faut croire que pour le moment, ce n’est pas le bon cheval. Mais qui sait? Imaginons que le Soudan ait ouvert son sous-sol aux compagnies américaines, on peut prendre le pari qu’il ne se passera rien. Omar el-Béchir continuera à «pacifier» - un terme que l’on connait bien - sous le regard bienveillant des grands de ce monde.

(*) Ecole nationale polytechnique
1.C.E. Chitour: Que se passe t-il au Darfour? www.tchadactuel.com/documents.php?2006/09/07
2.M.Dieng: Une justice internationale à géométrie variable. Le Quotidien de Dakar 24/ 7/2008
3.Allain Jules Ah, la CPI condamne Omar Al-Bachir et oublie Bush! Agoravox 6 mars 2009
4.Bachir sous le coup de l’injustice internationale! http://french.irib.ir 06 Mars 2009
5.Antonio Cassese: Un mandat d’arrêt aussi spectaculaire qu’inutile La Repubblica 5 mars 2009
6.M.Saâdoune: Mandat d’arrêt contre le président soudanais Omar Al Bachir

 


 

Nouvelles Internationales: Umoja, un village kenyan pour se protéger des hommes.

Par Carole Vann |Rue 89|08|03|2009| Vidéo

Répudiées par leurs maris et bannies de leurs communautés après avoir été violées par des soldats britanniques, des femmes kenyanes ont créé leur propre village. Fous de jalousie, leurs anciens maris les traquent. Documentaire et débat dimanche 8 mars au FIFDH à Genève.

"Dans la communauté Samburu, c’est toujours la femme qui travaille beaucoup. Elle se réveille tôt, vers 3 heures, elle travaille toute la journée et se couche tard vers 23 heures. L’homme, lui, dort quand il veut et autant qu’il veut. A son réveil, il réclame son petit déjeuner, sort éventuellement le bétail de l’enclos et va dormir sous un arbre. Le reste du temps, il joue avec ses amis, exige qu’on lui apporte la nourriture là où il se trouve. Après il dort, et de nouveau il demande de la nourriture. La femme fait tout, mais rien ne lui appartient. Parfois elle n’a même pas le droit de manger."

 

 

Cercles de colliers aux couleurs chatoyantes autour du cou, robes flamboyantes, la femme adossée à un tronc semble sortie d’une pub pour safaris. Elle est en réalité l’une des protagonistes de "Umoja, le village interdit aux hommes". Ce documentaire émouvant de Jean-Marc Sainclair et Jean Crousillac nous livre les récits de ces femmes violées par des soldats britanniques, puis chassées par leurs maris ou bannies de leur communauté, qui se sont regroupées et ont créé en 1991 leur propre village, Umoja (qui signifie unité en swahili).

La région, l’une des plus splendides du Kenya, attire effectivement de nombreux touristes en quête de nature. Pourtant qui, dans ces autocars bondés de visiteurs armés de caméras et d’appareils photos, soupçonnerait que Samburu abrite aussi l’une des histoires les plus insolites et les plus dramatiques du Kenya? Mais cette histoire ne figure dans aucun guide.

Une prospérité enviée

"Je vis ici depuis quinze ans à cause des militaires qui m’ont violée. Mais j’ai une vie bien meilleure qu’avant. Mon mari me battait, ne me respectait pas." Parties de rien, installées sur une terre asséchée, ces quelques 50 femmes, avec leurs 150 enfants, ont construit au fil des années une prospérité économique enviée dans toute la région. A leur tête, Rebecca Lolosoli, la matriarche et fondatrice du village. Femme de poigne, elle a elle-même fui les hommes de son village qui ne supportaient pas sa force de caractère et ne manquaient pas une occasion pour la rouer de coups. C’est elle qui a décrété que Umoja serait interdit à la gent masculine.

Fous de jalousie, ces derniers ont, dans un premier temps, campé en face de Umoja pour espionner leurs femmes et les attaquer. Ils ont aussi cherché à copier le modèle économique de ces dernières: les habitantes de Umoja avaient-elles monté un centre culturel, une boutique artisanale et un camping pour les touristes, le village rival masculin essayait d’en faire de même. Mais en vain. Tandis qu’Umoja prospérait, le village rival stagnait. Tant et si bien que les hommes s’en sont allés. Mais certains d’entre eux continuent leurs razzias sur le village féminin pour battre, enlever ou tuer leurs épouses rebelles. Les femmes de Umoja ont d’ailleurs engagé trois guerriers masaïs pour les protéger durant la nuit.

A Umoja, on n’excise plus les petites filles

Et Umoja n’a cessé de prospérer. Grâce aussi à l’aide internationale, des écoles ont été ouvertes pour les enfants et les mentalités ont commencé à changer. A Umoja, on n’excise plus les petites filles, on ne les marie plus à des vieillards, et les garçons aident leurs mères dans les tâches ménagères. Umoja s’est forgé une telle réputation que le village est devenu un lieu de refuge et de conseil pour les femmes battues ou maltraitées des villages alentour.

Honnie par les hommes du coin qui la perçoivent comme une menace, Rebecca Losoli a acquis une renommée internationale. Elle a été invitée à New York aux Nations Unies, à un sommet à Nairobi, en France, en Italie, au Canada -elle sera présente à Genève pour une rencontre avec le public après le film dimanche. Et elle a l’intention de se présenter au parlement kenyan.

"Il existe beaucoup de programmes et de séminaires destinés aux femmes, mais il en faut absolument pour les hommes, explique la matriarche. Ce sont eux le principal obstacle au changement des mentalités. Chez nous, une femme n’a pas le droit de contester les dires d’un homme, même s’il est dans son tort. Cela doit changer. Avant, nous ne connaissions pas nos droits, car nous n’avions aucune éducation. C’est pourquoi nous faisons de l’école une priorité pour nos enfants.

Nous apprenons aussi aux femmes à se respecter, à respecter leurs corps, notamment pour se protéger du sida. Elles doivent comprendre qu’elle sont en droit de refuser un rapport sans devoir craindre d’être battues ou violées. Elles doivent pouvoir posséder une terre afin de se nourrir ainsi que leurs enfants."

 


Nouvelles Internationales: Ingrid Betancourt : l’espion qui s’aimait.

Par Mario Gay |Bakchich |07|03|2009|

Noël Saez, l’émissaire personnel de Nicolas Sarkozy en Colombie, plus connu sous le nom de 008, raconte les coulisses de la libération d’Ingrid Betancourt.

« Uribe a voulu faire passer pour une prouesse militaire la trahison d’un commandant des Farc »… Visiblement, Noël Saez, n’a pas encore digéré d’avoir été écarté des opérations pour libérer Ingrid Betancourt. Dans son livre L’Emissaire (éd. Robert Laffont), Saez nuance donc le succès du Président colombien Alvaro Uribe et de son opération « Jaque », qui a conduit à la libération de Betancourt le 2 juillet 2008.


Au fil des pages, le lecteur découvre un homme tour à tour revanchard, déterminé et malchanceux, mais toujours en mal de reconnaissance. Ayant vécu pendant plus de six ans au coeur du dossier Betancourt, Noël Saez apporte toutefois un témoignage intéressant et sincère sur cette complexe affaire.

L’Emissaire n’est pas le seul ouvrage qui évoque la captivité d’Ingrid Betancourt. Le 26 février dernier, Keith stansell, Thomas Howes et Marc Gonsalves, trois ex-otages américains des Farcs publient Out of Captivity. Ingrid Betancourt y est présentée comme arrogante et égoïste. La franco-colombienne aurait même mis leur vie en danger en disant aux guérilleros que les trois hommes étaient des agents de la CIA.

 

 

 

 


 

Nouvelles Internationales: Les clés du nouveau Proche-Orient entre les mains d'Obama.

Par Pierre Haski |Rue 89 |02|03|2009|
La diplomatie a parfois des logiques que la logique a du mal à suivre... Ce lundi, se tient en Egypte une conférence internationale -ça doit être important puisque Nicolas Sarkozy s'y rend- consacrée à la reconstruction de la bande de Gaza. N'aurait-il pas été préférable de réunir d'abord une conférence internationale destinée à empêcher que Gaza soit de nouveau détruite?

Certes, il faut assurément aider les Gazaouites à se relever, après les dégâts considérables causés par l'opération israélienne Plomb durci au début de l'année: entre 600 millions de dollars selon le FMI et 1,9 milliard selon l'Autorité palestinienne. L'Union européenne a déjà promis 554 millions de dollars, les Etats-Unis 900 millions.

Mais cette conférence n'aurait de sens que si, parallèlement, on réunissait aussi la planète au chevet de la paix et pas seulement pour faire des chèques sans se poser la question de savoir pourquoi il y a eu ces destructions.

D'autant que le non-dit absolu de cette conférence est que les chèques sont établis au nom de l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, qui...ne contrôle pas Gaza, toujours sous la férule du Hamas, auquel la Communauté internationale ne parle pas (directement).

Tony Blair, le bien inutile émissaire du Quartet international pour le Proche-Orient, s'est ainsi rendu pour la première fois à Gaza ce weekend sans rencontrer les maîtres du territoire.

Mes questions sont évidemment faussement naïves: il est clair que le climat de la région ne porte pas à la négociation de paix. Même si, y compris au Proche-Orient, le pire n'est jamais sûr, et nul ne peut réellement prédire ce qui sortira de la nouvelle équation régionale qui est en train de se mettre en place.

La droite au pouvoir en Israël

Premier élément de la nouvelle donne: les élections israéliennes de février, et surtout les négociations qui ont été menées pour définir les contours de la coalition autour de Benyamin Netanyahou, le Premier ministre désigné.

Le chef de file du Likoud n’a pas réussi à élargir sa base, et va finalement se retrouver à la tête du gouvernement le plus à droite qu’ait connu Israël en soixante ans d’existence.

Ni Tzipy Livny, leader des "centristes" de Kadima, pourtant arrivée en tête du scrutin, ni les travaillistes d’Ehud Barak, qui ont subi une défaite historique, n’ont accepté de siéger dans un gouvernement qui fait une large place à l’extrême-droite israélienne. Pour Tzipy Livny, citée par le quotidien Maariv:

"Netanyahou ne croit pas au processus de paix et est prisonnier des visions traditionnelles de la droite [hostile à un retrait de Cisjordanie]. Dans ces conditions, la meilleure option est de servir le peuple dans l’opposition."

Car le vrai vainqueur du scrutin, c’est bien Avigdor Lieberman, le dirigeant d’un parti, Israël Beiteinu ("Israël notre maison") qui a fait campagne sur le dos des Arabes israéliens dont il a mis en doute le statut au sein d’Israël, et sur l’idée que la guerre de Gaza n’était pas allée assez loin.

Et s'il accepte le principe de deux Etats, c'est en procédant à un charcutage territorial qui échangerait les zones arabes de Galilée contre les grandes colonies juives de Cisjordanie difficilement acceptable pour les Palestiniens.

Ce futur gouvernement de droite a déjà annoncé la couleur: la question palestinienne n’est pas sa priorité autrement que dans sa dimension économique, et il s’assoit sans complexes sur la "Feuille de route" élaborée en 2007 par le gouvernement sortant avec les Etats-Unis et l’Autorité palestinienne, qui n'avait, il est vrai, mené nulle part.

Benyamin Netanyahu met en avant la "menace de l'Iran" plutôt que la nécessité de trouver un accord avec les Palestiniens: ce sera le ciment de sa coalition avec l'extrême-droite et les religieux.

L'inconnue Obama

C’est à Washington que s’est produit l’autre changement majeur, avec, évidemment, l’installation à la Maison Blanche de Barack Obama, soucieux de rétablir l’image de l’Amérique dans le monde arabo-musulman.

Certes, sa priorité est de sauver l’économie américaine de la banqueroute, et de retirer ses troupes d’Irak, comme il vient de le confirmer de manière éclatante. Mais il n’a pas oublié le Proche Orient, en nommant George Mitchell comme émissaire spécial, qui en est déjà à sa deuxième visite dans la région.

Mitchell tranche avec la position américaine classique d’alignement systématique sur le gouvernement israélien, qu’incarne beaucoup plus, par exemple, la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton.

Il est ainsi l'auteur d'un rapport sur le déclenchement de la deuxième Intifada, en 2000, dans lequel il préconisait le gel des colonies de Cisjordanie, y compris de leur "croissance naturelle", ce qui avait agacé en Israël.

Quelle sera la marge de manoeuvre de George Mitchell? Il est encore trop tôt pour le dire, même si le nouveau président américain semble bien conscient de l’impact positif qu’aurait un règlement au Proche-Orient sur l’ensemble des problèmes du monde. Cela peut-il aller jusqu'à un clash avec le gouvernement de Netanyahou, qui a visiblement un autre agenda?

Le Hamas incontournable

Troisième élément de la nouvelle donne: la position du Hamas, le mouvement islamiste palestinien, qui est sorti de la guerre de Gaza affaibli militairement, mais tout aussi fort sinon renforcé politiquement. Ce n'est pas le moindre paradoxe de cette guerre de janvier, dont les Israéliens sont les seuls à penser qu'elle a été un grand succès.

Dans une tribune publiée ce weekend dans Haaretz, Shaul Arieli, l'un des signataires de l'Intiative de paix israélo-palestinienne de Genève, va même jusqu'à écrire que "les Israéliens ont voté pour le Hamas", en mettant au pouvoir Beyamin Netahyahou et ses alliés de droite. Il estime qu'en l'absence de perspective de paix, le Fatah de Mahmoud Abbas ne survivra pas dans sa modération actuelle, et disparaîtra ou sera absorbé dans une alliance avec le Hamas.

Le Hamas est en effet incontournable, comme le montre le simple fait que, de nouveau, des discussions ont eu lieu ces derniers jours au Caire pour favoriser l'émergence d'un gouvernement d'union nationale entre Fatah et Hamas, et même pour négocier une entrée du Hamas au sein de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), la maison commune des nationalistes palestiniens, dont il s'était tenu à l'écart depuis sa création en 1987.

Sur le terrain, les Islamistes ont effectué des purges à Gaza, soupçonnant les partisans du Fatah d'avoir prêté main forte aux Israéliens pendant leur offensive, et renforcent leur emprise par un subtil mélange de terreur et d'aide sociale qui leur a réussi jusqu'ici.

