Par MARIE-CHRISTINE VERNAY ALGER, envoyée spéciale
Libération, 20/07/2009
Critique théâtre. Ville blanche. Abou Lagraa accompagne le renouveau du Ballet d’Alger.
ABOU LAGRAA Compagnie la Baraka, dans le cadre de la cérémonie de clôture du deuxième festival panafricain d’Alger, à Beb el-Oued.
Un danseur, Kouider Naimi, aujourd’hui régisseur général au Ballet national d’Alger, a les larmes qui lui montent aux yeux. Des ouvriers enlèvent le plancher pourri sur lequel il fit ses premières arabesques à l’âge de dix ans.
Disparition d’une époque liée au classique, au dur apprentissage avec des professeurs bulgares et soviétiques. Naimi a encore une photo où il pose avec Maïa Plissetskaïa. «J’ai tellement souffert et aimé ce métier que personne ne comprenait vraiment. Et, au fond de moi, j’ai toujours voulu faire de la danse contemporaine, devenir chorégraphe. Je crois que la venue de Françoise et Dominique Dupuy [figures du renouveau de la danse en France, dans les années 50, ndlr], y est pour beaucoup.» Kouider Naimi espère encore et toujours que l’art chorégraphique aura, un jour, ses lettres de noblesse en Algérie . «Vous savez, poursuit-il, nous avons toujours continué à danser. Pendant les années noires, nous partions en bus et allions sur le territoire même des terroristes. Ça passait ou ça cassait. C’était de la provocation et je suis vivant, c’est inouï, on a gagné. Parce que la danse, ce n’est pas si facile, même dans ma famille, c’est déjà un combat.»
Patio. Son vieux studio a été transformé en espace flambant neuf, avec des tapis de danse, des barres sans échardes. Quatre autres sont aménagés, ainsi qu’un bâtiment avec un charmant patio pour accueillir les artistes en résidence. Il y a aussi un petit théâtre, une salle de projection, et la cour pourra être aménagée en salle de plein air. On trouve aussi un ancien studio encore en fonction, où Noureddine Kaddour, chorégraphe et maître de ballet, fait répéter sans ciller des jeunes recrues.
C’est l’équivalent des plus grands centres chorégraphiques nationaux en France. Et ce n’est pas tout, le site est impressionnant. Des studios, on a vue sur la mer. Les Français, en s’installant à Bordj el Kiffan en 1830, pour y ouvrir, notamment, une station balnéaire à quelques encablures de la casbah, n’avaient pu résister au charme de ce quartier qu’ils baptisèrent Fort de l’Eau. Il sera bientôt relié directement au centre-ville d’Alger par le nouveau tramway. Dans la Ville blanche, on construit à tour de bras et la danse, curieusement, fait partie du plan.
Madeleines. En s’installant dans ce lieu, ancien bâtiment dédié au cinéma et aux arts visuels et vivants, le Ballet national d’Alger, dont on n’entendait plus guère parler, reprend du service. Avec des moyens, comme en a décidé la ministre de la Culture, Khalida Toumi. Même le président Bouteflika a soutenu ouvertement le projet en montant sur scène au théâtre régional d’Oran, pour tenir la main des deux Français qui se sont engagés dans cette opération : Abou Lagraa, danseur et chorégraphe d’origine algérienne, et Nawal, sa femme, danseuse, d’origine marocaine.
Bien que leur compagnie, la Baraka, reste en France, en résidence aux Gémeaux de Sceaux, après Annecy, ils vont former et créer pendant trois ans pour le nouveau Ballet national. Ce soir, ils présentent une première pièce avec de jeunes danseurs d’Alger, une mise en jambe pour la chorégraphie de clôture du festival panafricain. Quatre membres de la compagnie française assureront une permanence tout au long de l’année, dans un programme pédagogique qui alliera technique, théorie, histoire de l’art et improvisation.
Les danseurs de la Baraka pleurent dans les madeleines offertes pour la première entrevue avec les maîtres de ballet et la directrice, M’Barka Kaddouri, qui elle aussi ne peut retenir ses larmes, tout comme Abou Lagraa. Et là, on comprend. Le chorégraphe français vient de prononcer des mots terribles : «C’est vrai, c’est fait, c’est là.» Tant de promesses jamais réalisées, tant de temps passé à la barre pour si peu de contact avec le public, tant d’envie de danser en Afrique, mais aussi à l’étranger.
Le prochain programme concocté par la Baraka, avec une pièce sur le Boléro de Ravel et une sur la musique d’Houria Aïchi, est déjà prévendu pour soixante représentations. Abou Lagraa ne chôme pas. Né à Annonay en 1970, depuis ses débuts au conservatoire national de Lyon, il a eu un parcours fulgurant, même si son manque de diplomatie est notoire. Cela ne l’a pas empêché de diriger une compagnie, ni de créer pour des troupes prestigieuses, comme celle du Ballet national de l’Opéra de Paris. Il a postulé pour la direction de centres chorégraphiques en France, sans succès.
«Restez ici». Abou Lagraa s’est donc servi des dossiers qu’il avait montés pour présenter un vrai projet pour Alger, soutenu d’ailleurs, outre l’Algérie, par le département du Rhône. Une revanche d’enfant d’immigrés ? C’est possible, bien que très restrictif. «En France, dit-il, il y a nos pères, des écoles, des professeurs. Je voulais redonner ici ce que l’on m’a offert : la baraka. Et puis, j’ai aussi envie de dire aux jeunes : n’essayez pas de monter dans des bateaux qui prennent l’eau. Restez ici, battez-vous. Je connais mal ce pays et ne parle pas bien l’arabe, mais je sais que je suis engagé dans un projet de transmission et de création qui en vaut la peine.»
Abou Lagraa s’apprête à monter dans le minibus pour partir à la répétition. Une voiture de police stoppe net. «Eh ! On vous a vu à la télé, dit l’un des policiers. Comment ça s’apprend la danse ?» Abou Lagraa répond calmement : «C’est beaucoup de travail.» Le policier insiste : «Ça fait comme ça, comme ça, en remuant du bassin. C’est pour faire bouger les parties interdites ?» Et la voiture démarre en trombe. La partie n’est pas gagnée. Tous en sont conscients. Nasser Raïs, chargé de mission sur le projet, veille. Le moindre geste ou parole de travers et tout peut basculer. Il serait dommage que le Boléro de Ravel ne soit pas créé l’an prochain à Alger avec un Ballet national requinqué et offensif.
Par MARIE-CHRISTINE VERNAY ALGER, envoyée spéciale
Algérie : Ouverture hier à Alger de la 42e FIA, une foire dans une économie de bazar
El Watan, 31/05/2009, Ali Titouche
La 42e édition de la Foire internationale d’Alger (FIA) a ouvert ses portes hier. Les autorités algériennes ont tendance jusqu’ici à évaluer le succès de cet événement par le nombre des pays participants et celui des visiteurs ayant franchi les deux portes d’entrée du Palais des expositions des Pins maritimes. Les responsables de la FIA auront de quoi justifier une nouvelle performance : la Chine vient de surclasser les trois pays européens (France, Italie, Allemagne) traditionnellement les mieux représentés. Une représentation à cette édition avec 141 sociétés.
Le pays est le premier fournisseur commercial de l’Algérie en 2008 avec plus de 3,9 milliards de dollars. Mais la question est de savoir pourquoi ce renversement de tendance au profit du « géant asiatique ». L’économie de bazar l’avait-elle enfin emporté ? Lors d’une récente rencontre consacrée à la contrefaçon, les services du ministère du Commerce ont relevé que la Chine est classée sur le point culminant de la pyramide des cinq pays d’où sont importées les pièces détachées. Aussi, n’a-t-on pas dénombré 567 sociétés chinoises opérant dans l’import-export en Algérie. Des chiffres diffusés récemment par le Centre national du registre du commerce pour l’exercice 2008. Pour ainsi dire, l’on s’interroge toujours si la Foire internationale d’Alger servira tout compte fait les intérêts du pays ? Aucune statistique officielle n’a fait état d’éventuels contrats de partenariat et/ou d’investissement conclus lors des précédentes éditions de la FIA. C’est là que le bât blesse. C’est-à-dire qu’à défaut d’une convention de partenariat et/ou d’un contrat susceptibles de donner lieu à une opportunité d’investissement, la FIA continue de servir d’un espace privilégié pour alimenter davantage l’économie de bazar. Etant une manifestation commerciale par excellence, la FIA constitue une opportunité d’affaires de premier plan pour toutes les entreprises qui veulent écouler leurs produits. Preuve en est, les importations algériennes ont enregistré une hausse spectaculaire de 5,90% durant les quatre premiers mois de l’année en cours pour s’établir à 13,20 milliards de dollars. L’année 2008 a été marquée par un pic inégalé de 40 milliards de dollars d’importations. La facture devient incompressible, tandis que le niveau des exportations hors hydrocarbures n’arrive pas à décoller au-dessus du milliard de dollars. Habituellement, une telle manifestation devait être conçue de sorte à bonifier le niveau d’attractivité économique du pays organisateur. s’agit aussi d’améliorer le climat des investissements, de plus en plus fragilisé des suites d’une décision qualifiée « d’incompréhensible » à l’égard des investisseurs étrangers.
Bouteflika boude les producteurs nationaux
Aussi, le concept économique d’une Foire internationale veut dire espace d’échanges privilégiés entre opérateurs qui sert à favoriser surtout la venue de nouveaux investisseurs. Mais cette définition est-elle réellement bien appliquée en Algérie ? C’est une question qui s’impose avec acuité. Constat marquant : plusieurs pays, notamment européens, ont décidé cette année de réduire le nombre d’entreprises qui les représentent. La France, à titre indicatif, est représentée cette année par 135 entreprises contre 160 lors de la précédente édition de la FIA. L’Italie est représentée par 79 entreprises contre 85 lors de la 41e édition de la FIA, tandis que le pays d’Angela Merkel est représenté par 33 exposants. l’Espagne, quant à elle, est carrément inscrite aux abonnés absents. La participation nationale, elle aussi, a connu une tendance baissière cette année. L’on a recensé uniquement 390 exposants, contre 449 l’année dernière et 526 en 2007. Le pavillon central, où était concentré l’essentiel des exposants nationaux, était quelque peu boudé par les hautes instances de l’Etat ayant inauguré hier cette 42e édition de la Foire internationale d’Alger. Le président Bouteflika, accompagné du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, et son staff gouvernemental, s’était contenté de rendre visite aux participants étrangers et non aux entreprises nationales. Abdelaziz Bouteflika, silencieux, a entamé sa visite par le stand italien avant de bifurquer sur le stand français. Il a aussi fait une halte au niveau du stand américain avant de conclure sa visite expéditive par un petit arrêt au stand canadien. Les entreprises nationales, ayant pris part à cet événement, ont été laissées sur leur faim. Et pourtant, le Premier ministre n’a cessé de promettre monts et merveilles aux investisseurs nationaux, lors de la présentation de son plan d’action devant les membres des deux Chambres du Parlement. Mais un problème de fond se pose : la Foire internationale d’Alger devra désormais répondre impérativement au « cahier des charges » de type standard applicable à tous les pays. Les foires internationales se veulent être le point focal international des rencontres concertées des affaires. La FIA, elle, faut-il le reconnaître, est très loin des standards internationaux, mais continue surtout de servir de tremplin aux partisans de l’économie de bazar.
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Nouvelles Nationales: MOHAMED SAÏD RÉPOND À L’ANCIEN CHEF DE GOUVERNEMENT «Taisez-vous M. Belkhadem!»
Par Karim Aimeur |L'Expression|29|03|2009|Après avoir développé un discours modéré, Mohamed Saïd a adopté ces derniers jours, actualité oblige, un ton plutôt violent. La sortie du premier secrétaire du Front de libération nationale (FLN), Abdelaziz Belkhadem, lors d’un meeting tenu jeudi dernier à Oum El Bouaghi, qui a qualifié les cinq candidats à l’élection présidentielle de «marchands de glands» n’a pas laissé de marbre le candidat indépendant, Mohamed Saïd. Lors d’un meeting animé, vendredi soir à Ghardaïa, le candidat a descendu en flammes l’ancien chef de gouvernement en l’accusant d’irresponsabilité et l’invitant à cesser de s’aventurer dans des déclarations qui discréditent ce qui reste du scrutin du 9 avril prochain. «Je regrette le fait de me rabaisser à ce niveau mais rester de marbre devant de telles allégations, équivaudra peut-être à une complicité», a-t-il soufflé.
Un niveau, faut-il le dire, jugé par les observateurs de la scène politique nationale d’aussi bas que celui du niveau de la mer et qui est amené, selon Mohamed Saïd, à être repris de la même manière et avec les mêmes propos de l’époque coloniale où les Français utilisaient le mot «Gland» pour désigner et ridiculiser les Berbères. Ainsi, devant ce traitement jugé «péjoratif» à l’encontre des candidats en lice, Mohamed Saïd s’est dit très affecté par cette bassesse politique qu’ont atteint certains responsables au sommet de l’Etat. Ce n’est pas la première fois qu’il est reproché à M.Belkhadem des déclarations ou des sorties maladroites. La dernière en date a été celle de l’écrivain Yasmina Khadra qui a invité le secrétaire général du FLN à démissionner après son aveu d’impuissance devant le phénomène des harraga. Dans son réquisitoire, Mohamed Saïd n’a pas ménagé l’ex-chef de gouvernement en le qualifiant notamment de producteur d’échecs, d’illettré et de meddah. Plus encore, l’orateur est allé jusqu’à accuser le premier responsable du FLN d’avoir comploté contre l’Algérie lorsqu’il a été éloigné de la présidence de l’Assemblée populaire nationale en portant ses complaintes devant l’ambassadeur d’Iran en Algérie dans les années 1990. Il l’a accusé également d’avoir fomenté un coup d’Etat contre l’ex-secrétaire général du FLN pour prendre les rênes de ce parti. «Les gens comme celui-là sont les responsables de toutes les crises que le pays a traversées depuis l’Indépendance», a-t-il martelé à l’adresse de l’assistance. Aiguisant sa critique, l’orateur a ajouté que le premier responsable du FLN, ainsi que d’autres responsables, sont la cause du délitement des valeurs et de l’éthique politique en Algérie. Ces derniers sont, selon les termes de l’orateur, en flagrante violation des principes du jeu politique. Ce faisant, Mohamed Saïd a indiqué que si la pratique politique en Algérie était saine et si l’Etat était vraiment un Etat de droit, l’administration aurait retiré l’agrément à ce parti ainsi qu’à d’autres formations politiques. Car, de son point de vue, un parti, au sens politique du terme, doit avoir, pour son existence, un projet et des cadres dirigeants qu’il présente en cas d’élection telle la présidentielle. Ce qui n’est pas le cas chez le FLN qui a passé sa casquette à un autre candidat, a-t-il expliqué. «N’ont-ils pas d’hommes capables de les représenter», s’est-il ironiquement demandé. «S’ils persistent (dans ces attaques contre les candidats) nous persisterons (dans nos réactions)», a-t-il encore averti en invitant toutes les partis concernées à assumer leurs responsabilités devant ces faits et dénonçant au passage les affichages anarchiques, en violation de la loi, des slogans et portraits des candidats. Cela étant, le candidat Mohamed Saïd s’est dit déterminé à poursuivre son combat, même après le 9 avril prochain, pour le changement (slogan de sa campagne électorale), la liberté et la justice (composante de son parti non agréé PLJ. «Le combat sera plus dur que celui de la campagne pour la présidentielle et je ne compte guère abandonner le terrain», avait-il déclaré auparavant. Ce combat est, pour lui, l’obtention d’un agrément pour son parti et la poursuite de son parcours pour arracher le changement.
Nouvelles Nationales: Abdelaziz Bouteflika aux repentis: «Vous avez sali l’image de l’Algérie».
Par Tahar Fattani |L'Expression|22|03|2009|«Le peuple vous a accueillis à bras ouverts dans des situations difficiles. Que demandez-vous de plus?», s’est exclamé hier, le Président-candidat à partir de Tlemcen. La Réconciliation nationale revient de nouveau dans le discours du candidat Abdelaziz Bouteflika. Défendant sa politique, il promet «d’approfondir beaucoup plus» la Réconciliation nationale, s’il est élu.En guise de réponse aux détracteurs de cette politique, Abdelaziz Bouteflika affirme que les résultats sont visibles, mais «il faut encore patienter pour connaître d’autres fruits de cette stratégie», a t-il déclaré, hier lors d’un meeting qu’il a animé à la Maison de la culture Abdelkader-Alloula, dans la wilaya de Tlemcen. S’exprimant devant des centaines de praticiennes et praticiens de la santé, M.Bouteflika est revenu sur le dossier de la prise en charge des repentis. «Des voix s’élèvent pour revendiquer des droits, disant que je ne leur en ai pas donnés. Je leur dis que j’ai réussi à redresser la situation. Le peuple vous a accueillis à bras ouverts dans des situations difficiles. Cela au moment où vous (terroristes, Ndlr) avez détruit le pays. Vous (repentis, Ndlr), avez sali l’image de l’Algérie à l’étranger. Vous avez saccagé l’Algérie, que Dieu Le Tout-Puissant vous détruise», a-t-il affirmé devant les applaudissements des blouses blanches. Se réjouissant du retour de la paix et la stabilité, le candidat a tenu à rendre un «hommage aux forces de sécurité en général et l’Armé nationale populaire en particulier, qui ont su protéger le pays et le peuple dans des épreuves très rudes», a-t-il encore évoqué. Et d’insister: «Oui, l’armée a sauvé le pays. Il faut la saluer. Même si l’Armée nationale a ses défauts. Oui, elle a ses défauts comme, d’ailleurs, toutes les autres institutions de par le monde, et même si des dépassements conjoncturels ont été constatés dans les autres services de sécurité, il faut leur rendre un vibrant hommage.»
A propos de la situation du secteur de la santé en Algérie, le candidat Abdelaziz Bouteflika n’a pas hésité à mettre en exergue les insuffisances constatées. Il reproche «l’absence d’une étude globale sur la politique sanitaire en Algérie». «Il ne suffit pas d’avoir des médecins et des infirmières pour parler d’une politique sanitaire. Celle-ci est un ensemble de travail de coordination entre les médecins, les infirmières, les juristes et les ingénieurs. Il faut impliquer toutes les parties pour élaborer une étude nationale de la santé.» Abdelaziz Bouteflika appelle les blouses blanches à dépasser les obstacles et les contraintes de l’administration. La politique de l’hôpital «est l’affaire des cadres hautement formés dans des secteurs divers, tel la psychologie». Poursuivant son réquisitoire, le président-candidat a dénoncé la mauvaise gestion et le manque d’entretien. «Nos hôpitaux sont équipés d’un matériel ultrasophistiqué, le même qui est utilisé dans les hôpitaux américains. Hélas! Après un mois d’utilisation, les Algériens font leurs examens médicaux à l’étranger. On se soigne dans d’autres pays. Aujourd’hui, nos hôpitaux ne rivalisent même pas à hauteur de 20% les hôpitaux américains.» S’adressant aux médecins qui «nous demandent des aides financières et matérielles», le candidat à sa propre succession a exigé «des résultats concrets sur le terrain». Ce réquisitoire est intervenu en guise de commentaire à un bref exposé présenté par M.Berber, professeur en médecine nucléaire et doyen de la faculté de médecine à Tlemcen, dans lequel il a relevé les acquis réalisés dans ce secteur depuis l’arrivée au pouvoir de M.Abdelaziz Bouteflika. Avant le discours, M.Bouteflika a eu droit à un accueil très chaleureux. Des milliers de personnes originaires des communes de Tlemcen et des wilayas limitrophes ont tenu à saluer leur candidat dans une ambiance de kermesse. Le candidat poursuivra aujourd’hui sa campagne dans les wilayas de Sétif et Bordj Bou Arréridj. Demain il est attendu dans les wilayas de Tiaret et Tissemssilt.
Nouvelles Nationales: Abdelaziz Belkhadem à Echorouk : Le président a opéré un changement mais ne m'a ppas remplacé.
Par Meriem Arezki et Mohammed Meslem |Echorouk|15|03|2009|Le secrétaire général du Front National de Libération, représentant personnel du président de la république a dans un entretien accordé à notre journal longuement abordé son remplacement à la tête du gouvernement dans le but d’apporter des éclaircissements sur ce qui a été dit, ainsi que le contenu de ses discussions avec le président de la république.
Aussi, le représentant personnel du président de la république parlera de la crédibilité des élections et répondu aux critiques adressées au président candidat Abdelaziz Bouteflika qui userait des moyens de l’Etat dans une campagne électorale préalable. Il s’est également intéressé à la position algérienne de l’offensive israélienne contre Gaza et le silence du président à cet égard, ainsi que les relations algéro marocaines et bon nombre d’affaires arabes et territoriales.
Echorouk : que pensez vous de la liste des candidats aux élections présidentielles, est ce que la liste donne au prochain scrutin la crédibilité requise ?
Belkhadem : il est indécent de sous estimer des personnes, tout commence petit et grandit. Tout candidat à la présidentielle sont à la hauteur et digne d’intérêt, et c’est aux électeur de désigner celui qu’ils jugent le mieux. C’est vrai que le candidat Bouteflika a brigué deux mandats et que ses réalisations lui donneraient plus de popularité que les autres candidats dont les programmes ne sont toujours pas palpables.
Echorouk : Ce qui a empêche des « pointures » de se porter candidats, sont les conditions qui caractérisent la vie politique, ils voient un jeu fermé, c’est pour cela que leur participation ferait d’eux des lièvres de course ?
Belkhadem : ce qui se dit, que « le jeu est fermé », peut être lu de deux manières : si nous comprenons fraude et falsification, c’est une chose qui a est carrément rejetée. Mais si nous comprenons que le jeu est fermé, parce que les partisans du président sont majoritaires, c’est un fait que nous ne pouvons pas nier puisuqe Bouteflika est appuyé des grands partis politiques ainsi que les grandes organisations populaires et la société civile.
Echorouk : Bouteflika a fait objet de plusieurs critiques suite aux visites qu’il a effectué dans plusieurs wilayas, ainsi que les mesures qu’il a décidées. C’est ce qui a été prix comme une pré campagne électorale, que diriez vous ?
Belkhadem : Bouteflika est le président de la république jusqu’à ce qu’un candidat soit élu. Il agit donc en sa qualité de président. Aussi, ce qu’il a fait est bénéfique au peuple algérien, non ? Je pense pas que les mesures dont vous avez parlé sont bénéfiques au peuple algérien.
Echorouk : Il existe des craintes par rapport au taux de participation qui pourrait être faible aux prochaines présidentielles, comme a été le cas pour les législatives, suite à une fermeture constante de la scène politique, est ce que cela vous préoccupe ?
Belkhadem : Il faut rappeler que le regard des milieux populaires aux élections législatives n’est pas la même des élections présidentielles parce que le rôle du parlement n’est pas connu chez les citoyens. L’établissement de loi ne figure pas forcément parmi les priorités du citoyen, ce qui influence sa participation aux élections. S’ajoute à cela le pluralisme des personnes et des lois ainsi que les conflits qui bougent la société, qu’ils soient politiques, sociaux où autres, et qui influencent la participation. Pour ce qui est des présidentielles, c’est complètement différent parce qu’il s’agit du premier magistrat du pays qui fait les décisions.
Echorouk : certains milieux de votre parti ont accusé la réunion démocratique nationale de monopoliser les directions de la campagne électorale de Bouteflika, ainsi que sa permanence dans les plus importantes wilayas. Que répondez vous ?
Belkhadem : Non, au contraire, le front est présent en force auprès du candidat Bouteflika. Le plus important c’est que nous oeuvrons actuellement à la victoire du candidat qui est le notre. La direction du FLN tend à animer une campagne électorale, mais aussi effectuer des réunions et des galas à travers les wilayas et les villes du pays.
Echorouk : qu’en est t’il de la part de votre parti des activités de la campagne présidentielle prévu le 19 mars prochain ?
Belkhadem : J’animerai personnellement environ 60 meetings au niveau des daïras peuplées, et environ 14 meetings au niveau des différents sièges de wilayas, c’est ce que nous avons convenu avec nos frères des autres partis de l’alliance et des organisations de soutien au président.
Echorouk : à votre avis quelles sont les raisons du choix de Bouteflika comme candidat libre, bien qu’il soit président d’honneur de votre parti et appuyé des partis de l’alliance ?
Belkhadem: Bouteflika a dit être un militant du FLN, et qu’il était maquisard au front de libération nationale. Il a également dit se porter candidat libre, ce qui veut dire qu’il ne nie pas sa couleur politique, et parce qu’il a gouverné le pays. C’est une décision que nous avons saluée au niveau du parti.
Echorouk: certains milieux politiques et médiatiques ont parlé de votre remplacement à la tête du gouvernement, est ce vrai ?
Belkhadem : le président de la république est l’autorité exécutive du pays. Ce n’est pas un remplacement mais un changement, il est des prérogatives du président d’opérer les changements qu’il voit utiles.
Echorouk: depuis votre départ du gouvernement, votre parti a perdu des postes ministériels, les deux porte feuils, Boujemaa Haichour et Abderachid Boukerzaza, que lisez vous là dedans?
Belkhadem : Si le système était parlementaire, votre question serait logique. Le front de libération nationale avait présidé le gouvernement lorsqu’il représentait une minorité, maintenant nous représentons la majorité au parlement, et le premier ministre est d’un autre parti. Ce qui veut dire que le système n’est pas parlementaire dans notre actuelle constitution.
Echorouk : Le président Bouteflika a dans ses discours abordé le développement de la charte pour la paix et la réconciliation nationale , est ce que cela veut dire que l’Etat mettra en place un nouveau système durant le troisième mandat de Bouteflika ?
Belkhadem : la réconciliation nationale est un travail politique qui tend à réaliser des objectifs. Le plus important est d’atteindre ces buts.
Echorouk : le gouvernement marocain demande une ouverture de frontières terrestres, quelle est la réponse de l’Algérie à cela ?
Belkhadem : L’Algérie est souveraine, nous ne devons pas faire objet de pression. Ils auraient du ouvrir les frontières quand on luttait contre le terrorisme.
Echorouk : n’y a t’il pas un semblant de pragmatique nationale dans cette réponse ?
Belkhadem : Nous ne sommes pas contre l’ouverture des frontières, mais l’intérêt doit être commun.
Echorouk : Nous comprenons que les commissions mixtes sont gelées ?
Belkhadem : oui, actuellement ces commissions ne travaillent pas
Echorouk : pourquoi ?
Belkhadem : Je ne sais pas, nous n’avons toujours pas réglé ces problèmes.
Echorouk : que lit l’Algérie dans la visite de l’envoyé des nations unies au Sahara occidentale ?
Belkhadem : Ses déclarations étaient claires, a réitéré l’autodétermination. Ce que demande l’organisation des nations unies est l’autodétermination du peuple sahraoui.
Echorouk : la position algérienne sur l’offensive israélienne sur Gaza a été plus noble que jamais ?Belkhadem : Je suis complètement d’accord, mais l’Algérie a depuis toujours appuyé la cause palestinienne mais nous considérons que l’union du peuple palestinien est l’arme indéfectible contre leur ennemi.
Echorouk : d’autres disent que cette position est « flou », en revanche nous n’avons pas entendu la position du président de la république que ce soit au sommet de Doha où le sommet du Koweït, ni ailleurs ?
Belkhadem : l’Algérie est fidèle à ses principes, dans tout ce qui est relatif à ces affaires et conflits. La présence de l’Algérie au sommet de Doha est en lui-même un appui à la cause palestinienne.
Echorouk : l’Algérie est le troisième pays arabe en matière d’appui financier pour la reconstruction de Gaza, après l’Arabie Saoudite et le Qatar avec 200 millions de dollars, quel est le sort de ce montant ?
Belkhadem : Nous ne sortons pas de la décision arabe qui parle d’un mécanisme à travers ce qui sera décidé, parce que l’affaire n’est pas algérienne. Nous attendons ce qui sera décidé et ce qui jaillira du dialogue palestino palestinien.
Nouvelles Nationales: Affaire de l’enseignant poignardé dans un collège à Relizane. L’aveu d’impuissance de Benbouzid.
Par Tahar A.O |La Voix de l'Oranie|14|03|2009| Le drame qui a eu lieu mercredi dernier dans un collège de Relizane n’est pas nouveau comme en témoignent les nombreux articles consacrés au phénomène, depuis quelque temps, dans ces mêmes colonnes. Mais force est de constater que la réaction du ministre Benbouzid est étrange.