Comme le redoutent les pacifistes israéliens, ils seront les principaux bénéficiaires de l'absence de perspective de paix, faute d'avoir au moins tenté de les inclure dans une logique positive qui testerait leur supposé "pragmatisme".

L'absence de volonté politique

Tout se met donc en place pour cette nouvelle phase. Et avec des acteurs aussi éloignés que le futur gouvernement israélien ou le Hamas, le seul espoir d’avancer réside dans l’attitude qu’adopteront les Etats-Unis. Ils sont les seuls, en effet, à avoir la capacité de peser sur Israël et ses voisins, s’ils en ont la volonté politique.

Obama peut-il tordre le bras d’Israël ? C’est, au bout du compte, la véritable inconnue de cette équation.

Il y a quelques semaines, l’ancien ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, rapportait dans son tchat sur Rue89 une conversation qu’il avait eue avec Henry Kissinger, l’ancien grand architecte de la diplomatie américaine. Kissinger lui avait dit:

"Tout le monde sait comment résoudre le conflit du Proche-Orient, la seule chose qui manque, c’est la volonté politique."

Cette volonté politique existe-t-elle cette fois à Washington? Ce sera l’un des tests les plus difficiles pour Barack Obama, qui, pourtant ne manque pas d'obstacles.

 


 

Nouvelles Internationales: Le régime des mollahs joue la montre.

Par Christopher Hitchens |Slate.fr |18|02|2009|
Étrange, cette façon qu'ont certains dirigeants de pays totalitaires de s'adonner tout à coup à l'art de la franchise, voire de la confession. J'en veux pour preuve la déclaration d'un membre de la clique rapprochée de Robert Mugabe, cité dans le New York Times du 11 février, à propos du simulacre d'intronisation de Morgan Tsvangirai au poste de premier ministre du Zimbabwe. Ainsi lisait-on dans l'article de Celia W. Dugger : Sous le couvert de l'anonymat, [un] cadre de l'organe de direction de la Zanu-PF [Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique] a dit de M. Tsvangirai : "Il ne durera pas. Croyez-moi. Nous voulons juste gagner du temps."

La chose ne m'a pas étonné, j'ai pu constater que mes soupçons étaient bel et bien fondés.
Alors y a-t-il une seule personne capable de croire que l'appétence du gouvernement iranien pour le "dialogue" relève d'autre chose que d'un jeu contre la montre similaire pour gagner (ou plutôt, faire perdre) du temps pendant que les centrifugeuses besognent, jusqu'à ce que le pays ait assez de matière fissile pour laisser tomber le masque.

Les avis divergent, mais il est fort probable que l'Iran aura une grande annonce à faire d'ici à la fin de l'année. Ce qui signifierait que tous les accords internationaux, toutes les négociations avec l'Union européenne et toutes les "inspections" de l'Agence internationale de l'énergie atomique n'étaient qu'une vaste supercherie. Nous serons la risée des mollahs, et nous serons dorénavant obligés de les traiter avec une grande déférence. Quel monde formidable en perspective !

Depuis des décennies, nous nous demandons ce qu'il arriverait si une arme apocalyptique venait à tomber entre les mains d'un groupe messianique ou d'un régime irrationnel. Nous voilà près de le savoir. Je ne crois pas que l'Iran essaierait immédiatement d'enfouir l'État juif sous les cendres, et ce pour plusieurs raisons. D'une part, le pouvoir théocratique, repu et corrompu, dirige ce pays potentiellement prospère dans le seul but de s'enrichir. Un conflit nucléaire avec Israël serait, au sens propre, la dernière chose qu'il entreprendrait. D'autre part, malgré la rhétorique messianique et djihadiste officiellement affichée par le régime, une arme thermonucléaire lâchée sur l'ennemi sioniste détruirait dans son sillage les Palestiniens et la mosquée Al-Aqsa. (Même au faîte de ses délires, Saddam Hussein en restait conscient et promettait, avec une modestie qu'on ne lui connaissait pas, "qu'il n'éliminerait que la moitié d'Israël" avec les armes de destruction massive qu'il prétendait alors détenir.)

Je ne pense pas non plus que les mollahs livreraient leur arme nucléaire si difficilement acquise à un parti satellite comme le Hezbollah, ni qu'ils s'engageraient dans un conflit nucléaire avec les États-Unis ou l'Europe. Ce qu'ils feraient très certainement, en revanche, c'est utiliser la bombe pour procéder à une espèce de chantage nucléaire à l'encontre des États du Golfe, largement arabes et sunnites plutôt que perses et chiites, à l'exception de Bahreïn, à majorité chiite et géographiquement proche de l'Iran. Dans les cercles les plus extrêmes de Téhéran, certains considèrent déjà que ce petit État devrait revenir dans le giron de la mère patrie perse.Imaginez donc si Saddam Hussein avait possédé l'ogive avant d'envahir le Koweït. (Cela explique le soutien très modéré des gouvernements et de la presse arabes aux alliés de l'Iran que sont le Hamas et le Hezbollah lors des conflits récents avec Israël.)

Face à l'effrayante éventualité d'une intimidation nucléaire déguisée en « ambigüité stratégique » dans cette région du monde, l'administration Bush a excellé dans la politique du pire dont elle avait le secret. Interrogés sur les ambitions nucléaires iraniennes, les ministres de Bush avaient coutume d'assurer, l'air sombre et entendu : "Nous ne lèguerons pas ce problème à la prochaine administration." Et pourtant... Espérons que l'administration Obama ne fera pas l'erreur inverse, en substituant une approche "mielleuse" à une politique qui n'a su manier ni la carotte ni le bâton. Car es réacteurs et les centrifugeuses ont continué de tourner tandis qu'en coulisses, des missiles étaient acquis ou testés (et que des faits très étranges se déroulaient sur un site nucléaire syrien doté d'un réacteur nord-coréen).

Sur le principe, l'idée de négociations franches et transparentes avec l'Iran n'est pas mauvaise, mais tout dépend des interlocuteurs choisis. S'il le veut, le Président peut s'adresser directement au peuple iranien, depuis la tribune de l'ONU (comme j'avais déjà exhorté Bush à le faire). Il peut dire que les États-Unis aideront les Iraniens à construire des réacteurs nucléaires civils, mais qu'ils ne laisseront pas l'Iran fouler aux pieds tous les accords passés avec les instances internationales sans réagir. Il peut dire que le soutien des mollahs au Hezbollah et au Hamas explique en partie l'isolement perpétuel du pays. Et il peut ajouter, comme je l'ai déjà suggéré, que dans leur course effrénée à l'armement, les théocrates oublient de préparer l'Iran et les Iraniens au risque de séisme violent qui menace le pays dans les années à venir, et que les États-Unis sont prêts à partager leur savoir-faire anti-sismique.

En d'autres termes, il existe plusieurs options et plusieurs étapes entre une confrontation directe avec l'Iran et une passivité muette face aux affronts que les dirigeants religieux infligent aux lois internationales. Mais le temps pour employer cette « marge de manœuvre » se réduit de jour en jour, et il faut dire et rappeler que si un conflit venait à éclater, on ne pourra pas en tenir Obama pour responsable.

Article traduit par Chloé Leleu

 


 

Nouvelles Internationales: Geert Wilders interdit d'entrée en Grande-Bretagne.

Par AFP|12|02|2009|
Le député d'extrême droite néerlandais Geert Wilders, réalisateur du film anti-islam Fitna, n'est pas autorisé par les autorités britanniques à se rendre en Grande-Bretagne, a annoncé mardi le ministère néerlandais des Affaires étrangères.
"Le gouvernement britannique justifie sa décision par des raisons d'ordre public et de sécurité", a précisé à l'AFP un porte-parole du ministère.

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Maxime Verhagen, a protesté auprès de son homologue britannique David Miliband, soulignant que La Haye "déplorait fortement" la décision de Londres, selon le porte-parole.

"Les Pays-Bas estiment que M. Wilders, en tant que député néerlandais, doit pouvoir voyager librement au sein des pays de l'Union européenne", a-t-il ajouté.

A Londres, une porte-parole de l'Intérieur a expliqué que le "gouvernement (britannique) empêchera ceux qui veulent répandre l'extrémisme de venir dans notre pays".
Geert Wilders affirme sur son site internet avoir été invité par des membres de la Chambre des Lords à venir "montrer le film Fitna et à participer à un débat sur la liberté d'expression".

"La Grande-Bretagne sacrifie la liberté d'expression. Nous nous attendrions à ce que quelque chose comme cela se produise dans des pays comme l'Arabie saoudite mais pas en Grande-Bretagne", déclare le député.

 


 

Nouvelles Internationales: Sans-papiers: le grand marché des demandes de régularisation.

Par Rémi Leroux|Rue 89|08|02|2009|
Suspectée de profiter du "marché" des régularisations de sans-papiers, une association marseillaise renvoie la responsabilité à l'Etat.Ce sont de vieilles étiquettes cartonnées que se revendent entre-eux les sans-papiers marseillais. Des bouts de papier. Dessus sont inscrites les coordonnées d'une association qui les aide à constituer leurs dossiers de demande de titre de séjour. Au mieux, cette association assure-t-elle aux requérants l'obtention d'un rendez-vous au bureau des étrangers de la préfecture des Bouches-du-Rhône.Un rendez-vous qui les protège certes contre toute expulsion le temps de l'examen de leur dossier, mais un rendez-vous qui a un coût: jusqu'à 600 euros pour deux personnes.

Dans le petit monde des sans-papiers de Marseille, le nom de l'association s'est répandu à toute vitesse. Arime, pour Association régionale pour l'insertion et la médiation. Un sésame.

Un accélérateur de procédure...

Sihem est algérienne. Elle vit en France depuis cinq ans avec son mari et ses enfants. Comme de nombreux sans-papiers, elle avait entendu parler de l'Arime comme d'un accélérateur de procédure, sorte de turbo vers une régularisation. Elle a alors contacté l'association:

"J'ai été reçue par un monsieur qui m'a expliqué qu'il aidait les familles à déposer leur dossier en préfecture et que je rentrais dans les critères. Il m'a aussi fait comprendre qu'un dossier bien monté et présenté par un avocat avait plus de chances d'aboutir."

Le "monsieur" en question lui explique que la procédure habituelle lui en coûtera 100 euros de frais de dossier -à verser à l'Arime-, et entre 250 et 300 euros par personne pour faire "viser" le dossier par un avocat.

L'association est installée dans un immeuble de bureaux très stratégique. Côté pile, l'entrée donne sur l'avenue du Prado, à un jet de pierre de la place Castellane (VIe arr.), quartier de Marseille plutôt bien fréquenté. Côté face, c'est la rue Saint-Sébastien où, à 200 mètres, se trouve le bureau des étrangers de la préfecture des Bouches-du-Rhône.

Bureau devant lequel, tous les jours à partir de trois heures du matin, des familles de sans-papiers font la queue dans l'espoir de décrocher l'un des rares tickets distribués par les services de la préfecture qui permet, ou non, d'obtenir un rendez-vous au cours duquel leur dossier sera examiné.

Une association au-dessus de tout soupçon?

Dans les courriers qu'elle adresse à ses "clients", l'Arime se présente comme une structure "à but non lucratif et à vocation d'accompagnement et d'aide aux formalités". Le secrétaire général adjoint de la préfecture des Bouches-du-Rhône, Christophe Reynaud, précise par ailleurs que "l'association fait usage d'un papier à en-tête qui lui confère un caractère officiel qu'elle n'a absolument pas. Comme si l'Arime était autorisée ou agréée par la préfecture".

Une stratégie qui, évidemment, fonctionne très bien auprès des personnes sans-papiers. Jean Sicard, militant du Réseau éducation sans frontières (RESF), explique que la réputation de l'Arime est telle aujourd'hui qu'elle a amené certains d'entre-eux "à se revendre l'adresse et les coordonnées téléphoniques de l'association". Les rendez-vous effectivement obtenus grâce à l'Arime n'ont fait que renforcer sa légitimité.

"La personne que j'ai accompagnée dans ses démarches est convoquée en mai, poursuit Jean Sicard. Le jour où elle a déposé le dossier en préfecture, il y avait le président de l'Arime et l'avocat, mais c'était la première fois qu'elle le voyait."

L'avocat en question est présenté par l'association comme "spécialiste du droit des étrangers" depuis plus de vingt ans.

"Cent euros? un don associatif pour nos formalités"

Toutes ces éléments, le président de l'Arime, Michel Weber, les a confirmés à Marseille89. Il assure n'avoir "absolument aucun appétit financier" dans l'histoire et se dit très ennuyé d'apprendre que le nom de son association puisse générer une sorte de marché parallèle:

"Il est certain que lorsqu'une filière commence à avoir une certaine résonance, ça s’organise derrière. Mais moi, je rends service et si cela doit porter préjudice, je préfère arrêter."

Il justifie ainsi les sommes réclamées pour monter des dossiers constitués de dizaines et de dizaines de pièces justificatives:

"Nous demandons une petite contribution de 100 euros pour nos formalités, qui est un don associatif, une participation aux frais de bureaux, car nous ne recevons pas de subventions. Ce qui bien sûr nous garantit une indépendance totale."

Michel Weber assure enfin préciser à chaque fois le risque encouru par les requérants, à savoir "un refus d'admission au séjour avec obligation de quitter le territoire".

La préfecture dément toute obligation de présenter une lettre d'avocat

Plus problématique est la position du président de l'Arime lorsqu'il assure que la préfecture réclame une lettre d'avocat pour pouvoir déposer une demande de régularisation. Michel Weber l'assure:

"C’est une orientation qui est recommandée par la préfecture pour obliger le préfet à prendre une décision dans un examen de dossier, sinon le préfet refusera de prendre le dossier au guichet. Ils s’en cachent, bien sûr, car étant un service public, ils ne peuvent pas dire que c’est payant."

Or, à cet argument, qui légitime finalement toute l'action de l'Arime, la préfecture des Bouches-du-Rhône oppose un démenti catégorique. Son secrétaire général adjoint, Christophe Reynaud:

"Nous n'exigeons nullement la présentation par un avocat ou un intermédiaire du dossier de demande de régularisation, c'est faux, entièrement faux. Si la personne souhaite se faire accompagner, évidemment qu'elle le peut. Mais il n'y a là aucun caractère obligatoire et, surtout, aucune intervention de ce type n'est susceptible d'accélérer ni de retarder le traitement du dossier."