«C’est tout à fait naturel que de tels phénomènes se produisent quand nous avons 24.000 établissements à gérer», a déclaré Aboubekr Benbouzid aux journalistes qui l’interrogeaient, au lendemain de l’incident, lors d’une rencontre sur «la citoyenneté».
Il devait ensuite annoncer que «le jeune (l’auteur de l’agression, ndlr) est actuellement entre les mains de la justice et la punition sera exemplaire». Le chemin vite trouvé est court.
La solution, selon le ministre, est de frapper fort et «sans pitié», avant de se montrer rassurant: «Nous allons éradiquer le phénomène». Le ministre devait toutefois signaler que «la responsabilité de cette situation n’incombe pas uniquement au département de l’Education nationale mais que tout le monde en est concerné».
Tentant ensuite d’être encore plus rassurant, le ministre déclare: «Nous n’avons pas encore atteint l’ampleur que connaît le phénomène à l’étranger.» C’est là une allusion à la fusillade qui a eu lieu dans une école en Allemagne en fin de semaine passée. «10.000 agents de sécurité!»
La recette du ministre est donc tout faite, et la mesure était annoncée avant le grave incident de Relizane, plus exactement au lendemain d’un autre cas similaire qui a eu lieu à Oran, au sortir d’un collège situé à Haï Badr, un élève ayant été tué par un autre.
Et toujours à Relizane, il y a quelques semaines, une élève était poignardée à l’école. «Alors, le phénomène de la violence à l’école sera-t-il endigué grâce à la mesure hautement sécuritaire de Benbouzid ? Faudrait-il transformer l’école en une sorte de prison de haute sécurité?», s’interrogent des parents?
Les spécialistes estiment que c’est cette même violence qui s’exerce dans la société qui est en train de gagner maintenant l’école. Mais d’aucuns considèrent que les pouvoirs publics ont une grande responsabilité dans la lutte contre ce phénomène puisque l’école en dépend.
Comment tranquilliser ces mères qui s’inquiètent désormais pour leurs progénitures ? Est-ce par la simple promesse de leur assurer une meilleure sécurité dans l’école? «Maintenant, je ne suis plus sûre que mon enfant soit en sécurité à l’école.
Mon cœur bat chaque fois que j’entends ce genre d’histoire», déclare une dame attendant son enfant devant la porte d’une école. C’est là le témoignage d’une crainte collective des familles.
Et la solution? Une loi contre la violence au sein des établissements scolaires a été adoptée en janvier 2008. Cette loi punit tout acte de violence à l’intérieur des établissements scolaires. Mais là encore, il devient difficile de rassurer ces familles puisque la phénomène de la violence a enregistré une nette hausse depuis cette date.
La relation entre élèves, enseignants et administration n’est plus la même. Il s’agit maintenant de savoir à qui incombe l’échec; à la société ou à l’école ellemême? Jusqu’à aujourd’hui, aucune étude sérieuse n’a été engagée pour savoir les raisons de cette violence. «Le ministère de l’Education devrait y réfléchir», estime M. Ahmed, enseignant à Relizane.
Pour rappel, mercredi dernier, c’était le drame de plus dans un collège à Relizane, plus précisément à l’école Chibani Abderrahmane où un enseignant, A. Djamel, a fait les frais d’une expédition punitive de deux élèves exclus qui lui ont asséné deux coups de couteau, et ce, dans l’enceinte même de l’établissement. Touché à la gorge, l’enseignant s’affalera par terre; une scène qui a fait paniquer les élèves qui se trouvaient dans la cour.
L’enseignant, qui gisait dans une mare de sang, était vite pris en charge par ses collègues avant qu’il ne soit transféré à l’hôpital Mohamed-Boudiaf où il a été placé en observation intensive pendant des heures.
Ses proches ont même cru au pire mais les médecins traitants, après plusieurs heures, ont annoncé une amélioration de son état de santé. Les jours de la victime ne seraient plus en danger…
Nouvelles Nationales: Les Algériens face à la mal vie, à l’érosion du pouvoir d’achat et au chômage. La débrouille comme mode de vie.
Par A.B |El Watan |10|03|2009|Les chiffonniers de Oued Smar ne sont pas du genre à se plaindre car pour eux la vie est un combat pour assurer la survie Leur «travail» consiste à grimper sur les camions à ordures afin de ramasser le plus de pièces pour qu’ils pourront revendre. En attendant des jours meilleurs, les Algériens semblent condamnés au système D, entre débrouille, désespoir et crainte de l'avenir.
Des chiffonniers des décharges publiques aux vendeurs à la sauvette jusqu'au «taxis clandestins», la vie quotidienne est une quête de nourriture, plus cruelle que jamais.
Adossés aux murs blessés par le salpêtre des maisons, Moumen El Oued propose des cacahuètes et des pétards à vendre. «Je n'ai que ça pour me faire un peu d'argent. Si on ne pas cherche du travail à droite et à gauche, on est perdus d'autant que je suis marié et que j'ai un fils à élever», explique-t-il.
La vente de cacahuètes lui rapporte près de 10 000 DA par mois. «A peine suffisant pour assurer la nourriture», dit-il. A chaque période son business. A la rentrée scolaire, il vend des cartables. Pour l'Aïd El Adha, il se met à l'aiguisement des couteaux.
A l'approche du Mawlid Ennabaoui, il fourgue des pétards. «J'aimerais travailler en tant que salarié. Je n'en peux plus de cette misère. Pour quelques sous, je suis là même sous la pluie. Et je dois fuir les traques de la police», glisse-til. Les vendeurs postés autour du marché de Bab El Oued disent avoir du mal à joindre les deux bouts quelle que soit la saison.
Mohamed Aissahine, 60 ans, retraité, vendeur de robots électroménagers, s'exclame : «On a beau travailler dur, cela ne rapporte rien. Moi, je vends ce que je peux. Mes enfants restent les bras croisés, cigarettes au bec et tenant le mur. Ils me disent que si j'étais quelqu'un d'important, je leur aurais dégoté un visa. Comme j'aimerais leur faire ce cadeau ! Mais, moi, je n'ai rien», maugrée-t-il, dans un excellent français.
Ce retraité qui dit avoir été dessinateur industriel en aviation semble porter en lui toutes les désillusions de la génération passée. A la question de savoir combien il gagne mensuellement, il éclate en sanglots : «Mes fils me disent que même si j'ai été dans l'aviation, je ne suis rien. C'est quelque chose qui fait extrêmement mal au cœur.
Ce n'est pas une vie. Je ne supporte plus cette misère. Si on n'a pas d'argent et pas de piston, on est cuits.» En plus des calmants qu'il prend régulièrement, il espère trouver dans la prière la paix intérieure.
Les plus jeunes semblent avoir encore cet optimisme qui caractérise leur âge. Amir, 22 ans, vendeur de cigarettes, ne désespère pas de trouver un jour un emploi stable et, souligne-t-il, «s'assurer un avenir».
Pour s'en sortir, il dit faire un stage de comptabilité, mais il ne voit aucun travail à l'horizon. «Pour l'heure, je vends des cigarettes, mais en ce qui concerne l'avenir, je veux faire quelque chose que j'aime», affirme-t-il, plein d'optimisme.
LES CHIFFONNIERS DE OUED SMAR
Pour d'autres, la vie est un combat pour assurer la survie. Etendus au milieu des ordures, les chiffonniers de Oued Smar ne sont pas du genre à se plaindre. «Ceux d'en haut se remplissent la panse. Nous on dit ‘’El hamdoulilah’’», disent les jeunes chiffonniers aux vêtements souillés par les ordures. Leur «travail» consiste à grimper sur les camions à ordures afin de ramasser le plus de pièces pour les revendre.
Des enfants de 10 à 12 ans, censés être à l'école, courent à vive allure derrière des camions en marche. Pour le reste, c'est «tag al amen tag», le premier arrivé en haut du camion en marche est le premier servi.
Au sommet du camion, ils se disputent parfois les plus «belles» pièces. Le butin est ensuite revendu à 10 DA/kilo pour le plastique, 3 DA pour le fer, 20 DA pour l'aluminium, 20 DA pour le cuivre et 5 DA pour les semelles de chaussures.
Les enfants de la décharge ont pour la plupart quitté l'école pour aider leurs parents. Certains n'osent pas se projeter dans l'avenir. Même le corps s'est adapté aux désagréments de la décharge. «Je continuerai jusqu'au bout.
Même si la décharge de Oued Smar devait être fermée, j'irai chercher une autre ‘’zoubia " ailleurs. Je me suis adapté aux ordures et aux mauvaises odeurs. Une fois, la décharge de Oued Smar a été fermée pendant un mois. Je n'ai pas pu supporter. Je suis parti jusqu'à Boudouaou pour retrouver mon oxygène», confie Amraoui Hakim, 26 ans, qui se réclame «chef de la bande».
D'autres veulent aller de l'avant, se marier, trouver un travail décent. Hamid, 19 ans, rêve de voir un jour la décharge se transformer en un jardin dans lequel il pourrait travailler.
«J'ai déposé des dossiers un peu partout, je n'ai reçu aucune réponse. Si je suis à la décharge, ce n'est pas parce que je suis fou, mais parce que je n'ai rien à manger. J'aide mes parents, je prépare mon mariage», souligne-t-il.
Au milieu des ordures, les jeunes chiffonniers ont une autre définition de la «démocratie» : «Pour nous, être démocrates, c'est travailler quand on veut et autant qu'on veut. La décharge a ses avantages.
Là, au moins, il n'y a pas de boss qui dicte la conduite à prendre et les horaires sont flexibles. Mais pour ce qui est des élections, nous ne supportons personne, nous voulons juste manger à notre faim», explique Hakim.
«On a essayé de mettre des tables de cigarettes mais on subissait les saisies de police. A la décharge, on peut gagner de l'argent sans être inquiétés par personne», enchaîne Hamid. A chacun son histoire.
Certains, comme l'explique Hakim, dépensent leur argent pour les «cachets» ou pour «jouer au papiche». «Quant à moi, dit-il, je travaille pour manger et pour le flexy. Même si on peut économiser un peu, il est impossible de constituer un petit capital.»
FONCTIONNAIRE LE JOUR, PLOMBIER LA NUIT
La politique économique et sociale de l'Algérie a parfois des logiques que la logique a du mal à suivre. Après avoir perdu son travail dans une entreprise publique (Soprafer) dans laquelle il avait servi, pendant 26 ans, Belhout, la cinquantaine, n'a pas réussi à tout recommencer à zéro.
Il dit n'avoir eu d'autre choix que de se servir de sa vieille Fiat de l’année 1976 pour se faire un peu d'argent. «J'en ai marre de manger de l'herbe. Nous mangeons des épinards et du berkoukes matin et soir. Mes enfants n'en peuvent plus de cette situation.
Je maudis l'Algérie et son Président. Mes enfants sont perdus à jamais. Et le président qui dit que si le chômage était aussi haut, c'est à cause des jeunes qui ne veulent pas travailler. Comme j'aimerais lui dire en face que tout cela est faux.
Je pourrais ainsi mourir tranquille», fulmine le quinquagénaire. Et d'enchaîner : «J'ai essayé de travailler partout. On me dit qu'il n'y a pas de travail pour moi. Il est des heures où l’on a des envies de suicide.» Un autre chauffer de taxi «au noir», Daoud, 45 ans, se plaint du fait que son «travail» ne rapporte pas des revenus réguliers. «Un jour, je gagne 400 DA.
Un autre 1000 DA. Un autre encore, je ne gagne rien du tout», lance-t-il. Face à la malvie, à l'érosion du pouvoir d'achat et au chômage, nombreux sont les Algériens qui s'accrochent, s'inventent de nouvelles règles, se cognent à la vie.
Un seul travail ne suffit plus à boucler les fins de mois. Ils sont de plus nombreux à être fonctionnaires le matin et plombier l'après-midi. Ingénieur dans une entreprise publique la journée et chauffeur clandestin le soir.
Mourad est ingénieur du froid dans une entreprise publique. Les week-ends, il se reconvertit en réparateur de réfrigérateurs à domicile. «La vie est devenue vraiment chère. Entre le loyer, les factures et le couffin, nous ne savons plus où donner de la tête. Nous essayons tant bien que mal de maintenir la tête hors de l'eau», justifie-t-il.
«LA PEUR DE LA NOYADE»
Pour le sociologue et chercheur Mohamed Saïb Musette, la débrouille tend à devenir un «mode de vie» dans une ambiance de paupérisation générale. «Les couches sociales, au bas de l'échelle des salaires en Algérie, ont toujours vécu dans la débrouille pour survivre.
Nous sommes entrés dans une phase de ‘’sociose générale’’ (c'est comme une psychose sociétale), notamment avec de nouveaux modèles de consommation, pour ne pas rester ‘’out’’, il faut à tout prix s'accrocher à tout ce qui peut apporter ‘’un plus’’pour vivre de manière décente et rester ‘’in’’ pour maintenir la tête hors de l'eau», explique-t-il.
De là naît une permanente crainte de la noyade, qui pousse les Algériens à toutes les dérives et à franchir les règles, les normes sociales et légales. «Devant cette ‘’pathologie sociale’’, à cheval entre le social, le psyché et l'économie, nous devons, à mon sens, adopter une démarche de légitimation sociale qui aura à revoir les règles morales et légales ou à les codifier», souligne encore M. Musette.
La notion de la débrouille à l'algérienne est apparue à la fin des années 1980 qui revendaient les derniers produits des Souk El fellah et des Galeries. Dans les années 1990, une partie des «hittistes» s'est muée en «trabendistes». Maintenant que l'Europe est devenue une forteresse difficile à franchir, les jeunes désœuvrés sont condamnés à accepter n'importe quel job dans l'informel.
«Ce secteur informel comprend de véritables "usines", broyant les jeunes filles comme les garçons dans une ambiance souvent délétère ; ce qui les conduit inévitablement à chercher la fuite et à emprunter la voie des exclus : la harga (…) La discrimination au travail est maintenue, voire renforcée malgré les efforts engagés pour les soustraire à des pratiques bravant les normes sociales et la législation en vigueur», diagnostique M. Musette.
LA VIE MALGRÉ TOUT
Le fossé entre les différentes classes sociales aiguise les frustrations. «Cette volonté de réussir vient du fait de voir les nouvelles fortunes prospérer de manière bizarre. En clair, on comprend que, dans ce pays, si tu es correct, tu es bête.
Si tu es voleur, on te considère comme quelqu'un d'intelligent», se plaint Merzak, vendeur à la sauvette. Fontaine fraîche, l'un des plus vieux bidonvilles d'Alger, coincé entre le ministère de la Défense et la villa des beauxparents de Saïd Bouteflika, ce quartier a des allures de favela. «Ici, il n'y a jamais eu de terroristes, les habitants ont fait de leur mieux pour s'en sortir.
Des familles nombreuses même s'entassent dans une seule pièce», explique Hocine, un habitant du quartier. Mais beaucoup estiment que l'ascenseur social reste bloqué. «Nous voulons vivre comme des êtres humains et non pas comme des rats. Nous sommes enterrés ici. Il est difficile d'avoir foi en l'avenir. Le soir, je dois rentrer tard pour ne pas gêner le sommeil de mes parents et de mes frères et sœurs.
On doit dormir à tour de rôle. Pour gagner ma vie, je fais le marché des dallalate. Le pire, c'est que je n'ai aucun espoir en l'avenir. Je ne sens pas que ça va changer», confie Sofiane, 35 ans. Et à l'un des habitants du bidonville de dire : «Ce n'est pas une honte que de vivre dans la misère.
La misère est la honte.» Le soir, pour oublier le malheur du bidonville, les jeunes du quartier jouent au saxophone, histoire de dire, que malgré tout, la vie continue.
Nouvelles Nationales: Cérémonie en l’honneur des femmes au Palais des Nations. Zerda et désorganisation !
Par Nissa Hammadi | Liberté |09|03|2009|Une certaine anarchie a caractérisé, hier, la cérémonie organisée à l’occasion de la Fête internationale de la femme au Palais des nations. Les journalistes chargés de couvrir la cérémonie organisée par la Présidence pour la célébration du 8 mars, Journée internationale de la femme au Palais des nations, ont été désagréablement surpris par l’annonce qui leur a été faite.
En effet, une femme membre du comité d’organisation, chargée des médias, informe les premiers arrivés qu’ils ne pourront pas s’approcher des convives et qu’ils devront suivre le discours, par retransmission, cloîtrés dans une salle. Les photographes, eux, ont chacun à tour de rôle une minute pour prendre une photo et sortir. Se Sentant humiliés par cette “séquestration” qui les empêche d’exercer leur mission d’information, quelques journalistes protestent et menacent de quitter les lieux. “Si c’est pour nous isoler là, pourquoi alors avoir contacté nos rédactions pour couvrir l’événement”. La responsable en question rétorque que cette décision a été prise à la dernière minute et qu’elle a été informée elle-même, la veille dans la soirée. Elle affirme que “le chef (comprendre le chef de l’État) n’est pas au courant de ces dispositions prises à l’égard des médias” et que certains des organisateurs ont estimé que les journalistes perturberaient le bon déroulement du déjeuner offert par la Présidence en l’honneur des femmes issues du mouvement associatif, du monde politique, des secteurs de la justice, de la douane, de la gendarmerie, membres du Sénat, de l’Assemblée nationale…. Sentant la gronde monter, l’un des chargés de la communication au sein de la direction de campagne de M. Bouteflika vient saluer les journalistes en promettant de régler le problème. Entre-temps, les invités de la Présidence emportés par des chants de l’orchestre folklorique s’adonnent à des danses endiablées. À travers les deux écrans de télévision apparaissent également de temps à autre, de jeunes hôtesses postées tout au long de l’allée que devra emprunter le chef de l’État pour atteindre un grand chapiteau aménagé pour le déjeuner. Au fur à mesure que le temps passait, elles paraissaient de plus en plus fatiguées. Certaines d’entre elles piquaient des fous rires nerveux. Le président de la République ne fit, en effet, son entrée dans le hall où l’accueillait un groupe musical Ferda que vers 12h, alors que tout le dispositif d’accueil a été mis en place dès 9 heures du matin. De salle en salle, de danse en danse, les invités ne paraissaient pourtant pas sentir le temps long. Quelques minutes après l’arrivée de M. Bouteflika, un des responsables du staff de la campagne électorale du président-candidat fait une deuxième apparition dans la salle de presse, en invitant les journalistes à le suivre, prétextant que leur cloisonnement dans cet endroit n’était qu’un malentendu. Une partie d’entre eux suivront le discours du chef de l’État et celui de Nouara Djaffer, ministre déléguée chargée de la Famille avant de quitter les lieux, laissant les invités, comme l’ont souhaité les organisateurs, déjeuner tranquillement sans être “agacés” par les questions des journalistes jugées parfois gênantes et dérangeantes. Preuve en est, une femme membre du comité d’organisation a fait savoir aux journalistes qu’ils devaient “aller travailler” alors qu’ils étaient censés n’avoir aucun compte à lui rendre.
Nouvelles Nationales: Que dira Bouteflika aux femmes?
Par Ahmed Mesbah|L'Expression|08|03|2009|
ll est fort possible que le président de la République annonce aujourd’hui la révision du Code de la famille. Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, rencontrera aujourd’hui les femmes au Palais des nations. Ce rendez-vous intervient dans un contexte particulier, car il fait suite à l’amendement de la Constitution visant à promouvoir le rôle de la femme dans le domaine politique et d’autres secteurs d’activité.
Le chef de l’Etat a affirmé hier que la consolidation de la position de la femme au sein de la société constituait «l’une de nos priorités» afin de conforter les réalisations accomplies, depuis quelques années, dans les domaines de l’éducation, de la formation, des oeuvres sociales et de participation politique et économique.
Dans une allocution lue en son nom par M.Mohamed Ali Boughazi, conseiller à la présidence de la République, à l’ouverture de la 2e Conférence nationale sur «La formation et l’accompagnement de la femme pour le développement socio-économique», le Président Bouteflika a relevé que «le droit à l’enseignement et à la formation est le fondement pour l’exercice des autres droits». Pour le chef de l’Etat, «il y a lieu de retenir que l’enseignement et la formation constituent le moyen à même de renforcer l’égalité des genres et de contribuer à la stabilité et à la cohésion sociale en luttant contre toute forme d’extrémisme et en permettant aux couches vulnérables de s’adapter au changement et de se prendre en main pour exercer pleinement leur droit de citoyenneté». Le Président Bouteflika a en outre souligné: «La volonté politique de l’Etat de prendre en charge les préoccupations de la femme et répondre à ses attentes», indiquant que «la principale préoccupation est celle de mettre en place des dispositifs opérationnels lui permettant de réaliser son projet professionnel et lui offrant les chances de réussite et de promotion sociale souhaitées.» Concernant les récents amendements de la Constitution relatifs à la femme, le Président Bouteflika souligne qu’ils émanent «de notre reconnaissance de la valeur de la femme» et qu’ils dénotent «notre souci extrême de lui accorder la place qui lui revient de droit et qui lui sied au sein de la société algérienne». Cet amendement peut être d’un grand secours pour renforcer la présence de la femme dans divers domaines dans la société algérienne. Cette démarche volontariste est la bienvenue pour dépasser les préjugés à l’égard de cette frange de la population. Rappeler en ce 8 Mars qu’il est impensable d’exclure la gent féminine de la scène politique n’est donc pas inutile. Pour l’instant, une seule femme se présente régulièrement à l’élection présidentielle en Algérie et c’est même l’unique cas dans le monde arabe, si l’on excepte des candidatures d’indépendantes au Liban. Louisa Hanoune, porte-parole du Parti des travailleurs, peut alors inspirer, grâce à sa démarche, plus d’une femme à se lancer dans une carrière politique. Les évolutions ne viendront pas seulement des décisions politiques car des changements plus profonds peuvent surgir de la société. Déjà, à l’heure actuelle, les filles constituent la majorité des inscrits aux études supérieures. M.Benzaghou, qui avait présidé la commission de réforme du système éducatif, a déclaré, en février dernier, que 60% des étudiants sont des filles. Il faudrait donc s’attendre, même si ce n’est pas dans l’immédiat, à une conquête lente mais sûre des centres de décision et de postes importants par les femmes. D’ailleurs, la tendance à occuper de hautes fonctions n’est pas nouvelle mais elle reste encore timide. Quand on sait que le Liberia, qui sort d’une guerre civile, détient le record de représentation des femmes au Parlement avec un taux de 47%, on s’aperçoit que la marge de manoeuvre est encore grande pour les Algériennes. La société a encore des relents de patriarcat et, dans certains cas, l’Algérie s’apparente davantage à une république de cousins qu’à celle de citoyens. Et contre ce phénomène, les lois n’y peuvent rien.
Nouvelles Nationales: Bouteflika transgresse la constitution.
Par Ali Djerri |El Khabar|03|03|2009| Le secrétaire général de l’Union nationale des Agriculteurs Algériens, Mohamed Alioui, a fait un appel, et sans contour, aux agriculteurs et fournisseurs pour renvoyer l’ascenseur à Bouteflika, et ce, en votant pour lui lors des élections du neuf Avril prochain. Cela intervient après la décision qu’il (Bouteflika) a prise quant à l’effacement des dettes des agriculteurs estimées à 41 milliards de dinars.
La question qui se pose après cette sortie du secrétaire général de l’union des agriculteurs est : sommes-nous devant un chantage exercé par ce dernier sur le Président en contrepartie de la décision de l’effacement des dettes, comme quoi Alioui avait le choix de ne pas le soutenir ? Chose qui n’est pas seulement écartée mais bien utopique, du fait que le chef de l’organisation des agriculteurs et ses semblables sur les têtes d’autres organisations de la société civile n’ont été, et durant toutes leurs histoires, que des comités de soutien au Président. Ce qui nous intéresse ici, c’est que le Président à pris cette décision, considérée du point de vue constitutionnel et de la loi, comme acte préférentiel entre les agriculteurs, d’une part, et entre l’agriculture et d’autres secteurs, de l’autre. Or la constitution stipule, dans son article 29, que tous les citoyens sont égaux devant la loi, et sans distinction aucune. Le Président s’est engagé durant son serment qu’il a prêté avant sa prise de fonction, officielle, à respecter la constitution, alors où on est-t-on du respect du serment ?. Devant cette situation, quelle est la place des agriculteurs qui se sont acquittés de leurs dettes avant la dernière décision du Président : Peuvent-ils, alors, réclamer, maintenant, cet argent ? Surtout qu’avec ce qui s’est passé, considéré comme un encouragement des fainéants à payer leurs dettes, et donc c’est un découragement pour ceux qui respectent la loi et se plient à ses clauses. Le mieux pour le Président aurait été d’encourager, et avec ces montants faramineux, les agriculteurs producteurs, et non pas les grévistes et les opportunistes des élections Présidentielles, et il aurait procédé au développement de l’agriculture et du travail agricole. Mais après ce qui s’est passé, Est-il possible pour Bouteflika ou pour toute autre personne concernée de rendre public la liste des bénéficiaires de l’effacement des dettes, et cela non pas pour connaître la vérité, mais pour faire taire les spéculateurs indiquant que la plupart des bénéficiaires de la décision du Président sont des « Begars », qui ont dépensé l’argent qu’ils ont emprunté dans des night clubs, alors est -il concevable que le peuple rembourse ces gaspilleurs, frères des diables? Le plus embarrassant dans la décision du Président de la République c’est d’avoir annoncé, durant le mois de Décembre dernier à Ghardaïa, qu’il n’avait pas un sou de plus ….alors, d’où proviennent ces 41 milliards de dinars ?
Nouvelles Nationales: De 20 à 60% d’aides à toutes les filières agricoles.