Ce que réfute à son tour Michel Weber:

"Il y a aujourd'hui un automatisme au niveau du guichet et je vous le démontre quand vous voulez. C'est dans les us et coutumes locales et ça ne se passe pas ailleurs, ni à Avignon, ni à Toulon, ni à Dragignan, ni à Nice... car la pression n'est pas la même."

Les refus au guichet

Les associations qui travaillent -elles bénévolement (y compris pour constituer des dossiers)- avec les étrangers sans-papiers, dénoncent depuis longtemps ces "refus au guichet". Même si de nombreux dossiers aboutissent sans lettre ni intervention d'avocat, elles reconnaissent malgré tout l'utilité de se faire aider par un homme de loi ou une association. Tant les procédures sont complexes.

Une avocate marseillaise spécialisée dans le droit des étrangers explique que la démarche de l'Arime est pour toutes ces raisons "extrêmement habile", car "elle joue sur les failles du système":

"Ce n'est pas rare que l'administration refuse verbalement le dépôt de dossiers. Ce qui est parfaitement illégal puisque cela provoque une inégalité entre les demandeurs. Mais c'est effectivement une pratique qui existe et qui permet de désengorger la file d'attente des demandeurs.

"Or, l'Arime, elle, vous assure que votre dossier sera déposé grâce à l'avocat et que vous obtiendrez un rendez-vous, et donc le récépissé qui vous évitera l'expulsion."

Christophe Reynaud reconnaît "qu'il y a probablement eu par le passé des refus verbaux de la part des services de la préfecture", mais assure que "ce n'est plus le cas aujourd'hui".

Selon lui, les associations comme l'Arime profitent en réalité "d'un marché" qui, "par le fonctionnement même de notre système, nourrit pas mal d'intermédiaires". C'est précisément là tout le problème.

"Moralement extrêmement discutable"

Car le "marché" en question n'est pas vraiment nouveau. L'an dernier par exemple, des psychiatres marseillais avaient été rattrapés par la justice dans un trafic de titres de séjour. Dans une autre affaire, ce sont des membres du Collectif sans-papiers de la cité phocéenne qui avaient été mis en cause.

Un marché qui prend également de nouvelles formes: "le conseil juridique en ligne" par exemple, qui aujourd'hui fait florès. Sur certains sites Internet, des avocats, à Marseille encore, vont jusqu'à réclamer 1500 euros pour "traiter des problèmes rencontrés par la communauté algérienne pour l'obtention d'un visa en France".

Pour Jean Sicard, de RESF, "s'il n'est pas certain que toutes ces pratiques soient illégales, une chose est sûre: elles sont moralement extrêmement discutables".

 


 

Nouvelles Internationales: L'évêque Richard Williamson maintient ses propos négationnistes.

Par l'éditorial |20 Minutes|08|02|2009| Vidéo en anglais
Dans une interview parue en Allemagne, le religieux intégriste n'hésite pas à relancer la polémique sur la levée de son excommunication ordonnée par le pape Benoît XVI, que suscitent ses propos. Dans l'hebdomadaire Der Spiegel à paraître lundi, l'évêque britannique fait fi d'une injonction du Vatican lui ordonnant de clarifier ses positions et estime qu'il lui faut étudier d'abord les «preuves» historiques avant d'éventuellement retirer ses déclarations niant l'existence des chambres à gaz.
«Il s'agit de preuves historiques, pas d'émotions. Et si je trouve des preuves alors je rectifierai (les propos tenus). Mais cela va prendre du temps», affirme l'évêque dans l'entretien diffusé dans son intégralité dès samedi.Au Spiegel il explique avoir «fait des recherches dans les années 1980» sur ce sujet et avoir été «pour cette raison convaincu de l'exactitude» des positions qu'il défend. «Je dois tout réexaminer encore une fois et voir les preuves», a-t-il dit. Et d'ajouter: «Toute ma vie, j'ai toujours cherché la vérité.»

Recherche du vrai
Pour avancer dans sa quête du vrai, Richard Williamson indique avoir commandé «un livre de Jean-Claude Pessac» sur la «technique» des chambres à gaz à Auschwitz. «Je vais le lire et l'étudier», assure-t-il.Cette interview au Spiegel est la première accordée par l'évêque britannique de 67 ans depuis le décret du Vatican en sa faveur le 24 janvier. La levée de son excommunication a suscité un tollé dans de nombreux pays, en particulier dans les milieux catholiques d'Allemagne, et déclenché une crise qui a compromis les relations du Vatican avec le judaïsme et brouillé l'image du pape.

Deux jours avant le décret pontifical, Richard Williamson avait déclaré à une télévision suédoise: «Je crois qu'il n'y a pas eu de chambres à gaz (...) Je pense que 200.000 à 300.000 Juifs ont péri dans les camps de concentration mais pas un seul dans les chambres à gaz.»

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Nouvelles Internationales: Après la grande marche, les petits souliers.

Par Kamel Daoud  |Le Quotidien d’Oran|29|01|2009|

Rien ne ressemble plus à l'avant-guerre contre Ghaza que l'après guerre vécue partout chez nous, sauf à Ghaza. Les morts le savent, les survivants aussi, le reste, non. L'actualité n'est pas encore, en somme, l'Histoire, mais sournoisement, elle est déjà un souvenir. Nous avons donc marché, quelques-uns, par milliers, se sont fait tabasser, les Moubarak ont réajusté leurs portraits immenses et puis nous nous sommes dispersés avec les mêmes certitudes improductives : « Obama ne pourra rien faire », « les juifs gouvernent le monde », « l'Islam va gagner »


- mais pas les musulmans -, « nous sommes tous frères » surtout nos morts, « les régimes nous vendent » lorsque la vérité est qu'ils nous achètent, « la paix est impossible » alors que c'est la guerre qui l'est pour nous, « nous irons tous au Paradis » alors que la réalité est que l'on ne peut même pas aller à Rafah. Mahmoud Darwich l'a bien résumé : « Ils ont dit que la guerre est charges et replis, puis ils se sont tous repliés ! ».

Le constat du sinistre a provoqué une immense réaction, quelques millions de dollars, beaucoup de don de sang et pas une seule constatation utile pour nous rapatrier le centre du monde qui nous a échappé après la chute de Grenade. Où était l'erreur ? Dans l'angle de vue :

1°- Il fallait « marcher » contre le Likoud et les sionistes pas contre les juifs.

2°- Il fallait marcher pour faire changer les choses chez nous, chacun dans le périmètre de son drapeau et pas en Palestine d'abord.

3°- Il fallait demander des comptes et pas des armes.

4°- Il fallait raccourcir les barbes et allonger les heures de travail.

5°- Il fallait relire l'histoire, la Grande, mais à la première personne du singulier et pas à la troisième personne du pluriel : le «Ils » sert trop souvent à dédouaner le « Je ».

6°- Il ne fallait pas seulement regarder El Jazeera mais se regarder les uns les autres et en être fier ou en avoir honte.

7°- Il fallait tout arrêter et cesser de se prendre pour des victimes alors que ce sont les Palestiniens qui le sont.

8°- Il fallait cessez d'accuser les « régimes » d'être faibles et vendus alors que nous sommes presque tous, chacun sous son parapluie, corruptibles et « achetables ».

9°- Il fallait arrêter de demander à Dieu de faire la guerre à notre place ou la paix à la place des Américains.

10°- Il fallait cesser de prendre l'Islam pour un sachet et le rouge à lèvres pour la raison de notre punition collective.

11°- Il fallait plus brûler nos propres ordures ménagères que brûler le drapeau US ou israélien.

12°- Il fallait répondre à ceux qui croient encore que viendra un temps où même les arbres vont dénoncer les juifs, qu'il faut logiquement commencer au moins par reboiser nos pays.

13°- Il fallait nous avouer que nous sommes tous coupables, quelque part, lorsque nous votons, volons, mangeons, cassons avant d'aller tous prier Dieu en se rangeant les uns derrière le dos des autres.


Nouvelles Internationales: Obama veut réconcilier l’Amérique avec les musulmans.

ParT.Hocine |El Watan|21|01|2009|


Le président américain, Barack Obama, a énoncé, hier lors de son discours d’investiture, un certain nombre de thèmes sans jamais se montrer précis. Beaucoup attendaient qu’il s’exprime sur la récente actualité marquée par l’agression israélienne contre les Palestiniens de la bande de Ghaza, mais lui a préféré s’adresser au monde musulman dans son ensemble, persuadé certainement que la question palestinienne est devenue « la matrice des relations internationales. Le tout nouveau président américain a proposé en effet au monde musulman « une nouvelle approche fondée, a-t-il souligné, sur l’intérêt et le respect mutuels ». Qu’est-ce que cela veut dire ? Personne n’a cité Samuel Huntington et sa théorie du « choc des civilisations », mais y a-t-il une quelconque référence ? A priori, il ne s’agit pas de cela mais de choses plus terre à terre puisque les deux guerres dont hérite Barack Obama se déroulent dans des pays musulmans. En outre, il est de plus en plus question, depuis au moins 2001, de lutte contre l’islamisme même si, pour beaucoup, l’approche serait simplifiée et beaucoup plus courte si le monde ne rajoutait pas à la détresse des Palestiniens en refusant d’accéder à leur revendication de justice. A contrario, c’est cette injustice qui suscite le désespoir et la colère à travers le monde, y compris sur le territoire des Etats-Unis.On ne traite pas des centaines de millions d’êtres humains sans la moindre conséquence.

C’est pourquoi le nouveau président américain semble vouloir aller à la rencontre d’un monde qui a donné les preuves de sa volonté d’aider à faire la paix. C’est, à ce propos, le plan arabe de paix rejeté par Israël ou encore les résolutions de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) appelant toutes à la satisfaction des droits nationaux du peuple palestinien. Et cela sur la base des résolutions des Nations unies. Dans un concert de vœux et de gestes qui se veulent aussi des marques d’amitié, il lui a été tout simplement demandé d’inverser l’ordre des priorités qu’il a énoncées et qu’il mette en tête de son ordre du jour l’enclenchement d’une négociation palestino-israélienne plutôt que le renforcement des troupes de l’Otan en Afghanistan. Ce conflit est devenu « la matrice des relations internationales », reconnaît-on de plus en plus et à juste titre d’ailleurs. Obama se garde d’y répondre directement. Mais ses conseillers n’ont pas attendu pour donner les contours des premières décisions. M. Obama tiendra ses promesses, ont-ils assuré. Le nouveau Président devrait ainsi se prononcer rapidement sur l’interminable conflit du Proche-Orient. « Les événements mondiaux exigent qu’il agisse rapidement et je pense que vous allez le voir agir rapidement », a déclaré le principal conseiller du président, David Axelrod.

Reste maintenant à savoir ce que contient cette nouvelle approche. On se rappelle que son prédécesseur avait lancé son fameux Grand Moyen-Orient (GMO) sans jamais prendre en charge la question palestinienne. Ou, pis encore, en soutenant Israël à travers ce qu’il appelait son droit à la légitime défense, alors même qu’il y avait occupation des territoires palestiniens. Pour un discours d’investiture, on ne pouvait attendre plus que de simples déclarations d’intention. Et il est vrai que celles que Barack Obama vient d’énoncer demeurent vagues et imprécises. Au plus fort de l’agression israélienne, il avait fixé rendez-vous à l’opinion internationale pour l’après-20 janvier. Ses plus proches conseillers confirment ce rendez-vous. Mais en attendant de nombreuses voix, au sein des alliés des Etats-Unis, ont demandé au nouveau président des Etats-Unis de revoir l’ordre des priorités qu’il a établi. Et certaines recommandations sont accompagnées d’analyses jugées pertinentes. Un argumentaire, en quelque sorte.

 

 


 

Nouvelles Internationales: La "troisième voie" d'Edward Saïd, plus actuelle que jamais 

Israël / Palestine / mercredi 14 janvier 2009/ par Emile Born 


Il y a une dizaine d’années, l’intellectuel Américain d’origine palestinienne, aujourd’hui disparu, publiait un article intitulé « La Troisième Voie ». Il y prônait un projet de confédération judéo-arabe.Trois années après l’assassinat d’Yitzhak Rabin par un extrémiste juif, Edward Saïd, tirant les leçons de la primature calamiteuse de Benyamin Netanyahou sur le plan de la paix au Proche-Orient, affirmait que les accords d’Oslo s’étaient révélés « foncièrement inopérants et impraticables ».

Depuis, les faits n’ont cessé de lui donner raison. Les Premiers ministres israéliens qui lui ont succédé, Ehoud Barak, Ariel Sharon et Ehoud Olmert, ont multiplié obstacles et humiliations à l’égard aussi bien de l’Autorité que des populations palestiniennes. Robert Malley, un des conseillers de Bill Clinton, a fort bien expliqué (dans un long article publié dans la New York Review of books en 2003 : « Camp David and After : An exchange (a Reply to Ehud Barak ») comment Barak a volontairement saboté la paix en 2000 à Camp David devant un Clinton passif sinon complice.

Il n’en fut rien avec Ehoud Olmert

Puis, succédant à Barak, Ariel Sharon, avant de sombrer dans un coma profond, a porté le coup de grâce à Yasser Arafat, précipitant du même coup l’ascension du Hamas. Avec Olmert, on pouvait s’attendre à quelques progrès. Il n’en fut rien. Voulant sans doute se montrer à la hauteur de son prédécesseur, le nouveau chef du gouvernement israélien s’est d’abord lancé durant l’été 2006 dans la triste aventure libanaise enfonçant un peu plus le pays du Cèdre dans la misère tout en subissant de lourdes pertes face à un Hezbollah sorti renforcé de l’épreuve.

Avec le malheureux Mahmoud Abbas, successeur de Yasser Arafat à la tête de l’Autorité palestinienne, bien disposé à tous égards envers Washington et Tel-Aviv, Olmert aurait pu faire quelques gestes afin de réduire la tension dans toute la région. Il ne bougea pas le petit doigt. Bien au contraire, après la victoire du Hamas aux élections de 2006, victoire prévisible compte tenu de l’impuissance de Mahmoud Abbas, la répression israélienne a repris de plus belle confortant le pouvoir sans partage de la formation islamiste à Gaza.