Par Samail Boughazi |La Tribune|02|03|2009| Le président de la République a donné le ton samedi dernier à Biskra. L’agriculture doit être la première source des recettes du pays avant même les hydrocarbures. Outre l’impératif de mettre sur pied une véritable industrie agricole, ce secteur a tous les moyens pour pouvoir exporter, a déclaré Abdelaziz Bouteflika. Pour lui, il n’est pas logique de voir des dattes algériennes sur les étals des marchés étrangers, sous des labels d’autres pays. Mais bien avant d’arriver à cette industrie de transformation, d’autres objectifs figurent sur la liste. Il faut produire, a tonné le Président, devant les fellahs à Biskra, faisant allusion à ceux qui bénéficient de crédits mais qui les détournent vers d’autres objectifs. La décision du président de la République d’effacer les dettes des fellahs, accueillie favorablement par les concernés, n’est pas la seule mesure pour faire de l’agriculture le premier secteur productif en Algérie. Un soutien substantiel est prévu pour toutes les filières. Ainsi, les mesures de soutien, spécifiques aux différentes filières agricoles et d’élevage, ont été prises dans le but de la production de semences et de plants (céréales, légumineuses, arboriculture, pomme de terre), la production de céréales et de légumes secs, de pomme de terre, ainsi que des soutiens à l’élevage, à la production et à la collecte de lait, à l’oléiculture, à la filière de la datte, à l’arboriculture fruitière et aux cultures maraîchères. Concernant la production et multiplication de semences de céréales, selon une dépêche de l’APS, un soutien de 30% est prévu pour l’acquisition en leasing de matériel de production et d’irrigation et pour les infrastructures de stockage, ainsi que des primes de multiplication de semences allant de 10 à 20% du prix de vente. La production et la multiplication de plants de pomme de terre pour l’acquisition en leasing de certains équipements bénéficieront aussi de soutiens financiers de l’ordre de 30%, outre des primes de multiplication de plants (entre 4 et 30 DA/kg selon les catégories) et de stockage sous froid (0,75 DA/kg). Pour la production de plants arboricoles et viticoles, un soutien de 60% sera apporté pour la création des plantations avec des plafonnements par catégorie de plants ainsi qu’un soutien de 30% pour la réalisation des infrastructures et l’acquisition des équipements pour la production de plants hors sol. La production et la multiplication de semences de légumineuses alimentaires stimulée, elle aussi, par un soutien de 30% pour l’acquisition en leasing de matériel agricole de récolte et d’irrigation ainsi que de primes de multiplication allant de 20 à 35% du prix de vente. Quant aux mesures de soutien à la production de céréales, une aide sera accordée pour l’acquisition en leasing de matériels agricoles (aide entre 25 et 40%), la rénovation des moissonneuses-batteuses (60%), des primes pour les investissements pour les opérations d’irrigation (jusqu’à 25% du prix à la production), et l’octroi de prix rémunérateurs sur les productions cédées aux CCLS (2 500 DA/q pour l’orge, 3 500 DA/q pour le blé tendre et 4 500 DA/q pour le blé dur). Un dispositif de soutien à la production de légumes secs est également prévu pour l’acquisition en leasing de matériels agricoles (aide de 25 à 40%) pour la rénovation des moissonneuses-batteuses (60%), pour l’irrigation de l’eau (30%), pour les semences (primes allant entre 20 et 30%), et l’octroi de prix rémunérateurs sur les productions cédées aux CCLS (2 500 DA/q pour les lentilles et 3 000 DA/q pour les pois chiches). Pour soutenir la production de la pomme de terre, des aides seront consenties pour l’acquisition en leasing de matériels agricoles (de 25 à 40%) et l’irrigation de l’eau (30%) auxquelles s’ajouteront des primes allant de 5 à 30 DA/kg pour la multiplication de semences et d’une prime de 0,75 DA/kg pour le stockage de semences sous froid. Concernant le soutien de la filière avicole et du petit élevage, il sera institué une aide à la rénovation des bâtiments d’élevage à hauteur de 20% (plafonnée à 1 million de DA), une aide à l’investissement dans l’industrie de transformation à hauteur de 20% (plafonnée à 1 million de DA) et un soutien à l’acquisition de cheptels pour la diversification de l’élevage à travers une aide de 30% pour l’acquisition de dindes et une aide de 40 000 DA pour l’achat de lapins reproducteurs, et un encouragement aux abattoirs. Quant aux éleveurs équins et camelins, ils bénéficieront d’une prime de 20 000 DA à la naissance du poulain, d’une aide plafonnée à 1 million de DA pour le développement des métiers liés au cheval, d’une prise en charge sanitaire du cheptel camelin par l’Etat, d’une aide plafonnée à 1 million de DA à la création de petites unités de services et une autre aide plafonnée à 500 000 DA pour les investissements de valorisation du produit camelin. La filière lait figure également dans les mesures de relance annoncées par le Président. Ainsi, le soutien à la mise à niveau de l’exploitation laitière portera sur des aides de 30% plafonnées pour l’acquisition de matériels pour l’élevage et la traite ainsi que pour l’aménagement de bâtiments d’élevage, une aide de 25% sur le prix d’acquisition de génisses, venelles et vaches, ainsi que d’une aide à la production de fourrages dont 50% du prix d’acquisition de semences fourragères, 500 DA/m2 pour la construction de silos, 30% du prix d’acquisition d’ensileuse et 30% du coût de mobilisation de l’eau pour l’irrigation. Concernant le soutien à la collecte de la production laitière, il porte sur une aide de 30% à l’acquisition de matériels de collecte, une prime de 12 DA/litre de lait produit et livré à une laiterie, une prime de 5 DA le litre pour la collecte de lait et un encouragement à la transformation de lait produit localement par une prime de 2 à 4 DA. Pour l’oléiculture, des aides sont prévues pour le soutien de cette filière la raison d’une aide de 60% pour l’achat de plants et de 30% respectivement pour le greffage, pour la réalisation d’huileries de transformation, ainsi que pour l’acquisition d’équipements de stockage pour la conservation et l’amélioration de la qualité. La filière de la datte bénéficiera, quant à elle, d’un soutien au rajeunissement et à la création de palmeraies, à raison d’une aide de 70 000 DA/ha et d’une aide de 30%, plafonnées sur le prix d’acquisition d’équipements hydrauliques, d’un soutien à la préservation des palmeraies à travers la prise en charge des traitements de lutte contre les parasites ainsi que d’une aide de 25% plafonnée sur les frais de préservation et de modernisation des palmeraies. Un soutien au conditionnement pour l’exportation sera apporté pour la filière des dattes par une aide de 25% plafonnée pour la création d’unités de conditionnement et un encouragement à l’exportation allant de 5 DA/kg en vrac, à 8 DA conditionné sous emballage. Pour l’arboriculture fruitière, une aide de 60% est prévue pour la réalisation de plantations (achat de plants pour agrumes, figuiers, noyers...). Une aide variant entre 25 et 40% est également prévue pour l’intensification de l’arboriculture par l’acquisition de matériel agricole et d’irrigation ainsi que d’une aide de 30% pour les systèmes d’irrigation. Les cultures maraîchères bénéficieront d’une aide de 30% pour l’acquisition et la réalisation de serres et une aide variant entre 20 et 40% pour les actions de soutien à l’intensification de cette filière.
Nouvelles Nationales: Belkhadem pointé du doigt. Les comités de soutien créent la crise au fln.
Par A.Zerzouri |Le Quotidien D'Oran|20|02|2009| La fronde née dans les rangs du FLN aux lendemains de l’instal lation des directions de campagne électorale du candidat Bouteflika à travers les wilayas du pays, installation qui a largement profité aux partisans du RND, qui s’est taillé une part de lion en s’accaparant le contrôle de ces directions dans les grandes agglomérations notamment, est sortie au grand jour malgré toutes les tentatives de l’étouffer dans l’oeuf, en feignant de l’ignorer.
Officiellement donc, la direction du FLN reconnaît qu’un profond mécontentement a secoué toute la base à la suite de la désignation des directeurs locaux qui doivent chapeauter la campagne électorale des présidentielles du 9 avril prochain.
«La préoccupation des militants, qui trouvent anormal que les plus importantes directions ne soient pas légitimement confiées aux cadres du parti, a été posée avec acuité, et nous la traitons comme il se doit, en tant que première force politique », a lancé, jeudi à Constantine, M. Bourzame, membre de la commission exécutive du parti, lors d’une rencontre qui a regroupé les Mouhafadhas de six wilayas (Batna, Khenchela, Oum ElBouaghi, Skikda, Jijel et Constantine), et dont l’ordre du jour reposait sur la mise en place de commissions chargées de la formation politique.
Enfin, il s’agissait aussi d’inculquer à ces commissions, « contexte politique national oblige, la stratégie adoptée par le parti pour les présidentielles de 2009, et les techniques de la campagne électorale », comme le soulignera le conférencier. Cependant, « la préoccupation majeure de l’heure » tiendra une place de choix dans son discours.
Consciente du risque d’une probable démobilisation des troupes à la veille de cet important rendez-vous électoral, la direction a chargé son émissaire de bien faire comprendre aux militants que les dirigeants du parti ont soumis au directeur de la campagne électoral du candidat Bouteflika, M. Sellal en l’occurrence, et à qui de droit, tout le degré de la grogne qui a gagné les rangs du parti, vexés au plus haut degré par la marginalisation de ses cadres lors de cette distribution des rôles au sein des directions de campagne électorale dans les localités du pays.
« Et tous les concernés ont reconnu le bien-fondé de la revendication en question », devait-il indiquer dans ce sillage. Haussant le ton, il apportera un message de la direction, qu’on lui a spécialement confié pour le livrer à l’assistance : « certaines parties veulent se placer en substitution au FLN, et nous ne manquerons pas de mettre le point là où il faut, quitte à faire éclater l’alliance ».
Toutefois, dira-t-il, « il faut outrepasser cet écueil à l’heure actuelle, et continuer à travailler main dans la main pour inciter les électeurs à participer massivement au scrutin du 9 avril prochain, et faire élire le candidat du parti avec un pourcentage de voix élevé ». Voilà le challenge de l’enjeu politique actuel, toute autre bataille doit être reportée pour un « autre virage », comme le précisera M. Bourzama.
L’alliance présidentielle mettra, ainsi, en sourdine ses différends pour sauvegarder l’essentiel : faire de ces prochaines élections présidentielles une « fête nationale », conviendra ce dernier.
« Nous avons souffert de nos divisions en 1999, et en 2004, en laissant ouverte une large brèche devant les Sanafirs, qui ont su profiter de notre crise pour se frayer un chemin et prendre un profil dominant, mais en 2009, nous formons un bloc uni », rappellera-t-il pour gonfler le moral de la base militante.
Mais, une autre réalité s’impose, loin du discours et de l’argumentaire développé par le conférencier sur le plan « des causes à effets » qui ont permis à d’autres acteurs politiques de jouer les premiers rôles au sein des directions de campagne électorale.
Selon des confidences recueillies auprès de cadres du FLN présents au séminaire de ce jeudi, qui affichent audelà de leur déception une mobilisation totale pour mener campagne en faveur du candidat Bouteflika, « le S.G. du parti, Abdelaziz Belkhadem, est pointé de l’index pour n’avoir pas su négocier face à ses interlocuteurs de l’alliance présidentielle pour placer ses hommes».
Toute la responsabilité de cette déconvenue lui est endossée par ses militants, qui estiment que « le mal n’est pas à chercher à l’extérieur du parti». L’après-élection promet de chaudes empoignades.
Nouvelles Nationales: Zerhouni remet les pendules à l’heure. Le dossier «Hattab» et l’affaire du chef du bureau de la CIA à Alger.
Par Nadia Benakli |L'Expression|18|02|2009| Le ministre de l’Intérieur s’est exprimé, hier, sur deux dossiers chauds ayant marqué l’actualité nationale.Lors d’un point de presse, qu’il a organisé en marge de la visite du chef de l’Etat, à Blida, M.Zerhouni a qualifié l’ex-émir du Gspc, Hassan Hattab «de cas un peu atypique». «Le statut de Hattab est un peu particulier», a-t-il précisé en réponse à une question d’un confrère.«Son dossier est géré par la justice», a ajouté le ministre sans pour autant donner plus de détails sur ce statut atypique. Le ministre a fait savoir que les appels lancés à l’adresse des éléments qui activent toujours ont donné des résultats.
«Ces appels ont eu des impacts sur les groupes (terroristes armés) et il y a eu des problèmes et des tensions sérieuses au sein de ces mêmes groupes, c’est-à-dire entre ceux qui veulent se rendre et ceux qui ont refusé», a précisé le ministre de l’Intérieur.
Il y a quelques jours, le fondateur du Groupe salafiste pour la prédication et le combat s’est adressé à «ses frères» terroristes au maquis, les invitant à déposer les armes et bénéficier des textes de la Charte pour la paix et la Réconciliation nationale. «Je m’adresse à vous, fraternellement, pour vous inviter à déposer vos armes. Je vous conseille de déposer les armes et de rejoindre vos familles.
Car la société est prête à vous accueillir à bras ouverts et à panser les blessures», a-t-il dit dans son message diffusé en langue arabe. Et d’ajouter: «C’est cette société qui a adopté la Charte pour la paix et la Réconciliation nationale qui va vous accueillir et vous serez les grands gagnants auprès d’Allah.» Depuis son arrestation en septembre 2007, le cas Hattab a suscité jusqu’à présent des questionnements.
Concernant le deuxième dossier, il s’agit de celui des deux femmes violées par un responsable de la CIA à Alger. Sur cette affaire, le ministre a indiqué qu’«aucune des ces deux femmes n’est algérienne du moment qu’elles ont la double nationalité», précisant toutefois qu’aucune des deux victimes n’a déposé plainte auprès de la justice algérienne.
«Ces deux dames résident à l’étranger et ont préféré déposer plainte à travers les réseaux de leur nationalité d’adoption et il est difficile de trouver la bonne démarche dans cette situation particulière», a encore expliqué M.Zerhouni.
«Dans cette affaire, il reste à définir si ces actes de viol ont été le fait d’un pervers ou s’il s’agit de l’utilisation d’un moyen pour faire pression sur des citoyens étrangers pour les recruter à des fins à déterminer», a-t-il ajouté, relevant que «selon l’une ou l’autre éventualité, la gestion de l’affaire devrait être différente». Revenant sur la situation sécuritaire, le ministre de l’Intérieur a assuré qu’elle s’est améliorée de manière «très significative».
«Au cours de ces derniers mois, les services de sécurité et l’Armée nationale populaire (ANP) ont obtenu d’excellents résultats et le dernier en date consiste en la reddition de Bentouati qui était un des principaux responsables de la zone Centre», a-t-il précisé sans pour autant avancer de chiffre.
A propos des formulaires d’inscription, M.Zerhouni a fait savoir que 8 millions ont été distribués pour les candidats. Pour lui, ceux qui crient au manque de formulaires tentent de dissimuler leur incapacité à récolter les signatures.
Concernant les observateurs internationaux, le ministre a déclaré que l’Algérie a fait appel aux observateurs des organisations dont elle est membre. Le ministre a affirmé que des contacts ont été engagés avec le Parlement européen.
Enfin, le ministre a avancé un budget de 92 milliards de dinars octroyé à la ville de Blida dans le cadre de son programme d’action 2009-2014.
Nouvelles Nationales: Un wali et 26 chefs d’entreprise devant le juge.
ParBoualem Chouali |L'Expression|18|02|2009| Ils sont accusés de dilapidation de deniers publics, accord de visas à des marchés illégaux, surfacturation des prestations de services...La session criminelle du tribunal de Béjaïa examinera, demain, l’affaire de dilapidation de deniers publics à l’APC de Béjaïa. Les faits remontent aux années 1996 et 1997, sous le règne de Bachir Raho, ex-wali de Béjaïa, après l’octroi par l’ex-délégué exécutif communal de quelque 128 marchés non conformes en matière de procédures, à des entreprises publiques et privées.
Dans cette affaire sont impliqués 17 entrepreneurs, 9 chefs d’entreprise ainsi que des artisans, en plus des autorités de wilaya, à leur tête l’ex-wali, Bachir Raho, son chef de cabinet, l’ex-chef de daïra de Béjaïa, un ex-président de la coopérative immobilière, l’ex-directeur de l’administration locale, l’ex-directeur des moyens généraux et le directeur technique auprès de l’APC de Béjaïa. Les chefs d’inculpation retenus contre eux sont délit de dilapidation de deniers publics, accord de visas à des marchés illégaux, surfacturation des prestations de services, non-respect des délais de réalisation, non-conformité dans les réalisations, trafic d’influence et abus de pouvoir des services de l’APC et de la wilaya. L’affaire, une première dans les annales de l’APC de Béjaïa, appelée communément «affaire du DEC» de la commune de Béjaïa, a été reportée à trois reprises dont la dernière remonte à 2006 depuis sa programmation en 1998. Prévue pour l’actuelle session criminelle, elle risque cependant de connaître un nouveau report en raison de l’appel introduit auprès de la Cour suprême par trois des accusés. Néanmoins, en dépit de cet appel, la chambre d’accusation a maintenu les charges dans la forme. Pour rappel, les investigations et l’enquête ont été déclenchées à la suite d’une lettre anonyme de dénonciation adressée, alors, au ministre de la Justice de l’époque, indiquant que des affaires nuisant à l’économie nationale ont été menées par l’APC de Béjaïa. Le même ministère ordonna alors une enquête pour vérifier l’authenticité de ladite lettre. Après enquête, il s’est avéré que l’ex-délégué de l’exécutif communal avait octroyé 128 marchés à plusieurs entreprises publiques et privées entre 1996 et 1997 d’un montant global de quelque 1,5 milliard de dinars approximativement, avec l’approbation des services concernés de la daïra, à leur tête l’ex-chef de daïra, et de la wilaya, l’ex-wali. Les accusés, en plus du non-respect de la procédure des marchés, ont été accablés par les rapports des services techniques quant à leur conformité et leur qualité de réalisation, la plupart ont été réformés à 100% et le reste à plus de 50%. Après l’audition de tous les accusés par la juge d’instruction près la cour de Béjaïa, à l’exception de l’ex-wali, Bachir Raho, responsable du dernier report. L’affaire connaîtra-t-elle enfin son épilogue? Réponse jeudi à la cour de Béjaïa qui aura également, dans le cadre de la session criminelle, à statuer sur 38 affaires impliquant 134 prévenus. La constitution de groupes de malfaiteurs, l’homicide et les tentatives d’homicide volontaire (23 affaires) occupent l’essentiel de ce rôle, qui verra défiler à la barre, 132 hommes et 2 femmes. Les autres dossiers ont trait à des affaires de moeurs (5), de dissipation de biens de l’Etat (3), de culture de cannabis (2), de fraude et évasion fiscale (2), de trafic d’armes (1), de séquestration de personnes (1) et d’incendie volontaire.
Nouvelles Nationales: ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE 2009. Bouteflika entre en lice.
Par Nadia Benakli |L'Expression|14|02|2009| C’est dans un décor design dominé par le bleu et le blanc et digne d’un spectacle des compétitions olympiques, que s’est produit l’événement.La Coupole du complexe sportif Mohamed-Boudiaf a eu droit, ce jeudi 12 février, à un «show à l’américaine». Le sport et la musique ont laissé place à l’événement politique, à savoir l’annonce de la candidature du Président Bouteflika à l’élection d’avril prochain. Le spectacle du jour s’affichait de loin. Bien avant d’arriver sur les lieux, un grand portrait du Président-candidat est affiché sur l’enceinte du complexe avec comme slogan: «Pour une Algérie forte et sereine 2009».L’image seule retrace le message attendu et donne un avant-goût de ce qui se prépare dans l’après-midi. L’annonce officielle du Président sortant s’est déroulée, en effet, dans une ambiance grandiose. Décor design, dominé par le bleu et le blanc, digne d’un spectacle des compétitions olympiques. Ecrans géants, DJ, jeux de lumière, ballons et confettis faisaient le décor. De grands portraits de l’hôte de la cérémonie, toujours en bleu et blanc, étaient affichés un peu partout. Plus de 5000 personnalités étaient présentes sur les lieux.
A l’instar des figures politiques et du mouvement associatif, des artistes, des imams et même des athlètes ont été conviés à la cérémonie. Tout ce beau monde était déjà présents ien avant l’heure. Il n’était pas encore midi quand des foules interminables commençaient à prendre d’assaut le stade du 5-Juillet. Pas question de rater «l’événement»! «J’habite juste à côté, mais je suis venu tôt pour pouvoir stationner et réserver une place», indique, sur place, un invité de marque. Certains sont venus trois heures avant le coup d’envoi. Même le staff gouvernemental est venu en avance, voire une heure avant le début de la cérémonie. «C’est un grand jour pour nous», exprime avec satisfaction, un ministre et membre de l’Alliance présidentielle. La même expression se lisait sur tous les visages présents à l’intérieur et à l’extérieur de la salle. 13h, soit 90 minutes avant l’heure H, la salle affichait complet. Les officiels et tous les invités de marque étaient installés. Il y avait même des jeunes filles et garçons venus des cités universitaires limitrophes. Vêtus de tee-shirts et de casquettes sur lesquels on pouvait lire «Bouteflika est notre président», ces jeunes criaient «Hohda Thalitha», «nous sommes avec Erraïs», «Tahia Bouteflika». Contrairement aux rassemblements précédents, les banderoles étaient remplacées par de petites pancartes en bleu et blanc sur lesquelles on pouvait lire «L’Algérie vous appelle et le peuple vous cautionne». La cérémonie a été marquée au début par un documentaire retraçant le parcours politique du Président candidat depuis la guerre de Libération jusqu’aux dernières années. Le film énonçait soigneusement les moments forts de sa carrière politique. Du maquis en passant par son rôle à la tête de la diplomatie algérienne et président de l’Assemblée générale de l’ONU jusqu’à son investiture au palais d’El Mouradia. Le zoom a été beaucoup plus accentué sur le bilan des 10 dernières années. La Réconciliation nationale, projet-phare du Président, a été mise en valeur. Juste après la fin de ce film, le Président-candidat a fait son entrée sur scène. Il était 14h25 quand le Président est arrivé et s’est présenté sur le podium comme une véritable «star» d’Hollywood. Ce qui a mis en transe toute la salle. Des salves d’applaudissements et des youyous fusaient de partout. Le public lui a réservé l’accueil d’un héros. Après avoir salué l’assistance, M.Bouteflika a entamé son discours dans lequel il a fait une rétrospective de la situation du pays durant les 10 années de son mandat. Avant de passer directement à l’acte et annoncer sa candidature, le locataire d’El Mouradia a tenu à justifier les raisons de son choix politique. «Chacun comprendra qu’il m’est difficile de rester sourd à un appel aussi pressant car je serais alors en contradiction avec le serment qui m’a définitivement lié aux plus chers de mes compagnons, les glorieux chouhada de la Révolution du 1er Novembre 1954», a-t-il déclaré. Et de renchérir: «Voilà pourquoi, j’ai décidé, à la grâce de Dieu, de me présenter à l’élection présidentielle d’avril comme candidat indépendant.» Une déclaration fortement acclamée par l’assistance qui a créé une ambiance électrique. Trois quarts d’heure plus tard, la fête a pris fin sous des rythmes musicaux et des lancers de ballons et des pluies de confettis.
Nouvelles nationales: Moussa Touati, candidat du FNA à la présidentielle. «Des cercles ont empêché Bouteflika de démissionner».
Entretien réalisé par Yassine Mohellebi |Jeune Indépendant|07|02|2009| Le candidat du Front national algérien (FNA) à la prochaine élection présidentielle, M. Moussa Touati, aborde dans cet entretien les volets de sa future campagne et dévoile que le président Abdelaziz Bouteflika a été empêché de démissionner de la magistrature suprême.
Le Jeune Indépendant : Vous avez déclaré récemment que si vous êtes élu, vous ferez une révolution sur tous les fronts. Peut-on savoir sur quel aspect s’appuiera cette action et quelle sera la priorité de cette révolution ? Moussa Touati : C’est vrai qu’on projette de procéder dans ce sens car nous demeurons convaincus que l’Algérie a besoin d’une révolution. Celle-ci commence par la consécration des principes de la révolution de Novembre 1954 où la souveraineté sera consacrée, comme souhaité, par le peuple algérien et non pas par certaines personnes. C’est ce que j’ai déclaré et j’ai l’intention de procéder de la sorte. En gros, il s’agit d’enclencher un changement radical dans le pays et rendre la parole au peuple.
En lançant ce mot d’ordre, devrions-nous faire le lien avec l’ère Boumediene et ses trois célèbres révolutions, industrielle, culturelle et agraire ? Je crois que ce mot d’ordre est beaucoup plus puissant que celui adopté par le regretté Boumediene car la souveraineté du peuple était absente, mais en faveur d’un groupe de personnes. Nous voulons que ces personnes viennent du peuple. Cette Algérie que nous voulons ne va pas s’arrêter à la personne de Moussa Touati. Comme durant la guerre de libération, le peuple doit embrasser un projet national, et c’est notre premier objectif au sein du FNA.
Votre programme comporte-t-il une stratégie industrielle ? Vous savez, une politique industrielle passe par un certain nombre d’étapes. Nous ne pouvons lancer une industrie lourde sans réussir dans les moyennes et petites industries. Donc, on se demande s’il faut privilégier et encourager la constitution d’entreprises familiales.
Pensez-vous que l’Algérie devrait réviser sa copie en matière d’investissements étrangers de manière à ce qu’elle puisse préserver au maximum ses intérêts ? Quelle sera votre politique dans ce domaine ? Nous pensons que la meilleure manière et la meilleure vision est de trouver un terrain d’entente entre l’intérêt national, qui primera, et l’intérêt étranger. Nous avons d’énormes capacités énergétiques et minières. Donc il faut savoir comment utiliser ces richesses pour le bien moral et physique de l’Algérien.
Pensez-vous pouvoir gagner devant la très probable candidature du président sortant que l’alliance présidentielle et de nombreuses organisations soutiennent ? Le défi réel dans cette élection est d’essayer de convaincre le citoyen algérien d’aller voter massivement et choisir un programme et une parole justes et non pas le bluff. Les citoyens, surtout les jeunes, doivent prendre conscience de la nécessité d’un changement effectif dans le pays. Nous n’avons donc pas peur et nous sommes confiants de pouvoir arracher beaucoup de voix pour peut-être accéder à la magistrature suprême.
Le conflit du Sahara occidental empoisonne les relations intermaghrébines. Que feriez-vous dans ce chapitre si vous êtes élu président de la République algérienne ? Je crois que ce problème empoisonne les gouverneurs mais pas les peuples de la région. L’unité du Maghreb arabe est inévitable et consolidera la force de la rive sud de la Méditerranée. La question du Sahara occidental est un conflit qui ne concerne pas uniquement les deux parties. Il s’agit d’un problème africain et des Nations unies. Je crois qu’en tant qu’Algériens, nous avons le devoir de soutenir tous les mouvements de libération dans le monde et respecter toutes les volontés des peuples. C’est dans ce sens qu’il est impératif de laisser le peuple sahraoui accéder à l’autodétermination car il a le droit d’avoir un référendum comme énoncé par l’ONU.
L’Algérie semble absente ces dernières années sur le plan diplomatique, notamment au Proche-Orient. Avez-vous préparé une feuille de route qui rendrait à l’Algérie la place qui lui sied dans cette partie du monde ? Quel que soit le respect qu’on doit à un pays, il faut qu’il jouisse tout d’abord du respect de son peuple. Donc, il faut qu’on arrive à revoir la légitimité des gouvernants vis-à-vis du peuple. Nous travaillerons par conséquent beaucoup plus sur le front intérieur que sur celui extérieur. Quand nous aurons réuni le peuple autour de nous, l’Algérie reprendra alors automatiquement sa place dans le concert des nations. Au lieu de passer par la corruption et le gaspillage de ses richesses dans la perspective d’une reconnaissance, il serait plus intelligent de servir le peuple car il n’existe pas une reconnaissance aussi forte que celle émanant de ce dernier.
Des observateurs affirment qu’en l’absence de figures dites emblématiques des mouvances démocratique et islamiste au scrutin, une large abstention imprégnera ces élections ? Je pense que cette analyse se limite beaucoup plus à un aspect médiatique qu’à une réelle analyse du terrain. Parce que le peuple algérien a suffisamment souffert d’être marginalisé. Le jeune Algérien dira son mot quand il sera convaincu. Pour cela nous avons notre mot à dire.
Que feriez-vous dans le chapitre sécuritaire face aux attentats terroristes ? Je crois que le terrorisme ou les attentats suicide sont beaucoup plus liés à la mauvaise considération des citoyens. Je pense que la solution réside dans l’octroi au citoyen de la place qui lui sied. Et c’est sur cela que repose notre programme, qui est basé sur l’amour du pays.
Quelle est votre appréciation du rôle de l’information et de l’expression libre en Algérie ? La liberté d’expression dans notre pays est devenue le quotidien de l’Algérien. L’aspect matériel prime l’intérêt de la nation. Donc il faut revenir à la libération de l’information et des médias et fixer les droits et devoirs de ces derniers. Cela passe aussi par la levée du blocus sur la publicité.
Que pourriez-vous reprocher à la politique adoptée par le président Bouteflika ces dix dernières années ? Je crois que le président de la République a une équipe avec laquelle il travaille et, à travers celle-ci, il a avoué s’être trompé d’objectifs. Il a pris cette responsabilité de reconnaître l’échec lors de son discours aux élus de la nation en juillet dernier. Mais comme répété par le premier magistrat, nous n’avons pas encore atteint la culture de démissionner en cas d’échec. A la lecture du constat du Président, nous constatons que ce dernier avait une réelle volonté de démissionner de son poste. Mais cette volonté n’a pas été acceptée par des cercles qui voient leurs intérêts en sa personne. C’est en tout cas ma lecture du discours qu’il a développé devant les élus locaux. Il était alors impératif que la presse s’investisse dans cette problématique et montrer qui oblige le Président à rester. C’était la question essentielle à développer. Qui est derrière le Président ?
Nouvelles nationales: CIA : sexe, drogue et espionnage à Alger.
Par Sid Ahmed Hammouche |La Liberté|03|02|2009| Vidéo en anglais L’ancien chef de l’agence de renseignements américaine est embourbé dans un scandale digne d’un James Bond. Andrew Warren, 41 ans, est accusé de viol par deux Algériennes. Ces femmes ont révélé à la justice lesfrasques sexuelles de cet Américain converti à l’islam, en poste dans le pays d’Afrique du Nord, de septembre 2007 à octobre 2008. Entre partouses, cocaïne et tournage de scène porno, l’activité de l’agent secret était digne d’un "Mille et une nuits" version X.
Du whisky et des pilules du viol
L’affaire, révélée par les médias américains, fait grand bruit à Alger. Elle a démarré il y a quelques mois lorsqu’une des plaignantes a déposé plainte à l’ambassade des Etats-Unis en Algérie. Elle accusait Andrew Warren de l’avoir contrainte à des relations sexuelles. Selon son témoignage, elle a été droguée lors d’une réception organisée par l’ambassade américaine à Alger. On lui a fait boire un whisky coca et le lendemain, elle s’est réveillée au domicile de l’agent de la CIA. Nue. Abusée. Warren a nié le viol. Il a néanmoins reconnu durant l’enquête avoir eu des relations intimes avec les deux femmes.