Edward Saïd

Ainsi, selon l’expression d’Edward Saïd, le terme de « paix » est plus que jamais « un mot désormais discrédité, voire frauduleux (…) Comment peut-on décemment continuer à parler de « paix » alors qu’Israël ne cesse, à force de pouvoir et d’arrogance, de démolir, d’interdire, de confisquer les terres, de procéder à des arrestations et de pratiquer la torture ? »

La contre-vérité de Nicolas Sarkozy

Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy vient crier sur tous les toits que le Hamas « porte une responsabilité lourde dans la souffrance des Palestiniens de Gaza ». Comment peut-on affirmer une telle contre-vérité sinon en ignorant totalement l’histoire récente tragique de ce petit territoire surpeuplé ! Le président français a-t-il mesuré ce que représente depuis près de deux années le blocus inhumain imposé à un million et demi de Gazaouis par un Israël qui n’a pas accepté le résultat des élections ? A-t-il oublié les nombreux assassinats ciblés de dirigeants du Hamas ? Ce même Hamas et ces mêmes islamistes que les dirigeants israéliens ont longtemps discrètement poussé pour affaiblir Arafat… Pouvait-on imaginer que ce parti allait accepter sans réagir les agissements brutaux de Tsahal ? Comment oublier que, depuis de très nombreuses années, la politique israélienne, dans les territoires occupés comme à Gaza, a paralysé l’activité économique et commerciale, empêché tout développement et transformé les Gazaouis en une population d’assistés dépendant entièrement de l’aide internationale ?

Lucide, Edward Saïd écrivait déjà en 1998 que « pour défaire l’injustice », il fallait « créer davantage de justice et non pas de nouvelles formes de surenchère du type : « Ils ont un Etat juif, nous voulons un Etat islamique " ». « Nous ne pouvons gagner cette bataille, ajoutait-il, en souhaitant que les juifs s’en aillent ou en prônant l’islamisation : nous avons besoin de ceux qui, de l’autre côté de la frontière, sont partisans de notre lutte. Nous nous devons de franchir cette ligne de séparation que les accords d’Oslo ont, entre autres, consacrée et qui maintient une situation d’apartheid entre juifs et Arabes en Palestine. La franchir et non pas la renforcer ».

Israël : des objectifs de sécurité non-atteints

En dépit de leur énorme puissance militaire, les Israéliens n’ont toujours pas réussi à obtenir la sécurité qu’ils souhaitent. Et les carnages auxquels nous assistons depuis une dizaine de jours n’y changeront rien. Là aussi, leurs dirigeants seraient bien inspirés d’écouter certains de leurs historiens. Israël, notait récemment Tom Segev, « « frappe les Palestiniens pour « leur donner une leçon. C’est un leitmotiv qui a accompagné l’entreprise sioniste depuis ses débuts : nous sommes les représentants du progrès et des lumières, d’une rationalité distinguée et de la morale, tandis que les Arabes sont une foule primitive et violente, des enfants ignorants qu’il faut éduquer, auxquels il faut enseigner la sagesse par la méthode, bien sûr, de la carotte et du bâton » ».

De même que la politique américaine au Moyen-Orient et dans le monde musulman a entraîné au cours des dernières décennies un essor considérable des mouvements islamistes, de même le comportement des dirigeants israéliens depuis la disparition d’Yitzhak Rabin a conforté les courants islamistes à commencer par le Hamas. La Palestine historique est ainsi encombrée d’extrémistes, juifs et musulmans — sans oublier les chrétiens évangélistes américains, meilleurs soutiens des colons juifs fanatiques — qui laissent présager un sombre avenir pour toute la région.

La « troisième voie » d’Edward Saïd

C’est ici que « la troisième voie » préconisée par Edward Saïd prend toute son actualité. Se démarquant aussi bien de la faillite d’Oslo que des politiques absurdes et inhumaines de boycottage, elle nécessite, disait Saïd, « tout d’abord, d’être conçue en termes de citoyenneté et non de nationalisme, dans la mesure où la notion de séparation (Oslo) et d’un nationalisme théocratique triomphaliste, qu’il soit juif ou musulman, ne répond ni ne traite des réalités qui nous attendent. Ce concept de citoyenneté implique que tout individu bénéficie d’un même droit, fondé non sur la race ou la religion, mais sur une égalité de justice garantie par la Constitution, concept inconciliable avec la notion largement dépassée d’une Palestine "purifiée" de ses "ennemis " ».

L’impasse dans laquelle se trouve toute la région a conduit à de déplorables dérives allant aussi bien du racisme anti-arabe de nombreux Israéliens à l’antisémitisme de beaucoup d’Arabes, y compris parmi les intellectuels. « Une chose, soulignait déjà il y a dix ans Saïd, doit être claire : nous ne combattons pas les injustices du sionisme pour les remplacer par un nationalisme odieux (religieux ou civil) qui décréterait les Arabes de Palestine plus égaux que d’autres ».

Un combat pour la démocratie

Selon le professeur disparu, le combat qui doit être mené est « un combat pour la démocratie et l’égalité des droits, pour un Etat ou une République laïque », dont tous les membres seraient citoyens égaux, « et non pas un faux combat inspiré d’un passé mythologique et lointain, qu’il soit chrétien, juif ou musulman ». « Le génie de la civilisation arabe, concluait-il, trouve son apogée dans l’Andalousie pluriculturelle, plurireligieuse et pluriethnique. Voilà un idéal à suivre en lieu et place d’un processus d’Oslo moribond et d’une attitude malsaine de rejet négationniste ».

Aujourd’hui, le projet de confédération judéo-arabe auquel songeait Edward Saïd peut paraître utopique. Mais, dans la mesure où l’ensemble de la communauté internationale rejette la voie du tout répressif, voie sans issue adoptée par les dirigeants israéliens, dans la mesure également où la création d’un petit Etat-bantoustan palestinien à la botte d’Israël apparaît de moins en moins crédible ou réaliste, il serait irresponsable de ne pas envisager de nouvelles formules permettant de sortir, par étapes, de l’impasse actuelle.

Quelle que soit sa puissance militaire, Israël ne pourra pas indéfiniment lutter contre la montée en puissance des régimes arabo-musulmans ou la démographie palestinienne. Plus que jamais, selon le mot du général israélien pacifiste Matatyahou Peled, les seules frontières de sécurité d’Israël ne pourront être que des frontières de paix.


Nouvelles Internationales: Le sacre d’Aboutaleb, maire « marocain » de Rotterdam.

Par Bouchra Zeroual |Bondy |07|01|2009  

Bouchra a vécu hier la cérémonie d’investiture du premier magistrat de cette ville des Pays-Bas. Les pro et anti-Aboutaleb continuent le combat. VIDEO EN + Ahmed Aboutaleb a été sacré hier « burgemeester van Rotterdam ». Seuls quelques happy few des médias ont pu assister à la cérémonie. Les autres sont restés cantonnés dans une salle de presse. Mais l’essentiel était d’être présent dans l’enceinte de l’hôtel de ville. Des élus de la ville et des représentants de la reine ont fait autant référence à l’élection de Barack Obama qu’aux origines marocaines du nouveau maire de la seconde ville des Pays-Bas, après Amsterdam.

Concentré, ému, Ahmed Aboutaleb reçoit ses attributs, collier et marteau, qui font de lui le chef de la ville pendant quatre ans à compter du 5 janvier. « Rotterdam exerce un rôle pionnier dans de nombreux domaines », dit-il. L’élection à sa tête de ce Marocain d’origine en est une preuve supplémentaire. Aboutaleb se veut rassurant pour tous, car son accession à la plus haute marche de la municipalité ne plaît pas à tout le monde.

Dehors, le froid n’a pas eu raison des cinq partisans de l’ancien parti de Pim Fortuyn, emblème de la droite extrême rotterdamoise. Maria est là depuis 9h30 et compte bien faire parler de ses affiches contre les choix d’ouverture de Peter van Heemst, le chef du PvDA (Parti du travail) à Rotterdam. « Nombreux sont en effet ceux qui ressentent en ce moment les abîmes de l’incertitude dans ce monde où tout change, répond Aboutaleb à ces inquiets. Des églises disparaissent et des mosquées se construisent. […] Il nous faut accorder une pleine attention aux problèmes auxquels de nombreux habitants de Rotterdam, de vieille souche et plus récents, se trouvent confrontés dans leur quotidien. » Les pro-Aboutaleb non plus, n’ont pas eu peur du vent glacial. Younis profite de l’engouement de la presse pour Aboutaleb pour distribuer MZine, un magazine en néerlandais pour les Marocains vivant aux Pays-Bas. Il se dit « content qu’Aboutaleb soit le premier maire marocain aux Pays Bas ».

Le maire sait que les défis sont nombreux et que son autre nationalité – la marocaine – sera un atout et une faiblesse : « Rotterdam a accompli de grandes choses […] à force d’engagement et de créativité. Cela ressemble un peu à ma propre histoire. Venu de loin et réaliser ses ambitions à force de travail et de volonté. » Souhaitons que les Rotterdamois le jugent sur ses réalisations pendant les quatre prochaines années.

 


 

Nouvelles Internationales: Algérie: priorité à l'unité des Palestiniens en cas de sommet arabe.

Par AFP |Le Monde |05|01|2009 
L'Algérie oeuvrera à consolider l'unité entre les Palestiniens en cas de tenue d'un sommet arabe, a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères Mourad Medelci à la Radio internationale algérienne et à l'agence APS. Si un sommet arabe a lieu, "l'Algérie aura d'abord à consolider l'unité entre Palestiniens", a assuré le ministre. "Je pense qu'au sein des pays arabes, nous représentons un exemple dans la mesure où nous n'avons jamais accepté d'avoir des relations économiques ou commerciales avec l'Etat hébreu", a-t-il soutenu.

"L'Algérie n'a jamais eu de relations avec Israël (...) parce qu'elle croit en ses principes et qu'elle les défend", a-t-il affirmé.

Interrogé sur la participation de l'Algérie à un éventuel sommet arabe, le ministre a indiqué que son pays n'était "pas contre cette idée".

"Un sommet arabe pourrait prendre des décisions et ces décisions il faut d'abord en parler", a-t-il dit, ajoutant que "ces décisions consistent à souligner que, dans une situation de guerre, les pays arabes qui ont des relations avec Israël puissent suspendre ou même rompre leurs relations avec cet Etat".

"Il appartient à ces pays arabes de prendre ces décisions (de rompre les relations avec Israël)", a-t-il dit.

"Lorsque ces pays ont pris la décision de nouer des relations avec Israël, ils ne l'ont pas fait dans le cadre de la Ligue arabe, mais à titre individuel", a rappelé M. Medelci.

La Mauritanie, l'Egypte et la Jordanie sont les trois seuls pays de la Ligue arabe à entretenir des relations diplomatiques avec Israël. Lundi, Nouakchott a "décidé de rappeler son ambassadeur en Israël", pour protester contre l'offensive israélienne à Gaza.

L'émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, cité lundi par les médias qataris, a appelé de nouveau à la tenue d'un sommet arabe extraordinaire consacré à "l'agression" israélienne contre la bande de Gaza, qu'il a qualifiée de "crime de guerre".

Israël a lancé le 27 décembre une offensive aérienne meurtrière contre le Hamas, suivie depuis samedi soir par une offensive terrestre.

M. Medelci a, par ailleurs, indiqué que des "consultations sont en cours entre les ministres arabes et les responsables des Nations unies ainsi que ceux des pays membres du Conseil de sécurité pour que (mardi), il y ait une réunion de ce Conseil".

"La réunion du Conseil de sécurité aura pour objectif d'arrêter les opérations militaires et de discuter des conditions dans lesquelles, dans les prochaines semaines, nous puissions garantir un environnement propice à une normalisation de la situation dans la région", a-t-il précisé.

 


 

Nouvelles Internationales: Cherchez l’erreur - Compte-rendu d’une manifestation pour Gaza

Par Fausto Giudice |Basta |04|01|2009 
Samedi après-midi, je me suis rendu, avec des copains, dans la métropole régionale la plus proche de la petite localité de la France profonde dans laquelle je vis, pour participer à une manifestation de solidarité avec Gaza martyre. Nous étions entre 2500 et 3000. Nos avons défilé pendant deux bonnes heures, sillonnant le centre-ville en boucle, pour achever notre périple là où nous l’avions commencé, sur la place principale de la ville, entre le Monoprix et le MacDo.
Nous étions donc environ 3000, dont, au bas mot, 2900 musulmans de tous âges, de toutes origines, de toutes couleurs, de toutes branches, de tous sexes.
J’ai cherché des chrétiens, je n’en ai pas vu.J’ai cherché des communistes, je n’en ai pas vu.J’ai cherché des trotskystes, j’en ai vu deux, qui ont distribué un tract puis sont repartis.

J’ai cherché des nouveaux partisans anticapitalistes, j’en ai vu un.
J’ai cherché des altermondialistes blancs, j’en ai vu trois.J’ai cherché des anarchistes, je n’en ai pas vu.
J’ai cherché des écologistes, j’en ai vu deux.
J’ai cherché des juifs, je n’en ai pas vu.
J’ai cherché des laïcs, j’en ai vu 7 ou 8.
J’ai cherché des francs-maçons, j’en ai peut-être vu, mais je ne les ai pas reconnus.
La télévisions locale a filmé le défilé, pour montrer au journal du soir que seuls des Musulmans avaient manifesté pour les Musulmans de Gaza. Le long du défilé, les gens sur les trottoirs, silencieux, nous regardaient plutôt froidement, quand ce n’était pas avec des mines hostiles.À un moment, je me suis demandé où j’étais, dans quelle France. Où étaient-ils, tous ces Français de souche laïcs, progressistes, démocrates, humanistes, libertaires, prêts à s’enflammer pour toute cause ?
En fin de manifestation, des amis arabes informés m’ont rassuré : la gauche, les partis, les syndicats, vont manifester au même endroit, mercredi prochain. Ouf, j’avais eu peur.
Peur que les progressistes-démocrates-humanistes-libertaires français de souche se soient dits que, en fin de compte, les bombes de 500 kg et d’une tonne lâchées sur les Gazaouis allaient apporter à ceux-ci la liberté, la démocratie, la libération des femmes et la laïcité. Mais non, je faisais preuve de mauvais esprit.

Et pourtant, je me souvenais qu’en août 2006, quand nous manifestions dans ma petite ville contre l’agression israélienne contre le Liban, les ténors locaux de la « gauche pro-palestinienne » avaient déclaré textuellement à la presse régionale qu’ils critiquaient l’attaque israélienne contre le Liban parce qu’ « elle faisait le jeu des islamistes du Hezbollah ». Ce à quoi j’avais répondu : « C’est comme si vous aviez été à Londres en 1941 et aviez déclaré que vous critiquiez Hitler pour avoir attaqué l’Union soviétique parce qu’ainsi il faisait le jeu goude Staline. »
Et un permanent d’un éminent syndicat de gauche m’avait alors rétorqué : « Oh tu sais la guerre, la guerre, c’est toujours mauvais. Je pense que c’étai une erreur de prendre les armes contre les Allemands en 40-42. » « Donc, lui avais-je rétorqué, tu aurais choisi Vichy et la collaboration ? »
Il était devenu tout rouge et était parti sans rien dire.
Plus tard, un autre ténor de la gauche locale avait pris la parole en fin de manif pour déclarer qu’il fallait donner toutes ses chances à la résolution de l’ONU instaurant le cessez-le-feu au Liban. J’étais intervenu après lui pour dire que cette résolution n’avait qu’on objectif : sauver l’armée israélienne de la pire défaite de son histoire et que cette guerre de 33 jours était vraiment historique car elle avait vu pour la première fois l’armée israélienne subir une défaite stratégique.
Mes amis de gauche firent évidemment grise mine en entendant mes propos et vinrent me voir pour me dire : « Mais enfin, le Hezbollah, c’est des islamistes, on ne peut quand même pas les soutenir ». Ce à quoi je répondis en citant la phrase de De Gaulle à un de ses lieutenants qui critiquait les choix de ses ministres dans le premier gouvernement formé à la Libération : « Sans les juifs, les communiste et les francs-maçons, la France n’aurait pas été libérée ». Et j’ajoutai : »Avez-vous écouté ou lu un seul des discours de Hassan Nasrallah faits pendant les 33 jours de guerre ? Moi, j’en ai lu huit. Nasrallah est le Ho Chi Minh du Moyen-Orient. Ses discours étaient tous purement politiques et n’avaient rien de religieux, mis à part les formules d’usage. Si je soutiens le Hezbollah ou le Hamas, ce n’est pas parce qu’ils sont islamistes, mais parce qu’ils incarnent la Résistance. Et comme par hasard, le peuple palestinien est de culture musulmane, même ses minorités chrétiennes. Vous ne pouvez pas lui demander de produire une Arlette Laguillier, une Marie-George Buffet, un Olivier Besancenot ou une Ségolène Royal. La résistance népalaise est maoïste, la résistance colombienne est communiste, la résistance mexicaine est zapatiste. La résistance palestinienne est aujourd’hui « islamiste », c’est une réalité qu’il vous faudra accepter, ou alors dites clairement que vous soutenez les collabos de Ramallah autour d’Abou Mazen. »
Notre tentative de dialogue s’était arrêtée là.
Ces mêmes camarades ont préféré, cette fois-ci, ne pas tenter d’organiser la moindre manifestation dans notre ville, préférant aller « donner leur sang pour Gaza » de manière confidentielle, en sachant pertinemment que les Gazaouis n’ont pas besoin de sang et que, même s’ils en avaient besoin, ce sang français ne leur parviendra jamais.
C’est pourquoi j’ai emmené trois copains à la métropole la plus proche pour aller tenter de sauver l’honneur perdu des non-Musulmans. Ce qui m’avait convaincu à faire ce geste minimal, c’était la phrase terrible prononcée hier par la Reine Rania de Jordanie, une femme belle, intelligente, active – et palestinienne - : « Le silence sur Gaza, c’est de la mécréance ».
En défilant avec 2990 musulmans et musulmanes, qui, entre « Israël assassin » et « Gaza résistance », criaient « Il n’y a de Dieu que Dieu » (slogan le plus repris), je me suis demandé combien de temps encore j’allais pouvoir résister à l’appel de l’Islam et rester un compagnon de route des musulmans libres et actifs tout en gardant mes convictions de laïc agnostique.
Et je sentais une profonde compréhension pour tous ces convertis qui défilaient au milieu des « musulmans de souche ». Eux ont été tellement dégoûtés par l’hypocrisie et la vacuité dominantes de la laïcité-progressiste-démocratique-humaniste-libertaire dominante qu’ils ont choisi l’Islam comme on choisit son camp dans une guerre.
Résistance ou collaboration, telle est l’alternative, en Palestine comme partout ailleurs, même ici, entre McDo et Monoprix. Jusqu'à quand allons-nous laisser les Musulmans résister seuls ? Jusqu'à ce qu'on nous traite nous-mêmes comme on les traite, eux et elles ?

 


 

Nouvelles Internationales: Le monde arabe face à la situation à Gaza : silence et impuissance.

Par Abed Charef |Bakchich |31|12|2008

La « rue arabe » manifeste contre l’opération militaire israélienne à Gaza. Comme un symbole d’impuissance, selon Abed Charef, journaliste et écrivain algérien.Impuissance pour les uns, indifférence pour les autres : le silence des pays arabes face à ce qui se préparait à Ghaza est aussi douloureux que le crime israélien lui-même. Ce silence est également révélateur d’un monde qui se montre, non seulement incapable d’influer sur le cours de sa propre histoire, mais se retrouve, désormais, dans l’incapacité de freiner sa propre dérive.


A Ghaza, le crime se préparait publiquement. Les Israéliens n’ont strictement rien caché. Il faut reconnaître qu’ils avaient bien préparé le terrain. L’embargo contre Ghaza avait fini par lasser les militants les plus opiniâtres, et le monde s’était détourné des malheurs des habitants de cette région du monde. Israël avait imposé cette image du palestinien assiégé, isolé, mis sous embargo, soumis à de multiples pressions et aux pires marchandages ; une image qui ne choquait plus personne, en fin de compte.

Victoire psychologique pour Israël

Cette victoire psychologique ouvrait aux Israéliens la possibilité de passer à une étape supérieure. Ils l’ont préparée de manière ouverte, ne maintenant le suspense que sur l’heure du crime. Ont-ils informé l’Egypte, comme le rapporte la presse israélienne, ou bien ont-ils gardé le secret, comme l’affirment les officiels égyptiens ? Toujours est-il que le doute ne sera jamais levé. D’une manière ou d’une autre, les Israéliens ont joué un sale tour à l’Egypte qui n’arrivera jamais à convaincre de sa bonne foi.

Mais est-ce important aujourd’hui ? Que ferait autrement cette Egypte ? Dénoncer peut-être. Menacer. Mais sa réaction n’irait guère plus loin, car c’est un pays qui a été non seulement défait, mais qui a accepté sa défaite. C’est le plus dur. Car une défaite peut être surmontée. Mais admettre la défaite pousse à la résignation, puis à une volonté d’accepter l’inacceptable. Parce que se rebeller constituerait une « aventure » incertaine.

L’Egypte piégée

Ceci ne concerne pas uniquement l’Egypte, mais c’est valable pour l’ensemble des pays arabes. Ceux-ci ont perdu toute capacité d’agir, de prendre l’initiative ou d’anticiper. Plus que leur silence, c’est donc leur impuissance, individuelle et collective, qui devient un handicap majeur.

Dans une telle situation, il ne sert plus à rien de faire la différence entre des peuples arabes, supposés solidaires et engagés, et des pouvoirs défaits, défaitistes, se résignant à accepter ce que leur imposent les autres. Cette ligne de démarcation ne tient plus. Les peuples eux-mêmes sont aujourd’hui défaits et la résignation commence à les gagner. D’autant plus que des forces autrement plus puissantes et mieux organisées agissent pour les maintenir en l’état, alors qu’eux-mêmes gardent, dans le meilleur des cas, des schémas de mobilisation et d’organisation d’un autre temps.

Lutte absurde

Les Palestiniens eux-mêmes n’ont pas échappé à cette descente aux enfers. Pris dans une spirale destructrice, ils se sont engagés dans une lutte absurde qui les a largement détournés du front principal, en fait, le seul. La veille du crime israélien, un dirigeant du Hamas se baladait à travers les chaînes de télévision du monde entier pour dénoncer les agissements des services spéciaux palestiniens ! Pendant que les vrais services de renseignements, ceux d’Israël, se frottaient les mains, en préparant leur agression, les dirigeants du Hamas et ceux du Fatah étaient pris dans une polémique dévastatrice.

Est-il opportun de remuer le couteau dans la plaie, en rappelant ces dérives dans des moments aussi dramatiques, alors que les Palestiniens ont d’abord besoin d’aide et de solidarité ? Peut-être pas. Personne ne met en cause la combativité des Palestiniens, la vitalité de leur jeunesse, la volonté de combattre qui anime ce peuple, encore moins l’esprit de sacrifice qui l’anime.

Mais en réalité, les Palestiniens se trouvent exactement dans la même situation que les pays arabes. Alors qu’ils présentent un capital de mobilisation exceptionnel, ils sont, eux aussi, réduits à l’impuissance, en raison des déficits politiques et d’organisation. Leurs dirigeants ne semblent plus en mesure de prendre la distance nécessaire pour discerner l’ennemi de l’allié, et de fixer des priorités. Le résultat obtenu est, en fin de compte, dérisoire face aux sacrifices consentis.

Silence arabe ? Complicité ? Indifférence ? Peut-être y a-t-il un mélange de tout cela, ce qui a facilité le crime israélien.

Les Palestiniens doivent, désormais, en tenir compte. C’est un élément de la lutte. Personne ne les appuiera. Ils doivent l’admettre, une fois pour toutes. Comme ils doivent admettre que l’unité nationale est une arme décisive de leur lutte, et non un slogan de propagande.

 


Nouvelles Internationales: Le Nouvel an d'El Qods et de Bethléem

Par Remmas Baghdad |Forums de l'ASSIO|29|12|2008


Enfants de Gaza, je n’ai que ces écrits, si légers et si infimes, devant tant de douleur.  

Génocide à Gaza.

Un silence assourdissant désigne l’apathie des régimes arabes qui signent là encore une autre mansuétude indigne. L’indifférence complice de la communauté internationale qui assigne à mort l’existence de tout un peuple. Enfant de Gaza ne pleure pas, n’écoute pas les balles qui sifflent, des bombes qui giflent les maisons des humbles. Déroule à nouveau l’étendard, défie les chars lance tes dards car ton combat est pur.


Souviens-toi du sommeil des sots, des condamnations des dévots, de la trahison des suppôts. Résiste au désespoir, ravive la victoire car tu illustres la mémoire et tu écris l’Histoire des braves. Reprends tes jeux, ne détourne pas les yeux. Le printemps ressuscitera.
Nos gouvernants vont se réunir pour se désunir et signer la déclaration de leur légendaire impotence devant les assaillants, les souillures, les sales. Non, enfant de Gaza cette lâcheté ne te fera pas plus mal car le courage que tu étales fait râler tes ennemies d’impuissance à dompter ton idéal. Désarmé face à tant de répugnances, on s’abreuve de ta résistance et de ton courage si vital qui tissent l’épopée d’une grande trame, celle d’El-Qods, de Bethléem,  de Jérusalem.

Nouvelles Internationales: Au moins 205 morts dans des raids aériens à Ghaza: Israël a entamé la «solution finale».

Par K.Selim |Le Quotidien d'Oran|27|12|2008
Au moins 205 morts dans des attaques aériennes menées, hier, par Israël contre Ghaza. Au moment de la sortie des classes afin d'avoir le maximum d'impact. Il n'y avait aucune surprise : l'agression était annoncée depuis plusieurs jours par les dirigeants israéliens. La chaîne très saoudienne Al-Arabiya avait donné la parole à Ehud Olmert pour qu'il menace la population de Ghaza. L'histoire retient déjà que la ministre des Affaires étrangères de l'Etat hébreu, Livni, avait annoncé ce carnage, jeudi, au Caire, après une rencontre avec Hosni Moubarak. Sans reprendre la thèse du « complot orchestré » avancé par un responsable du Hamas, il faut faire des constats simples. Israël a publiquement annoncé ces attaques et parfois à partir du sol arabe, il n'y a eu aucun dirigeant arabe « responsable » pour dire que cela aura un coût. A Tel-Aviv, on a décodé le silence : feu vert pour écraser le Hamas, y compris par la destruction de Ghaza !
Avant de s'écoeurer devant l'attitude des Occidentaux qui discourent à n'en plus finir sur les phénoménales «roquettes» du Hamas et sur les Palestiniens qui auraient «commencé les premiers», il faut établir le constat froid d'une innommable complicité, passive pour ne pas dire plus, des dirigeants arabes. Mahmoud Abbas et sa cour ont depuis des mois considéré le Hamas comme l'ennemi et l'organisation terroriste de Tel-Aviv comme un allié. Les régimes arabes ont plus ou moins suivi cette spécieuse approche. Il ne faut pas être un grand stratège pour le comprendre. Ce sont les Palestiniens libres, ceux qui se refusent à l'indignité de devenir des supplétifs, qui sont les ennemis. C'était le cas du Fatah hier, c'est le cas du Hamas d'aujourd'hui. Par une terrible perversion, la caste corrompue du Fatah qui entoure Mahmoud Abbas a abandonné la ligne nationale et elle est, au moins moralement, responsable du carnage d'hier. Nabil Abou Roudeina, porte-parole de l'Autorité palestinienne, a indiqué que Mahmoud Abbas condamnait les attaques et qu'il a pris des « contacts urgents avec plusieurs pays arabes et autres pour faire cesser l'agression lâche et les massacres dans la bande de Ghaza ».

Discours creux
Le discours du chef de l'Autorité palestinienne sonne creux. Les jeux politiciens des « négociateurs » palestiniens dans un contexte aussi dramatique entérinent le désastre politique, social et économique. La Ligue arabe qui avait pourtant décidé, sans passer aux actes, de ne plus accepter l'embargo sur Ghaza, partage cette responsabilité. De manière quasi rituelle après chaque massacre, elle va tenir, aujourd'hui, une « réunion d'urgence » pour examiner les raids israéliens contre Ghaza. On évoque aussi un sommet. L'attitude des officiels arabes est veule. Un responsable du Hezbollah libanais, Hachem Saffieddine, a résumé la chose de manière concise et forte. « Les Américains ont pris la décision, les Israéliens l'ont exécutée et les Arabes ont été complices ».