Depuis, dans la ville blanche, tout le monde parle de ce fait divers. Au point d’en éclipser le débat sur le troisième mandat présidentiel très contesté de Bouteflika bien qu'aucune autorité n’en ait parlé. Première interrogation: que fait la CIA à Alger? Deuxième interrogation: que font les agents de l’agence durant leurs temps libre?
Les Américains prennent cette affaire très au sérieux alors que le président Barack Obama veut améliorer les relations avec le monde arabe. D’autant que les enquêteurs américains qui ont perquisitionné l’appartement d’Andrew Warren ont découvert des "pilules du viol". Ils ont aussi mis la main sur des cassettes vidéo suggérant que leur agent s'était livré à des pratiques similaires dans ses postes précédents, notamment en Egypte, en Jordanie ainsi que sur un carnet où il décrivait par le menu ses exploits sexuels. L’agent racontait comment il baisait "ses chiennes musulmanes".
"Il ne manquait plus que cela pour abîmer encore plus l’image des Etats-Unis en Algérie", confie Kader, étudiant algérois:
"On savait tous que l’administration américaine travaillait avec le gouvernement algérien pour la lutte contre l'organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique. Depuis 1994, plusieurs délégations représentant plusieurs services américains de renseignements dont le FBI, la CIA et la NSA ont effectué des visites secrète en Algérie dans le cadre de la coopération antiterroriste avec les services algériens. Mais avoir un bureau à Alger qui tourne à plein régime pour mener des activités d’espionnage et des parties de sexe, ça nous surprend."
Pour le quotidien El Watan, "il aura fallu qu’une affaire de sordides coucheries éclate à Washington pour que les Algériens découvrent que la CIA dispose d’une antenne à Alger. Les autorités algériennes ont-elles donné leur accord pour l’ouverture d’une antenne de la Centrale de notre pays? Si tel était le cas, l’opinion publique n’en a pas été informée." Et au quotidien algérois d’ajouter:
"Bien sûr, on pourrait toujours nous rétorquer que l’affaire qui agite aujourd’hui le landernau américain n’est qu’une question de sexe, de basses mœurs, qu’elle n’est nullement liée à une quelconque tentative d’espionnage au détriment du pays, mais encore fois, il s’agit de la CIA… Depuis quand l’agence du renseignement américaine opère-t-elle en Algérie?"
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Nouvelles nationales: «Berriane, c'est où?»
Kamel Daoud |Le Qotidien d'Oran|02|02|2009| Deux versions : «C'est rien» ou «c'est dramatiquement n'im porte quoi». Le pire est que pour le reste de l'Algérie, cette question est précédée d'une autre, tout aussi tragique : «Où se trouve Berriane ? ». Pourquoi ? Parce que la déconnexion est totale entre le pays et ce morceau du pays. Là, c'est un pays qui essaye de se débrouiller un Président sans passer par son peuple, là-bas c'est un wali qu'on laisse se débrouiller pour isoler le problème. Résultat : on ne sait pas ce qui s'y passe. Réellement. Profondément. Totalement.
On sait qu'il y a eu mort d'hommes, violence, clanisme, tapage et matraquage, régression et machette, mais c'est tout. On n'aura rien su de Ghaza s'il n'y avait pas eu El Jazeera. On ne sait rien de Berriane, parce qu'il n'y a pas El Jazeera. Pourtant, si on y réfléchit un peu, il y a tout : tout ce que l'Algérie est en train de se fabriquer comme suicide sous anesthésie : le Moyen-Âge mis à jour. La déconnexion algéro-algérienne entre Berriane et l'Algérie est cependant totale : le problème est d'abord résolu par l'isolement et la mise en quarantaine. Cette ville provoque un malaise à analyser parce qu'elle révèle l'impuissance : celui de pouvoir comprendre, celui de pouvoir. On sait que c'est grave parce qu'il y a ce mélange national entre misères, ethnies, races, religions, rites, vengeances, disqualification des institutions, mosquées, généalogies. On sait aussi que, quelque part, Berianne annonce un scénario national possible, on sait que cela peut être contagieux, on devine que c'est l'exemple d'une régression nationale très possible si on continue à plaider l'interdiction du rouge à lèvres pour provoquer les pluies, mais on reste impuissant puis on reprend la télécommande pour trouver le bon créneau pour sa bonne conscience. Pourtant, Berriane existe. Quelque chose s'y est déclenchée qu'on refuse de voir. On peut y aller et en revenir sans y entrer ni y parvenir. Résultat : on va laisser faire le temps et le wali local. Zerhouni, le ministre de l'Intérieur a lancé sa fatwa minimaliste attendue : « c'est une affaire de Mafia de quartiers » concluant que c'est une banale émeute de commune. Le ton est donc donné : dès que le ministre de l'Intérieur vous dit qu'un problème n'en est pas un, c'est qu'il en est un de très grave. Souvenez-vous du « délinquant » de Béni-Douala des derniers événements en Kabylie. Ce qu'il y faut, c'est peut-être un déplacement massif des médias, des intellectuels, des élites, de l'Etat, du régime et la moitié du peuple pour s'interposer et stopper la régression assassine.
C'est vital, c'est urgent, c'est important et ce n'est pas le cas. Cela ne se passe pas ainsi parce que les élites sont soit francophones, disqualifiées par le populisme, soit populistes, disqualifiées par le manque d'intelligence, soit religieuses populistes et donc, sans impact sur la paix avec propension pour la haine. Cela ne se passe pas ainsi, parce que les Bouteflikistes ont besoin de Bouteflika et pas de Berriane. Cela ne se passe pas ainsi, parce que le reste du peuple ne sait même pas si Berriane existe même s'il va y aboutir dans quelques années.
La déconnexion est absolue. Et c'est comme ceci qu'un pays crève : par morceau et jamais d'un seul coup et entièrement. Cela a commencé à Berriane, mais Berriane a commencé partout en Algérie et ce, depuis quelques décennies déjà.
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Quand un pays perd ses jeunes et quand de hauts responsables de l’Etat, payés avec l’argent du contribuable pour trouver des solutions, avouent publiquement leur échec, c’est qu’il y a un grave problème.Voilà ce que nous apprend le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Tayeb Belaïz, à propos de l’un des plus graves phénomènes qui touche la plus importante frange de la population: «Nous n’arrivons pas à identifier les raisons qui poussent les jeunes à partir ailleurs», a déclaré, hier, M.Belaïz qui répondait aux questions des sénateurs.
Quand un pays perd ses jeunes et quand de hauts responsables de l’Etat, payés avec l’argent du contribuable pour trouver des solutions, avouent publiquement leur échec, c’est qu’il y a un grave problème. Le phénomène des harraga ankylose le gouvernement. Chargé de prendre soin du dossier, l’équipe en place n’arrive même pas à établir une biopsie. Les travaux de recherche lancés il y a des mois, par la Commission interministérielle pour identifier la souche du mal, sont toujours à la case départ. Cet aveu d’échec confirme une nouvelle fois que le gouvernement est en panne d’idées et il est incapable de trouver une issue à la question des harraga. Interpellé, à plusieurs reprises sur cette question, le ministre a fini par lâcher: «La Commission interministérielle qui travaille depuis plusieurs mois sur ce dossier n’a pas abouti réellement à cerner les véritables causes qui sont à l’origine de ce phénomène», a-t-il avoué du haut du perchoir du Conseil de la nation. Hormis le facteur déterminant du chômage, M.Belaïz reconnaît que l’Exécutif ne maîtrise pas les éléments qui incitent des milliers de jeunes à tenter l’aventure en haute mer. Sans boussole et sans trop fouiller dans les archives et consulter des experts en la matière, la réponse est visible et elle se confirme au quotidien. Le gouvernement n’a qu’à ouvrir sa fenêtre ou descendre carrément sur le terrain pour voir de visu la réalité et trouver le mot de passe du modem. Les ingrédients sont palpables. La mal-vie, l’absence des moyens et des espaces de loisirs, le manque d’encadrement et de débats ainsi que l’absence de perspectives...sont autant d’éléments qui font nourrir chez les jeunes ce sentiment d’angoisse et d’exclusion les poussant jusqu’à braver les dangers en haute mer. Au lieu d’ouvrir le débat et s’inviter dans les quartiers, le gouvernement s’engouffre dans les théories des experts et verse dans un débat à huis clos à la recherche d’outils capables de solutionner le problème, ignorant complètement la réalité. La déclaration du ministre de la Justice vient s’ajouter à celle du secrétaire général de l’instance exécutive du FLN et ministre d’Etat, Abdelaziz Belkhadem. «S’il y a des solutions miracles pour les harraga nous sommes preneurs», a répondu M.Belkhadem à un confrère qui l’interrogeait sur les ondes de la Chaîne III, à propos des solutions que propose le gouvernement pour résorber le phénomène des harraga. Dans son intervention, M.Belaïz a invité les partis et les universitaires à proposer des alternatives. Voulant défendre le gouvernement, le ministre a déclaré que la responsabilité de ce phénomène n’incombe pas uniquement au gouvernement mais elle implique également les partis politiques et les associations. «Aucun parti politique n’a crée une commission d’enquête pour détecter les raisons de ce problème», a-t-il déploré en précisant toutefois que «le gouvernement était le seul à avoir installé une Commission nationale pour prendre en charge le dossier». Les propos résument parfaitement l’impasse dans laquelle se trouve le gouvernement dans cette complexe équation de la jeunesse. Pourtant, ni les moyens ni les initiatives ne font défaut. Le projet des 100 locaux dans chaque commune, la rencontre gouvernement-walis en 2007, la politique nationale de la jeunesse, la commission nationale pour la sauvegarde de la jeunesse et les différents dispositifs d’emploi. Malgré tout, ces dispositifs et les moyens financiers qui les accompagnent, n’ont pas permis au gouvernement de maîtriser le problème et de convaincre cette «rebelle» jeunesse à renoncer à l’aventure. Celle-ci continue à braver la mer dans l’espoir de trouver le bonheur sous d’autres cieux. Deux ans après la rencontre gouvernement-walis où le chef de l’Etat a exhorté ses cadres à prendre en charge les problèmes de la jeunesse, le résultat est loin, très loin d’être satisfaisant. De grands espoirs ont été attendus de cette rencontre, mais les résultats sont décevants. La saignée continue sur nos côtes. Selon les chiffres officiels, notre pays a enregistré plus de 3600 cas de harga. De janvier à octobre 2008, les Forces navales algériennes ont intercepté, dans le cadre de la lutte contre l’émigration clandestine, 1533 émigrants clandestins. Durant l’année 2007, 1530 harraga ont été interceptés, dont 1485 Algériens. En 2006, pas moins de 1016 personnes ont été arrêtées contre 335 harraga et 29 corps repêchés en 2005. Ces statistiques indiquent clairement que le nombre des harraga enregistre une courbe ascendante. Il faut noter que ces derniers représentent 70% de la population. Un potentiel que le gouvernement n’a pas su sauvegarder pour construire son développement. Bien au contraire, le gouvernement a encore aggravé la situation en introduisant des sanctions à l’encontre de toute personne qui quitte le pays d’une manière illégale.
Nouvelles nationales: À moins de trois mois de l’échéance : Désintérêt pour l’élection présidentielle.
Par Amel Blidi |El Watan|22|01|2009|
Les Algériens sont censés élire leur président de la République dans moins de trois mois, mais ils semblent avoir enterré leur espoir comme leurs ambitions. Peu d’Algériens s’enthousiasment pour le rendez-vous électoral du mois d’avril. Pour certains, ce n’est plus qu’une énième comédie de consultation populaire. Ce manque d’engouement traduit peut-être le divorce entre le peuple et ses gouvernants. « Boutef, nass mlah, mais ceux qui le soutiennent sont des mafieux. C’est pour cela que les élections ne m’intéressent pas », estime Ahmed, 30 ans, enseignant. Il poursuit : « S’il veut que son nom reste comme celui d’un grand président de l’Algérie indépendante, la meilleure chose à faire est de ne pas se présenter à l’élection. »
Riyad, commerçant, estime que pour faire le bilan des dix années de Bouteflika au pouvoir, il suffit de poser la « vraie » question : « Combien de jeunes veulent rester en Algérie ? » Beaucoup restent néanmoins fatalistes. « Moi, je dis hakda wela ktar, je suis pour un troisième mandat, je suis pour un président ‘’kari’’ (intellectuel) et qui a du charisme. Pour lui, je voterai même pour un cinquième mandat », souligne Karim, la trentaine. D’autres encore préfèrent « attendre » une nouvelle génération d’hommes politiques. « C’est toujours les mêmes qui gouvernent en Algérie... Je pense que le changement est le rêve de 70% des Algériens (je dis 70% car c’est le pourcentage qui représente les jeunes de moins de 30 ans), c’est une question de temps, le temps de voir disparaître toute une génération qui a pris le pouvoir après l’indépendance », espère Narimane, étudiante en marketing.
Voter pour qui, pourquoi ? Le premier secrétaire du FFS, Karim Tabbou, assimile le manque d’engouement des Algériens pour les élections à une « position politique ». « Il y a une défiance des Algériens pour ces élections. Les Algériens ont remarqué que leurs voix sont détournées pour le maintien du pouvoir. La population a vu que depuis 1995, l’Algérie est le pays qui a voté le plus sans aucun impact positif sur leur vie. Le milieu politique s’est confondu avec celui de la mafia et des affaires. Lorsque les Algériens voient les hommes politiques impliqués dans des affaires de corruption, de détournements et d’autres crimes économiques, rien n’encourage les Algériens à croire en eux », affirme le représentant du plus vieux parti d’opposition.
Me Bouchachi, représentant de la Ligue des droits de l’homme (LADDH), considère, pour sa part, que les Algériens ne sont pas indifférents à ce qui se passe dans leur pays, mais qu’ils sont « démissionnaires ». « Les Algériens s’intéressent aux droits politiques, aux droits de l’homme, aux droits socioéconomiques et à la démocratie, mais quand ils voient que rien ne change, ils s’en désintéressent », explique-t-il. Et d’ajouter : « Les citoyens ordinaires arrivent à cette conclusion : vous parlez des droits de l’homme, mais ils sont toujours bafoués. Petit à petit, les gens commencent à démissionner de leur citoyenneté. »
Nouvelles nationales: Le régime algérien piégé par Gaza
Algérie / 16 janvier 2009/ par Kader Atoum
Le drame de Gaza sert de révélateur au malaise que vit la population algérienne. Et témoigne de la paralysie qui règne au sommet de l’Etat. Pour une fois, les services de sécurité algériens ont mal évalué la détermination d’une population civile qui ne supporte plus d’être réprimée lorsqu’elle essaye de s’exprimer. Les horreurs qui se déroulent à Gaza et le devoir de solidarité envers les « frères » palestiniens a apparemment poussé les Algériens à envoyer un message bien senti à leur pouvoir politique déstabilisé et qui tergiverse depuis le début de l’attaque israélienne sur Gaza.