Les Occidentaux ont multiplié les déclarations cyniques en insistant gravement sur les pauvres «roquettes» du Hamas. Bush a fait mine de prier Israël d'éviter de faire des victimes civiles en prenant Hamas pour cible. Comme l'administration américaine connaît parfaitement la configuration de Ghaza, cela correspond à donner carte blanche aux dommages collatéraux. Ce ne sont là que de regrettables péripéties, la vie d'un pauvre arabe n'ayant aux yeux de ce monde strictement aucune valeur. Les déclarations européennes sont du même tonneau. Un discours très « civilisé » qui sert de justification à la barbarie.

La région de Ghaza est le territoire le plus densément peuplé de la planète. Ce territoire est sous embargo depuis plus de dix-huit mois. Il ne reçoit pas le minimum vital nécessaire pour assurer le fonctionnement de base des services de santé.

Le siège de Ghaza n'est qu'un développement dans ce qu'endurent les Palestiniens depuis soixante ans. Ce peuple arabe, victime d'un vol en bonne et due et forme, est nié dans son existence au nom d'une idéologie aussi mensongère - un mythique Etat biblique - que purement raciste, fondée sur la suprématie d'une population allogène au nom d'une appartenance religieuse. En toile de fond omniprésente, l'extermination des juifs d'Europe par des Occidentaux justifiant l'éviction et la dépossession des Palestiniens. De fait, les sionistes ont été à la meilleure école : le bantoustan de Ghaza est clairement une stratégie des ghettos revisitée. A la différence de leurs maîtres nazis, les sionistes volent et tuent avec la bénédiction des puissances dominantes, dans l'indifférence glacée de leur Civilisation et l'indignation de pure forme de la plupart des régimes arabes.

Hier dans les médias occidentaux, les bombardements aériens sont présentés comme la réplique logique aux fameux missiles palestiniens. Encore une fois, le bourreau et la victime sont logés à la même enseigne. Que Ghaza, et son million et demi d'habitants, soit étranglée par un siège inhumain paraît aller de soi, les donneurs de leçons l'évoquent du bout des lèvres. Que les pseudo-négociations de paix ne couvrent que la prolifération des colonies est rapidement mentionné au détour d'une chronique. Il s'agit pourtant d'une violence insupportable. Mais, à l'évidence, pour les porte-parole de la désinformation civilisée, le carnage n'est qu'une opération de maintien de l'ordre et de démantèlement d'une organisation « terroriste ».

La Voix du Bled

On croirait entendre la « Voix du Bled » avec cinquante ans de retard, le discours est identique et les justifications pro-sionistes procèdent directement du registre de l'argumentaire colonial. Qui parmi les anciens ne se souvient des slogans coloniaux entre « paix des braves » et « la seule négociation c'est la guerre », le tout dans une logique de fuite en avant et de négation du fait national. Et ce qui reste sous-jacent est toujours la volonté obsessionnelle des colonies de peuplement qui consiste à nier purement et simplement l'histoire de la terre volée. La force des armes étant l'argument unique pour justifier la domination.

Mais en dépit de l'asymétrie des forces militaires en présence (« Donnez-nous vos avions, nous vous donnerons nos couffins», disait Ben M'hidi), on sait aussi comment cela finit. La domination sioniste connaîtra le même sort. Rien ne peut être construit sur l'injustice car la résistance des peuples est une force infiniment supérieure.

Le prix est certes élevé, la supériorité matérielle de la «Civilisation» est telle que le coût humain de la libération est exorbitant. Les parallèles avec l'histoire des luttes anticoloniales avec ses avancées et ses reculs - et parfois ses trahisons - sont lisibles. Il reste que le Fatah de Yasser Arafat n'est pas condamné à errer, pour complaire à Bush ou pour la fausse respectabilité conférée par les gouvernements occidentaux, sur la voie sans issue du MNA algérien ou de l'Inkatha d'Afrique du Sud.

Sur Al-Jazira, Mustapha Barghouti a appelé Mahmoud Abbas à cesser de participer à la farce des négociations. Face à ce qui apparaît comme l'alibi des Israéliens, ce serait l'option la plus flagrante. Comment discuter avec ceux qui massacrent vos populations ?

Les colonialistes israéliens ont raison de dire qu'il ne s'agit que du début. Leur déclaration qui se veut menaçante est l'expression d'une vérité que les voleurs et assassins sionistes reconnaissent en leur for intérieur. L'apartheid religieux et le vol des terres ne peuvent constituer une base viable pour la pérennité d'un Etat de fait fondé sur la force. Ce n'est effectivement qu'un début, le combat pour la justice, le droit et la liberté du peuple palestinien ne sera achevé que lorsqu'une paix juste sera enfin atteinte. Les martyrs du 27 décembre font partie de la liste interminable de ceux qui par leur sacrifice pavent le chemin de la Libération.

Nouvelles Internationales: C'est le pire endroit au monde: Un ex-détenu algérien raconte Guantanamo.

Par Salah C |Le Quotidien d'Oran|18|12|2008
Arrivé mardi à Sarajevo, la capitale bosniaque, en provenance de Guantanamo où il était détenu depuis près de 7 ans en compagnie de 6 de ses compatriotes pour avoir été soupçonnés de préparer un attentat contre l'ambassade US à Sarajevo, Mustapha Aït Idir, âgé de 43 ans, un ressortissant bosniaque d'origine algérienne, au même titre que deux des ex-détenus, Mohamed Nechla, 40 ans, et Hadji Boudella, 43 ans, a déclaré hier au journal Dnevni Avaz que «pendant presque sept ans, j'étais au bout du monde, au pire endroit au monde». M. Aït Idir a ajouté que «c'est particulièrement difficile lorsque l'homme est entièrement innocent ».Les trois hommes font partie d'un groupe de six résidents bosniaques d'origine algérienne arrêtés fin 2001 par les autorités bosniaques qui les soupçonnaient de préparer un attentat contre l'ambassade américaine de Sarajevo, avant de les transférer en janvier 2002 vers le camp de détention de la base navale américaine de Guantanamo, à Cuba. Près de sept ans après l'ouverture de cette prison, un juge américain, Richard Leon, a reconnu en novembre dernier que «cinq de ces six hommes y étaient enfermés illégalement » et a ordonné qu'ils soient libérés. A noter que ces libérations sont les premières effectuées par l'administration américaine sur ordre de la justice.

Comme réaction à cette libération, des responsables politiques musulmans bosniaques ont salué la libération des cinq hommes et réclamé que des dirigeants bosniaques, relevant d'une coalition de centre-gauche, de l'époque qui les avaient été livrés aux Etats-Unis répondent de leurs actes. Un de ces dirigeants, le président du principal parti musulman bosniaque, le Parti de l'action démocratique (SDA, nationalistes, au pouvoir), Sulejman Tihic, a déclaré au journal Dnevni Avaz que «le fait que les autorités américaines aient eu le courage de reconnaître qu'ils ne sont pas coupables est une grande chose ». De son côté, le vice-président du SDA, Bakir Izetbegovic, a affirmé au même journal que «leur libération est surtout bonne pour la Bosnie car elle confirme qu'il n'y a pas de cellules terroristes ici ».

Interrogé sur les conditions de la remise des 6 ressortissants à l'administration américaine, le Premier ministre bosniaque de l'époque, Zlatko Lagumdzija, a déclaré hier à la presse que «son gouvernement avait agi à l'époque sous la menace de Washington ». Il a affirmé que par la décision de remettre les suspects au contingent de la force internationale du maintien de la paix, déployée dans le pays, «le gouvernement avait évité une effusion de sang dans les rues de Sarajevo ». Il a précisé que «les militaires de la force internationale étaient alors prêts à s'attaquer à la police bosniaque pour récupérer les six hommes».

Par ailleurs, un responsable du secrétariat à la Défense américaine a précisé mardi à Washington que «concernant les deux autres détenus, dont la libération a été ordonnée par la justice américaine, Lakhdar Boumediene, 42 ans, et Saber Lahmar, 39 ans, ils devraient être transférés vers l'Algérie, alors que le sixième détenu du groupe bosniaque, Belkacem Bensayah, 46 ans, s'est vu, lui, refuser sa libération».

A leur arrivée à Sarajevo, les trois ex-détenus de Guantanamo ont été reçus au siège des services de renseignements, SIPA, pour un entretien de vérification de leur identité. A l'issue de cette procédure, un officier de police a déclaré aux journalistes que «tous ont été autorisés à rentrer chez eux».

 

 


 

Nouvelles Internationales: Sahara occidental et visite de Tzipi Livni à Rabat. Le Maroc s’agenouille devant Israël.

Par M.Abi |Le Jour d'Algérie|16|12|2008|  
L’annonce de la visite prochaine de la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni au Maroc a créé une certaine polémique parmi la classe politique du pays de Mohamed VI. Les dessous de cette visite restent indéterminés, même si les jeux troubles dans lesquels le palais royal excelle peuvent donner certaines idées sur ce voyage et les buts recherchés par l’arrivée de celle qui a succédé à Ehud Olmert à la tête du parti israélien Kadima.La date ne serait pas fortuite puisque cette visite coïnciderait avec la fin du mandat de George Bush et le début de celui de Barack Obama, avec l’éventuelle relance des négociations entre le Front Polisario et le Maroc. Une visite qui pourrait précéder  certaines perspectives pour le pouvoir marocain qui ne peut ignorer que l’actuelle première responsable de la diplomatie israélienne pourrait succéder, encore une fois, à Ehud Olmert mais, cette fois, à la tête du premier ministère. C’est le quotidien israélien de grande audience, Haaretz, qui a donné l’information, il y a quelques jours, sur la prochaine visite de la ministre israélienne au Maroc. Une information que le palais royal n’a ni confirmé ni infirmé. Ce qui pourrait dénoter d’une certaine gêne de la part des autorités marocaines, tentant de ménager une partie de l’opinion publique marocaine qui pourrait être contre cette visite, et évitant de «froisser» les autorités israéliennes qui pourraient être qualifiées d’«alliées» au pouvoir marocain en place. Ce qui n’a pas empêché le mouvement de l’unification et réforme marocaine (Harakate Ettawhid Wa El Islah El Maghribia) d’exprimer son refus de cette visite. Ce mouvement a dénoncé récemment cette visite. Le palais royal s’est, quant à lui, obstiné dans son mutisme, laissant libre cours à toutes sortes de lectures, dont celle selon laquelle les autorités marocaines sollicitent, par un rapprochement qui, faut-il le noter, ne date pas d’hier, l’aide des autorités israéliennes dans le dossier du Sahara occidental. Une visite d’un ministre, de surcroît symbolique, devant être préparée depuis quelque temps, il est fort probable que ce voyage a été envisagé avant le blocus inhumain imposé à Ghaza, privant une population de 1,5 million d’habitants des conditions de vie les plus élémentaires. Ce qui pourrait expliquer la gêne ressentie par le palais royal qui cherche à éviter le retournement de l’opinion publique marocaine contre lui, tout en s’attachant à l’aide israélienne dans le dossier du Sahara occidental. Le pouvoir marocain entretient des relations régulières avec Israël qui disposerait même d’un bureau de représentativité dans ce pays. Des relations qui n’ont jamais été mises en cause même aux plus dures épreuves endurées par le peuple palestinien. 

 

Nouvelles Internationales: Qui est l'homme qui a lancé ses chaussures sur Bush?

Par Zineb Dryef et Pascal Riché |Rue 89|15|12|2008

Mountazer al-Zaïdi, correspondant de la télé irakienne Al-Baghdadia, est en passe de devenir un héros dans le monde arabe.

Qui est l'homme qui a lancé une, puis deux chaussures sur George W.Bush, hier lors de la conférence de presse que le président des Etats-Unis donnait, en compagnie du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki? Première réponse: un type plutôt chanceux. Il a pris le risque d'être descendu dans la seconde par les agents du Secret Service, chargés de la protection du président, mais ceux-ci, en professionnels extrêmement bien formés, ont eu le flair de ne pas tirer. Deuxième réponse: l'homme est un journaliste, qui a fait le choix de sortir de son rôle de journaliste. Il s'appelle Mountazer al-Zaïdi, (voir sa photo ici), il est le correspondant de la télé sunnite irakienne Al-Baghdadia, basée au Caire.

 

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Alors que le président américain pronostiquait une victoire proche, le journaliste a hurlé «Voici un cadeau des Irakiens. C'est le baiser de l'adieu, espèce de chien!» et lui a lancé dessus ses chaussures, l'une après l'autre, en continuant de crier:

"De la part des veuves, des orphelins, et de tous ceux qui ont été tués en Irak!"

Le président américain a esquivé les chaussures. Il a ensuite plaisanté:

"Tout ce que je peux vous dire, c'est que c'était du 43".

Le geste, plutôt inhabituel, est d'une force symbolique extrême, d'autant plus qu'il est associé à l'insulte suprême dans le monde arabe: "chien". Immédiatement embarqué par les agents de sécurité, Mountazer al-Zaidï est actuellement entre les mains de la police irakienne.

La chaîne irakienne pour laquelle il travaille a immédiatement réagi. Sur une vidéo postée sur son site internet, AlBaghdadia réclame la libération de son envoyé spécial au nom de la démocratie et de la liberté d'expression promises par les Américains et le nouveau régime:

"N'importe quelle mesure prise contre lui rappellerait ce qui se passait sous la dictature de Saddam Hussein: la violence, les arrestations arbitraires et le temps des fosses communes. Nous demandons à nos confrères des autres médias de nous soutenir en réclamant sa libération."

En Irak, Mountazer al-Zaïdi est déjà en passe de devenir un héros. Ses anciens confrères rappellent qu'il a été détenu par des miliciens chiites l'année dernière et sur le site de la chaîne irakienne, les commentaires de soutien affluent. Un internaute, Nouri Al-Abidi, le remercie de toutes ses forces:

"Que soit bénie la mère qui t'a portée, tu es un héros, tu nous a redonné de la fierté, nous sommes tous avec toi!"

Dr Nehal évoque "l'un des moments les plus heureux' qu'il lui ait été donné de vivre. Bonheur partagé par Mahamed80:

"Très cher Mountazer, tu n'étais qu'un inconnu...mais en quelques minutes, tu as fais ce que n'importe quel autre arabe rêve de faire depuis des années sans pouvoir le faire."

Sur le site, un grand bandeau rouge appelle à sa remise en liberté.

Après l'incident, Bush a rejoint par hélicoptère Camp Victory, pour remercier les troupes américaines et vanter la conduite récente de la guerre qui restera, dit-il "l'un des plus grands succès de l'histoire militaire des Etats-Unis":

"L'Irak où nous sommes aujourd'hui est beaucoup plus libre, beaucoup plus sûr et bien meilleur que celui que nous avions trouvé il y a huit ans".

 


Nouvelles Internationales: Procès d'un diplomate tunisien jugé pour tortures.

Par Christophe Boltanski |NOUVELOBS.COM |13|12|2008|

C’est un procès historique qui se tiendra lundi 15 décembre à Strasbourg. Pour la première fois, un diplomate sera jugé en France au titre de la compétence universelle. Ancien commissaire de police à Jendouba, une ville du nord-ouest de la Tunisie, Khaled Ben Saïd, est accusé "d’actes de barbaries et de tortures" commis dans le cadre de ses fonctions. Sa victime présumée, Zoulaikha Gharbi, a bataillé sept ans pour le traduire en justice. Voici son histoire.
Les policiers tunisiens sont des habitués de la maison. Ils débarquent régulièrement chez-elle à l’improviste. De préférence la nuit ou les soirs de fêtes, des fois que son mari serait revenu… Ils la convoquent aussi au commissariat. Mère de cinq enfants, Zoulaikha Gharbi habite Jendouba, une ville située à 180 km au nord-ouest de Tunis. A chaque fois, elle doit répondre aux mêmes questions : où est son époux ? Lui rend-il visite en cachette ? Envoie-t-il de l’argent ? Dans le cas contraire, qui subvient aux besoins de la famille ? Elle répond qu’il est à Paris, qu’il y a obtenu l’asile politique. Ils savent d’ailleurs déjà presque tout de lui, de son appartenance au mouvement islamiste en-Nahda, de sa fuite en Algérie, toute proche, en 1992, de son arrivée en France un an plus tard.
Le vendredi 11 octobre 1996, à 17 heures, les voilà de retour. Deux voitures. Des policiers en civils à l’intérieur, d’autres en uniforme devant la porte. Cette fois, ils l’emmènent. Elle s’inquiète. Elle est seule avec son fils de quatre ans. "Ils m’ont dit : pas de problème, tu ne vas pas rester longtemps". Au premier étage du commissariat, un homme lui retire son voile avec le bâton qu’il tient à la main. "Chez nous les femmes ne portent pas le foulard". Il lui tape dessus avant même de lui demander quoi que ce soit. Ses agents la déshabillent, lui attachent les mains aux chevilles, la suspendent à une barre placée entre deux chaises et basculent son corps en avant. Une pratique courante en Tunisie dite du « poulet rôti ». Ils la frappent sur la plante des pieds, la pince, la griffe. Insultes, coups, attouchements. Et toujours les mêmes questions, suivies des mêmes réponses. Zoulaikha Gharbi n’a pas grand-chose à cacher. Le lendemain, vers 15 heures, elle est libérée.
Dans un premier temps, elle garde le silence comme les quatre femmes interrogées en même temps qu’elle. D’autres épouses d’islamistes. "Lorsque je les croisais dans la ville, je faisais comme si je ne les avais jamais vues". Elle ne dit presque rien à ses proches, par honte, par peur. "Ton dossier est ouvert. On peut te ramener n’importe quand", l’a prévenu l’officier avant de la relâcher. Il faut se taire, oublier. A qui se plaindre ? "Aucun médecin n’aurait accepté de me faire un certificat". Et qui dénoncer ? En Tunisie, comme ailleurs, les tortionnaires restent anonymes. Les victimes ne connaissent que leur visage, leurs cris, leurs poings, leur surnom à faire peur : "Bokassa", "l’Ogre", "le Gorille"…
Mais Jendouba est une petite ville. En juin 1997, à la fête de l’école, l’homme est là, sans son bâton, sans ses agents, en père de famille. "Son fils était dans la même maternelle que mes deux derniers enfants. Je l’ai reconnu tout de suite. Je me suis cachée". Tout à sa progéniture, il ne la remarque pas. Quatre mois plus tard, elle le retrouve assis derrière un bureau dans un autre local de la police, avenue des Palmiers. Elle vient chercher son passeport obtenu de longue lutte. Elle va enfin pouvoir quitter la Tunisie, retrouver son mari, vivre sans la crainte d’être arrêtée. Et c’est son bourreau qui lui délivre son sauf-conduit, son ticket pour la liberté. Cette fois, l’homme se souvient d’elle. "Tu ne m’as jamais vu avant. Tu n’as jamais été dans l’autre commissariat", prévient-il. "J’ai répondu : non, je n’ai jamais été là-bas". En bas du document, il appose sa signature, son nom, Khaled Ben Saïd, et sa fonction, commissaire de police.
Réfugiée à Paris, Zoulaikha Gharbi entame une nouvelle vie. Son passé une fois de plus la rattrape. En 2001, elle apprend que Khaled Ben Saïd est vice-consul de Tunisie à Strasbourg. Elle porte plainte au titre de la compétence universelle. Commence un très long combat juridique. "On a eu une chance assez exceptionnelle que ce dossier aboutisse", déclare son avocat, Eric Plouvier. Erreurs, anomalies, retards se succèdent. "On a tout fait pour que l’instruction traîne", selon Me Baudoin, avocat de la FIDH (Fédération internationale des droits de l’Hommes) et partie civile dans le procès (voir son interview). Première bourde : le 2 novembre 2001, le commissaire de la brigade criminelle de Strasbourg, Philippe Dassonville, téléphone à Khaled Ben Saïd pour le prévenir qu’une plainte a été déposée contre lui et qu’il va être bientôt entendu. L’enquête n’en est pourtant qu’à un stade préliminaire. Alerté, le vice-consul prend la fuite. Quand le juge émet en février 2002 un mandat d’arrêt à son encontre, il a quitté le territoire français depuis longtemps. A son domicile strasbourgeois, les policiers ne trouvent aucune photographie, aucun papier personnel permettant de l’identifier. "Il déteste les photos", explique son épouse, Hassina Ben Saïd. Interrogée par le juge, elle reconnaît que son mari était commissaire de police au ministère de l’Intérieur tunisien et a effectué "des missions à Jendouba de 1995 à 1997". Reste sa fiche établie par le ministère français des Affaires étrangères et remplie de sa main. C’est la même écriture que celle figurant sur le passeport de Zoulaikha Gharbi. Le juge demande aux policiers français de coopérer avec leurs homologues tunisiens. La commission rogatoire internationale ne sera jamais exécutée, malgré l’existence d’un traité d’entraide judiciaire entre les deux pays. Des années plus tard, le parquet va requérir un non-lieu puis demander un complément d’information. Mais Me Plouvier et sa cliente tiennent bon.
L’accusé n’est qu’un simple rouage du régime de Ben Ali. "C’est un tortionnaire ordinaire comme il y en a des centaines en Tunisie", déclare Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH. La torture, limitée sous Bourguiba aux caves de la DST, à Tunis, s’est, selon elle, "banalisée" sous son successeur. "Aujourd’hui, elle se pratique partout. Dans n’importe quel commissariat, on sort de l’armoire un tesson de bouteille, une corde, un bâton". L’avocate tunisienne et militante des droits humains, Rhadia Nasraoui, le confirme : "Il y a eu des dizaines de cas d’épouses d’islamistes harcelées, torturées, terrorisées. La torture touche tout le monde". Elle a pu le constater encore récemment dans la région de Gafsa secoué par un conflit social depuis près d’un an. "Tous les détenus du bassin minier et ils sont plus de 200, ont été torturés. Ils sont arrivés au tribunal avec des traces de coups, de brûlures sur le corps".
Khaled Ben Saïd ne sera pas présent à son procès. De retour dans son pays, il aurait retrouvé son travail au ministère de l’Intérieur. Selon des rumeurs, il serait commissaire à Hammamet, le lieu de villégiature du Président. En France, il est toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt, mais qui étrangement n’a jamais été diffusé au niveau international. Son avocat, Olivier Solichon déclare ne pas être "autorisé à communiquer dans ce dossier". Même silence du côté des autorités tunisiennes. Un responsable sous couvert de l’anonymat s’est contenté de qualifier ces accusations de "totalement imaginaires".

 


 

Nouvelles Internationales:Rencontre avec des Algériens de Tokyo.

Par Mokrane Aomer Mohellbi |L'Expression |11|12|2008|

Même à Tokyo on peut rencontrer des Algériens qui y évoluent sans complexe mais, surtout, y ont gagné leur place. Ce qui, au pays du Soleil-Levant, n’était guère évident. Nous avons pu rencontrer quelques-uns de ces spécimens, de «l’Homo algérianus».

Difficile d’obtenir un rendez-vous avec les Algériens vivant au Japon. Pourtant, dès le premier appel téléphonique, ils ont exprimé une grande volonté de nous rencontrer, ne serait-ce que pour apaiser leur nostalgie. La première communication a été effectuée avec El Hocine Tasseda. Ce dernier, tout en émettant le voeu de s’entretenir avec un journaliste algérien, a toutefois expliqué qu’il ne serait pas facile de se libérer compte tenu de son emploi du temps surchargé. Le jour, il est étudiant à Tokyo University of Marine Science and Technology et la nuit, il travaille jusqu’à une heure du matin. C’est dire à quel point le rythme de vie est trépidant au Japon. Notre interlocuteur a expliqué, en revanche, qu’il allait fournir des efforts afin de pouvoir se libérer, lui avec d’autres Algériens, pour au moins se rencontrer une fois.
Après plusieurs appels et autres reports, il nous a été enfin possible de rencontrer, enfin, à la veille de notre retour, ces Algériens si affairés. La rencontre a eu lieu dans un restaurant italien, à deux stations de métro de notre lieu de résidence, à Yutsuya-Shinjuku.
El Hocine qui prépare un master en technologie maritime était en compagnie de deux autres Algériens, Yassine Mazari et Hamid Laga. «Les autres ne peuvent pas venir compte tenu de la charge du travail», explique El Hocine comme pour s’excuser lui et les absents. A trente ans, El Hocine paraît plus jeune. Il faut dire que le régime alimentaire au Japon est ce qu’il y a de plus bénéfique à la santé.
Les Japonais ne se nourrissent que de poissons et de légumes. La viande est presque indésirable.
Pour des raisons traditionnelles, les Japonais ne portent pas dans leur coeur la viande. Cette aversion a été accentuée quand la médecine moderne a démontré que l’excès de consommation de la viande pouvait provoquer plusieurs maladies. Nos trois compatriotes se sont certes adaptés à la nourriture japonaise mais rien n’empêche, de temps à autre, une petite entorse au régime, permise, comme cela a été le cas le jour de notre rencontre lorsque le choix de l’endroit a porté sur un restaurant occidental. Aussi occidental soit-il ce restaurant ne sert pas de pain comme la quasi-totalité des restos au Japon, explique El Hocine.
Ce dernier était étudiant à l’Institut national des hydrocarbures de Boumerdès. Après trois ans, il change de cap, choisissant de devenir officier de navigation. Comme il est major de promotion, il postule pour une bourse d’études à l’étranger. La première fois, son dossier était incomplet. Idem pour la deuxième fois. Ce n’est qu’au bout d’une troisième tentative qu’El Hocine a pu enfin atteindre son objectif. C’était en avril 2006. Comment étaient les premiers jours au Japon pour El Hocine? «Les premiers temps, c’était difficile surtout à cause du problème linguistique. Ne pas parler la langue japonaise est un véritable obstacle pour toute personne désirant étudier ou travailler ici. Même les universitaires ne parlent qu’en japonais. Il n’ y a que les étudiants en langues étrangères qui peuvent s’exprimer dans une seconde langue», affirme El Hocine. Ce dernier indique qu’à son arrivée, il a eu de la chance car juste après son établissement dans la résidence universitaire, un étudiant d’origine tunisienne l’a vite contacté et lui a dit «qu’il pouvait le solliciter à chaque fois que de besoin».
El Hocine a eu la chance d’avoir été hébergé dans une cité universitaire d’étudiants étrangers. Grâce à cela, il a pu surmonter le handicap de la langue. Quant aux études, il affirme ne pas avoir constaté une disparité entre le niveau des Japonais et le sien. Il s’est rapidement accroché au train de vie de Tokyo.
Actuellement, El Hocine est en train de rédiger sa thèse de master et, en parallèle, il travaille dans une compagnie privée.
El Hocine, tout en reconnaissant que sa vie lui plaît beaucoup à Tokyo, avoue cependant sa nostalgie. L’Algérie lui manque même s’il s’y rend une fois chaque année. Il dit ne pas pouvoir rester une seule journée sans consulter les journaux algériens sur le Net. Il explique que le rythme des études et du travail au Japon est difficile mais il le trouve passionnant. En tout cas, c’est mieux que l’ennui. Dans son université, chaque année, il doit rendre des comptes sur les fruits de ses recherches. Autrement, il serait remercié. A-t-il réussi à s’intégrer? «Quand nous arrivons à nous concentrer à fond sur le travail, on peut dire qu’on s’est intégré», répond-il.
A côté de lui, Hamid Laga est le vétéran du groupe. Il vit au Japon depuis huit ans. Lui aussi, il a atterri dans ce pays grâce à ses brillants résultats dans les études. Ce n’est pas du tout facile d’arracher une place au soleil japonais surtout dans le domaine de l’informatique. Pourtant, Hamid l’a fait. A 34 ans, ce jeune d’Azazga, en Kabylie, est docteur d’Etat en informatique. Actuellement, il exerce en qualité de professeur-assistant à Tokyo Institute of technology.
Une fierté pour l’Algérie au pays du Soleil-Levant. Comme quoi, le domaine très délicat de l’informatique n’est pas l’apanage des Japonais qui ont pris une avance phénoménale. «Je suis à Tokyo depuis avril 2000. Je suis venu ici dans le cadre de la bourse du gouvernement attribuée à l’Institut INI de Oued Smar. J’ai postulé pour cette bourse au milieu de mon magister. En arrivant ici, j’ai d’abord étudié six mois de langue japonaise suivie de six mois d’études en recherches technologiques», raconte Hamid. Après quoi, il passe avec succès l’examen d’entrée à l’université pour le master.
Notre interlocuteur indique que les Japonais sont très accueillants avec les étudiants étrangers. Parfois, dit-il, on peut même se sentir gêné car ils sont vraiment aimables. Hamid aussi a eu à affronter le problème linguistique des mois durant: «Au départ, je pensais que les étudiants japonais étaient bilingues, finalement ce n’était pas le cas». Au fil des ans, Hamid a pu s’intégrer tout comme El Hocine. Il a épousé une Chinoise et a tout l’air de couler des jours heureux. «Nous nous sommes connus dans le cadre des études. Avant notre mariage, nous nous sommes mis d’accord sur tous les principes.» Hamid signale qu’il y a plusieurs mariages mixtes entre Japonaises et Algériens et il s’agit d’unions réussies. Les enfants de ces couples mixtes parlent deux langues, le japonais et l’arabe ou le berbère. Avec son épouse, Hamid parle en japonais. Selon lui, la langue ne constitue pas un obstacle pour le mariage. Les coutumes non plus. «Je conçois une carrière internationale. J’aimerais bien que mes enfants parlent en kabyle certes mais si j’avais à choisir, je préfère qu’ils s’expriment facilement en anglais.» Vivre en société japonaise permet aussi de devenir pragmatique.
Les Algériens sont à l’aise au Japon parce qu’ils se sentent chez eux. Ils disent que les Japonais ne sont pas racistes et ils sont toujours curieux de découvrir les étrangers.
Nos interlocuteurs ajoutent qu’au maximum, il y a 170 Algériens vivant au Japon. Aucun clandestin. La communauté algérienne est faiblement représentée. C’est pourquoi, il est impossible de s’organiser en association. Ce n’est pas la seule raison. Le facteur temps empêche aussi les personnes de s’adonner aux activités associatives. «Nous nous voyons rarement», avoue Yassine Mazari, originaire de Béjaïa qui, à 24 ans, vit sa première année au pays du Soleil-Levant.
Yassine est à Tokyo depuis avril 2008 après avoir bénéficié d’une bourse d’études du gouvernement japonais. Il était étudiant à l’Inelec de Boumerdès d’où il est sorti major de promotion en 2007 comme ingénieur.
Dans cet institut, les études se font en anglais. Ce détail a une relation avec la facilité relative dont a bénéficié Yassine afin d’intégrer le monde japonais et capitale mondiale de l’électronique. «J’ai lu une annonce affichée dans notre institut et je me suis dit: pourquoi pas?», affirme Yassine. Comme il est nouveau à Tokyo, Yassine n’a pas beaucoup de choses à raconter sauf qu’il tient à dire qu’il s’y plaît.
Il est studieux et il aime travailler. Pour lui, Tokyo est l’idéal pour celui qui est doté de ces deux qualités. Yassine dit apprécier l’esprit d’organisation du Japon, le sens de responsabilité des Japonais ainsi que le respect entre eux et envers les étrangers.
Nos trois Algériens réfutent la thèse selon laquelle le Japon est une société robotisée. «C’est une société structurée», rectifient-ils à l’unanimité.

 


 

Nouvelles Internationales:Journée internationale contre la corruption.

L’Algérie au bas du tableau

Par Mokrane Ait Ouarabi |El Watan|10|12|2008|

En 2008, l’Algérie occupe la peu reluisante 92e place sur un total de 180 pays avec seulement 3,2 sur 10, indique le dernier rapport de cet organisme rendu public en septembre dernier. Si son classement s’est « amélioré » par rapport à 2007 quand elle occupait la 99e place, l’Algérie demeure parmi les pays les plus touchés par la corruption.

Elle est au même niveau que le Gabon, le Sri Lanka et la Bosnie, surclassée par des pays comme la Colombie, le Mexique (70e), le Pérou (72e), le Maroc (80e), le Sénégal, le Panama et l’Albanie (85es). Même dans le monde arabe, elle n’est pas loin du bas du tableau : elle est à la 9e place sur 22 pays. Elle peut, cependant, se targuer d’être mieux classée que Djibouti et le Liban (102es), l’Egypte (115e), la Libye (126e), la Syrie (147e) ou encore l’Irak en guerre (178e), mais elle est bien loin derrière le Qatar (28e), les Emirats arabes unis (35e) et les autres pays du Golfe et du Maghreb comme la Tunisie (62e). L’Organisation des parlementaires arabes contre la corruption tire la sonnette d’alarme dans un communiqué rendu public hier à l’occasion de la célébration de la Journée internationale contre la corruption qui coïncide avec le 9 décembre de chaque année. Selon cette organisation qui se réfère aux différents rapports établis par des organismes spécialisés, le classement du monde arabe a encore dégringolé. Elle stigmatise les gouvernements des pays arabes qui manquent de stratégie de lutte contre ce fléau, leur demandant de prendre des mesures adéquates pour l’endiguer. L’AALCC appelle, de son côté, les « citoyens intègres » à livrer bataille à ce fléau qui ronge de plus en plus la société. Elle souligne que le gouvernement algérien n’a pas célébré, une nouvelle fois, cette journée dédiée à la lutte contre la corruption, considérant cela comme une preuve on ne peut plus claire d’un manque d’engagement dans cette bataille qui « nécessite la mobilisation de tout le monde ».L’AALCC considère qu’il n’y a pas l’ombre d’un doute que le gouvernement n’a jamais eu « le moindre soupçon de volonté politique de lutter contre la corruption ». Pour elle, si l’Algérie ne célèbre pas cette journée instaurée par l’ONU en 2004, c’est bien parce qu’elle n’a aucun bilan à présenter sur l’application de la Convention des Nations unies contre la corruption.

« Une déflagration sociale... »

Djilali Hadjadj, président de l’AALCC, parle plutôt d’un bilan désastreux pour l’Algérie, cinq années après la signature de la Convention. En d’autres termes, rien n’a été vraiment fait pour juguler ce fléau. Même la loi du 20 février 2006 de prévention et de lutte contre la corruption, avec toutes ses imperfections, n’a toujours pas été appliquée. Pour étayer ses propos, M. Hadjadj évoque l’agence gouvernementale contre la corruption, malgré ses limites réglementaires, qui n’est toujours pas mise en place, le processus de déclaration de patrimoine qui est éclaté et dispersé sans mécanisme de suivi et de contrôle et les modifications apportées au code des marchés, qui descend plus que jamais en deçà des normes internationales en vigueur en favorisant le gré à gré. Faisant état de la situation du pays, l’AALCC estime que le chaos sociopolitique et économique qui y prévaut depuis de longues années a énormément favorisé les conditions de l’explosion de la corruption. L’AACC dénonce ce qu’elle qualifie de « coup de force du pouvoir en place contre la Constitution de 1996 ayant abouti à la présidence à vie pour l’actuel chef de l’Etat ». Cette « réforme » ne va nullement arranger les choses, souligne M. Hadjadj, qui n’exclut pas « l’avènement rapide d’une déflagration sociale sans précédent qui balaiera tout sur son passage ». L’AALCC ne se décourage pas ; elle appelle les Algériens à continuer à se mobiliser pour « construire la démocratie, faire reculer la pauvreté, lutter contre la corruption... » Cela peut se résumer en un « non », estime l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), dans une déclaration rendue publique hier. Pour cet organisme onusien, un mot suffit pour combattre ce fléau : non aux pots-de-vins, aux politiciens corrompus, véreux et malhonnêtes. L’ONUDC a, ainsi, placé sa campagne cette année sous le slogan : « Votre non-compte ». Le rapport de Transparency International (TI) montre, cependant, que la corruption n’est pas moins pratiquée dans les pays développés ou émergents. Ainsi, l’indice de perception de corruption dans les pays exportateurs (ICPE) prouve que le versement de pots-de-vin à l’étranger par des entreprises des puissances économiques émergentes comme la Chine, l’Inde et la Russie est monnaie courante. Dans ce rapport, il est indiqué qu’en Belgique et au Canada, les entreprises s’adonnent moins à cette pratique ; ces deux pays sont en tête du tableau avec 8,8 sur 10. L’Allemagne partage la 5e place avec le Royaume-Uni et le Japon sur un total de 22 pays. La France occupe la 9e place avec les Etats-Unis et Singapour. En bas du tableau, on trouve l’Inde à la 19e place, le Mexique à la 20e, la Chine à la 21e et la Russie à la dernière place avec seulement 5,9 sur 10. Selon le rapport, la corruption touche particulièrement le secteur du bâtiment et des travaux publics ; de nombreuses multinationales versent des dessous-de-table pour obtenir des marchés à l’étranger. Cependant, pour le président de l’AALCC, les résultats de ce rapport sont à prendre avec « précaution ». M. Hadjadj s’étonne, en effet, de l’« honorable position » occupée par l’Allemagne, pourtant secouée par l’énorme scandale de corruption au sein de Siemens, et la Grande-Bretagne qui a été éclaboussée par une affaire de contrats de vente d’armes à l’Arabie Saoudite. Il considère que la corruption n’est pas moins pratiquée dans ces deux pays qu’elle ne l’était en Russie ou en inde.

 


 

Nouvelles Internationales: Mohamed Samraoui et Hicham Abboud convoqués comme témoins.

Par Noureddine Khelassi |La Tribune|01|12|2008|

L’affaire du diplomate algérien Mohamed Ziane Hasseni serait enfin entrée dans le vif du sujet avec la convocation comme témoins des anciens officiers du DRS algérien, le colonel Mohamed Samraoui et le capitaine Hichem Abboud. Les deux hommes, selon des sources concordantes, ont été convoqués par le juge Baudoin Thouvenot, en charge du dossier d’enquête, avec obligation de se présenter devant lui à la mi-décembre. En cas d’absence, le magistrat aurait recours à des mandats d’amener à l’encontre de ces deux témoins qui résident respectivement en Allemagne et en France.

Cette information est notamment confirmée par Hichem Abboud sur son site Internet «Agirpourlalgérie.com». Sans citer son propre nom et celui de son ancien compagnon d’armes, l’ex-chef de cabinet du général Mohamed Betchine à la DGPS, devenue DRS en 1990, indique que les deux témoins précités ont été effectivement convoqués, se félicitant, du coup, de participer lui-même à la manifestation de la vérité. Le rétablissement des faits consisterait alors à établir la véritable identité de Mohamed Ziane Hasseni, victime dans l’affaire d’une homonymie partielle qui lui a valu mise en examen, assignation à résidence et mise sous contrôle judiciaire.
Depuis l’ouverture de l’enquête, l’ex-colonel Mohamed Samraoui, haut cadre du contre-espionnage en avril 1987, date de l’assassinat de l’avocat français André Ali Mécili, a affirmé au juge Baudoin Thouvenot, devant des journalistes français aussi, que Mohamed Ziane Hasseni, directeur du protocole au ministère des Affaires étrangères algérien, serait bien Rachid Ziane Hassani, ancien capitaine de la DGPS et présumé commanditaire de l’assassinat de l’ancien bras droit de Hocine Aït Ahmed, leader du FFS. Quant à Hichem Abboud, aujourd’hui journaliste indépendant, il a toujours défendu la thèse de l’homonymie. Sa conviction personnelle est fondée sur sa connaissance personnelle du témoin Mohamed Samraoui, du mis en examen Mohamed Ziane Hasseni et du présumé commanditaire de l’assassinat d’André Ali Mécili, l’ex-capitaine Rachid Ziane Hassani. Ces témoignages tant souhaités par la défense permettraient au juge Baudoin Thouvenot de se forger une nouvelle conviction, indépendamment des résultats de l’expertise graphologique et du test ADN, auxquels s’est récemment plié Mohamed Ziane Hasseni. S’agissant de l’examen graphologique, les experts ont dû probablement comparer l’écriture de Mohamed Ziane Hasseni et la signature du capitaine Rachid Ziane Hassani, apposée en bas de l’ordre de mission récupéré sur l’assassin présumé d’André Ali Mécili, Abdelmalek Amellou, et dont un fac-similé avait été publié à l’époque par la presse française.
Si les futurs témoignages de Mohamed Samraoui et de Hichem Abboud, contradictoirement appréciés, devaient conforter la thèse de l’homonymie partielle dont est victime Mohamed Ziane Hasseni, le colonel Mohamed Samraoui serait alors en difficulté. Son témoignage, déjà bancal car entaché de doutes du témoin lui-même, et bien qu’il ait été initialement retenu par le juge
d’instruction et ait servi de base à l’accusation, serait alors perçu comme un faux témoignage.


Nouvelles Internationales: Etats-Unis: un juge américain ordonne la libération de 5 Algériens de Guantanamo

Par AFP - Washigton |20|11|2008|
Un juge fédéral de Washington a estimé jeudi que cinq Algériens emprisonnés à Guantanamo étaient détenus de manière illégale et a ordonné leur libération, mais a considéré que la détention d'un sixième était légale.

Le juge Richard Leon a estimé que "le gouvernement avait échoué" à prouver que les cinq hommes prévoyaient de se rendre en Afghanistan pour combattre les forces américaines, comme le leur reprochait l'accusation à l'ouverture de leur procès le 6 novembre, et que par conséquent le tribunal devait "ordonner leur libération".

Les six hommes contestaient leur détention dans le cadre de la procédure dite en "Habeas Corpus", autorisée le 12 juin par la Cour suprême qui a reconnu que les quelque 250 détenus actuellement emprisonnés à Guantanamo disposaient de droits constitutionnels.

La décision du juge fédéral Richard Leon intervient deux semaines après l'élection du démocrate Barack Obama à la Maison Blanche et alors que celui-ci a déjà annoncé son intention de fermer le camp de détention le plus controversé du monde.

Arrêtés en Bosnie où ils résidaient fin 2001, les cinq hommes sont Lakhdar Boumediene, 42 ans, Mustafa Ait Idir, 38 ans, Mohamed Nechla, 40 ans, Hadji Boudella, 43 ans et Saber Lahmar, 39 ans.

Le sixième, Belkacem Bensayah, 46 ans, s'est vu refuser la libération car "le gouvernement a établi (...) qu'il est probable que M. Bensayah ait prévu de se rendre en Afghanistan" pour y combattre les Etats-Unis "et de faciliter le voyage à d'autres dans le même but", a expliqué le juge.

Les charges de complot pour un attentat à la bombe contre l'ambassade américaine de Sarajevo qui pesaient contre les six hommes lors de leur arrestation ont été abandonnées depuis par le gouvernement Bush.

Proche du Parti républicain, Richard Leon est le premier juge américain à mener à terme une procédure en "Habeas corpus". Près de 150 autres doivent suivre.