Interdite de manifester par les services d’ordre en dépit de trois tentatives avortées, la jeunesse algérienne, qui représente environ 70% des « révoltés », a fini, après la prière du vendredi 9 janvier, par faire face, à Alger, au millier d’hommes du général Ali Tounsi, le directeur de la Sûreté nationale. Ces derniers ont été contraints de faire marche arrière, voire de fuir la marée humaine qui a fini par atteindre le million de manifestants, menaçant ainsi la stabilité de la capitale si les autorités étaient intervenues.
Mais les manifestants ont été à la hauteur de l’événement et se sont dispersés sans incident grave. Les services de sécurité se grattent encore la tête pour comprendre ce qui s’est passé et n’ont personne à accuser d’être derrière ce million de manifestants pacifiques. Le pouvoir n’a pas pu, comme à l’accoutumée, montrer du doigt les islamistes pour profiter de cette situation car, dans le cas de manifestations de soutien à Gaza, il ne peut pas diaboliser la rue. Il s’est donc contenté d’arrêter l’opposant islamiste Ali Belhadj, qui sortait d’une mosquée, pour le relâcher quelques heures plus tard.
Quant aux partis politiques – FLN en tête, ses alliés dans la coalition gouvernementale ainsi que les islamistes et les gauchistes de Louisa Hanoune – ils ont inventé, chacun de leur côté, des meetings bidons. Au menu des réjouissances : tantôt discuter des prochaines élections présidentielles prévues pour avril 2009, tantôt débattre de dossiers liés à leur cuisine interne. Le succès de la manifestation du 9 janvier a montré que ces formations politiques étaient maintenant totalement déconnectées des Algériens et ne représentaient plus qu’elles-mêmes. Ce qui commence à méchamment inquiéter les autorités algériennes.
La Sécurité militaire joue les belles au bois dormant
Quant à l’assourdissant silence qu’a observé à ce jour le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, il prouve que l’heure est grave au sommet du pouvoir. Des slogans utilisés par les manifestants du genre le « peuple et l’armée avec Gaza, l’Etat reste lâche » montrent, selon les observateurs les plus avisés à Alger, que l’establishement politico-sécuritaire connaît des failles.
De surcroît, la Sécurité militaire du général Mohamed Médiène (alias Tewfic) n’a interpellé aucun manifestant, même pas ceux qui sont considérés comme dangereux eu égard à la stabilité du pays. Et le refus de l’armée d’intervenir pour saboter la grande manifestation du vendredi 9 janvier montre que, tous clans confondus, le pouvoir craint le bain de sang et choisit de laisser du temps au temps.
Nouvelles Nationales: Vers le rapatriement des dépouilles de harraga depuis l’Espagne.
Par Ramdane Ouali |Algérie Focus|11|01|2009|
L’Algéri se soucierait-elle enfin de ses ressortissants ? Dans quelques jours, le ministre de la Solidarité nationale et de la Communauté algérienne à l’étranger, Djamel Ould Abbès, devrait se rendre en Espagne pour rapatrier des dépouilles d’émigrés clandestins algériens se trouvant dans les morgues d’Almeria et Alicante.C’est, en tout cas, ce que certains milieux, relayés par quelques médias, laissent entendre depuis le début de l’année en cours, en murmurant que la décision pourrait avoir été prise (en prévision des élections présidentielles d’avril ?) par le chef de l’État lui-même.
Ce que l’on croit sans peine, Abdelaziz Bouteflika s’étant accaparé de tous les dossiers, et pris toutes les décisions qui comptent depuis son accession au pouvoir voilà dix longues années.
Toujours est-il que selon les chiffres livrés par la Commission nationale pour la sauvegarde de la jeunesse algérienne (CNSJA) (structure dépendant de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), aile Hocine Zehouane) pas moins de 600 corps d’émigrés clandestins algériens, morts durant la traversée, se trouvent en Espagne en attente de rapatriement.
L’indifférence de l’État à l’égard de ces dépouilles dure depuis tellement longtemps qu’un imam algérien, établi à Alicante, aurait adressé aux autorités une supplique pour qu’elles daignent enfin récupérer les corps et empêcher qu’ils soient incinérés par des autorités espagnoles lasses d’attendre.
«Si les pouvoirs publics n’ont rien fait pour ces Algériens quand ils étaient en vie, qu’ils décident au moins de les rapatrier afin qu’ils soient dignement enterrés», s’était offusqué le président de la commission au cours d’une conférence de presse animée, il y a quelques jours, à Alger.
L’indignation du militant des droits de l’Homme de voir l’État abandonner ses ressortissants est d’autant plus justifiée qu’il avait affirmé que 4.000 autres Algériens, dont la plupart seraient des émigrés clandestins, étaient- ils le sont, sans doute, encore- détenus dans des prisons espagnoles, italiennes, tunisiennes et même captifs de camps d’internement libyens.
Le tout sans que les autorités algériennes ne lèvent le plus petit doigt, ne serait-ce que pour vérifier ces révélations et prendre les mesures qui s’imposent pour que les droits de leurs ressortissants ne soient bafoués d’aucune manière.
Nouvelles Nationales: Bouteflika saisi pour le retrait de l’Algérie de l’UPM.
Par Abdelhalim Mouhou |Le Jeune Indépendant|07|01|2009|
La Coordination algérienne des initiatives pour la solidarité avec la résistance palestinienne (CAISRP) a indiqué avoir adressé, avant-hier, une lettre au président de la République l’appelant à retirer l’Algérie de l’Union pour la Méditerranée (UPM) dans laquelle siège Israël.Une telle décision n’est qu’un «minimum» de ce qui devrait être fait pour dénoncer l’Etat sioniste, a affirmé hier dans une conférence de presse, Me Hocine Zehouane, qui chapeaute cette coordination rassemblant plusieurs syndicats, associations, partis politiques et personnalités autonomes, de différents bords politiques et idéologiques. La CAISRP réunit, à titre indicatif, des membres de l’Association des oulémas musulmans avec ceux du Parti socialiste des travailleurs (PST) ou encore le CNES et le CLA.
Les arguments avancés sont simples et évidents de logique. «Dans sa charte, l’UPM devait travailler à l’instauration de la paix, de la sécurité et de la prospérité des peuples et Etats méditerranéens. Or, Israël, qui est membre de cette Union, est en train d’exterminer les Ghazaouis qui sont également des Méditerranéens, sans que cette Union ne daigne bouger le petit doigt», a expliqué en substance Me Zehouane, président de la LADDH. «Soit l’on exclut Israël, soit l’Algérie se retire de cette Union. Il n’y a pas de place pour les deux pays», a-t-il ajouté. Le journaliste Mohamed Bouhamidi a estimé, lui, qu’il faut rendre les coups quand on est agressé et le retrait de l’Algérie de l’UPM, sera, selon lui, «un coup politique très dur et douloureux» contre l’Etat sioniste. M. Bouhamidi a indiqué que l’idée de la création d’une telle union appartient, d’ailleurs, au président israélien actuel, «Shimon Peres, qui l’a évoquée en 1978 à Casablanca, quelques heures seulement après le décès du président Boumediene», a-t-il précisé. «La place d’Israël n’est pas à l’UPM. Elle est à Nuremberg aux côtés des nazis», a encore martelé le journaliste militant.
Vers une grève nationale générale S’agissant des objectifs et des actions de la CAISRP, Me Zehouane a souligné qu’elle est ouverte à toutes les initiatives de soutien à Ghaza afin de réunir une «base sociale très large». Il a informé que la CAISRP penche vers le choix d’une journée nationale unifiée de protestation et de soutien aux Palestiniens. Il a également appelé «à une grève nationale générale». Cette grève serait «une action de soutien pour les Palestiniens et, au même temps, une protestation contre les autorités qui empêchent le peuple algérien de manifester son soutien pour Ghaza et encore moins sa colère contre l’entité sioniste», a-t-on expliqué. Les différents intervenants ont assuré, par ailleurs, soutenir toutes les initiatives et décisions allant dans le sens de la solidarité avec la Palestine et de la dénonciation d’Israël. C’est dans ce sillage qu’ils ont affirmé soutenir l’appel lancé pour user de l’arme du pétrole. Les participants ont également appelé les Algériens à boycotter certains produits et marchandises de sociétés étrangères appartenant et/ou soutenant l’Etat sioniste.
Nouvelles Nationales:Ce que les algériens retiendront de l’an 2008 : Recul des libertés et désarroi social.
Par Mustapha Benfodil |El Watan|31|12|2008|
Que retenir de cette année 2008 au chapitre de la situation des libertés dans notre pays ? Il est d’emblée regrettable de constater que la régression, sur ce plan-là aussi, est manifeste et cela concerne aussi bien les libertés individuelles que collectives. Hier encore, à l’occasion d’un rassemblement de soutien à la Palestine, qui s’est tenu à la Maison de la presse, les participants à cette action prenaient toute la mesure de la frustration de ne pouvoir sortir dans la rue pour une marche de solidarité avec la population de Ghaza persécutée. Toute manifestation de rue, on en est prévenu, est interdite depuis le 14 juin 2001. L’état d’urgence perdure depuis 16 ans. Les condamnations à des peines d’emprisonnement continuent d’accabler les journalistes.
Dernier fait en date : la condamnation à trois mois de prison ferme prononcée récemment par le tribunal de Sidi M’hamed à l’encontre de Omar Belhouchet et Salima Tlemçani, suite à une enquête mettant en cause un guérisseur soupçonné de charlatanisme. Citons aussi le cas du journaliste Noureddine Boukraa, ex-correspondant du quotidien Echourouk à Annaba, qui a écopé d’une lourde peine d’emprisonnement pour un article sur les services de sécurité locaux. La dépénalisation du délit de presse n’est pas pour demain… Il convient de citer également les suites de l’affaire Benchicou dont le livre Journal d’un homme libre a été saisi à l’imprimerie, un acte « revendiqué » par la ministre de la Culture. Dans la foulée, des libraires ont reçu la visite de la police et ont été embarqués au commissariat au motif d’avoir diffusé l’ouvrage frappé d’imprimatur.
Rappelons, par ailleurs, les nombreux opus interdits au dernier Salon international du livre d’Alger, faisant du SILA un festival de la censure. En somme, le pouvoir politique agit comme si les Algériens avaient besoin d’un surmoi tutorial ou d’un directeur de conscience qui leur dicterait les films qu’ils doivent voir et les livres qu’ils doivent lire et qu’ils n’avaient pas assez de discernement pour juger par eux-mêmes les œuvres et les contenus qui leurs sont proposés. Au chapitre de la liberté de culte et de conscience, le palmarès 2008 là aussi est tristement chargé, à commencer par l’affaire Habiba K., du nom de cette jeune femme de l’ouest du pays, convertie au christianisme et jugée inconsidérément par le tribunal de Tiaret pour une fumeuse histoire de prosélytisme. Ou encore ces gens de Biskra condamnés en première instance à 4 ans de prison ferme pour une présumée atteinte à la morale du Ramadhan. Même sentence prononcée à l’endroit d’ouvriers en bâtiment pris en flagrant délit de consommation de tabac avant l’adhan et condamnés par le tribunal de Bir Mourad Raïs à trois ans de prison ferme avant que la cour d’appel d’Alger ne commue le verdict en peine avec sursis. Cette vague de rigorisme qui intervient dans un contexte de durcissement des mœurs n’est pas sans rappeler les campagnes de moralisation de la vie publique qui avaient cours sous Boumediène.
Elle renvoie immanquablement à ce projet ô combien controversé de construction d’une méga mosquée surplombant la baie d’Alger et que d’aucuns ont interprété comme une pure opération populiste. Dans le même sens, signalons cette décision de fermeture de 1200 bars, qui s’impose comme une autre expression de ce rigorisme aux accents démagogiques qui rime avec islamisme. Sur le plan strictement politique, le forcing constitutionnel du 12 novembre 2008 où le Parlement votait les amendements de la Constitution autorisant M. Bouteflika à postuler pour un troisième mandat déroule le tapis rouge pour une présidence à vie au profit d’un autocrate qui n’a jamais fait mystère de sa passion du pouvoir. Faisant l’économie d’un référendum populaire dont Bouteflika redoutait sans doute quelque effet de surprise néfaste, option a été faite pour une adoption à huis clos, sans débat contradictoire et sans exégèse. En témoignent ces quatre militants du MDS arrêtés pour avoir distribué des tracts et commis des tags appelant à un débat de fond autour de la Constitution. Et maintenant, le régime s’agite pour préparer la parodie d’une élection en partant à la chasse de lièvres consentants ou plutôt de « lapins » à qui l’on va faire croire que la présidentielle d’avril prochain n’est pas jouée d’avance et qu’ils seront défaits à la régulière. En définitive, que reste-t-il dans un paysage politique aussi morose et aseptisé ? Heureusement qu’il y a le front social, enseignants en tête. Le secteur de l’éducation aura été l’un des rares à faire un peu d’animation syndicale, comme l’a montré le mouvement des enseignants contractuels, au reste sévèrement réprimé.
Citons aussi le corps médical du secteur public, ainsi que le volontarisme d’autres syndicats autonomes comme le CNAPEST, le SNAPAP et SNAPEST qui résistent autant que le verrouillage du champ politique et social le permet. Nous nous devons également de saluer l’action du RAJ qui a marqué contre vents et marrées le vingtième anniversaire des événements d’octobre 1988 avec colloque et cérémonie à la place des Martyrs. On ne peut clore cet inventaire sans faire une fois de plus le constat du « plombage » du champ audiovisuel à l’heure de l’explosion des bouquets satellites et de Youtube. Le régime campe sur son argutie selon laquelle le peuple algérien « n’est pas mûr » pour le pluralisme des images. Sans ambition de modernisation ni projet sociétal, Bouteflika ne sera pas non plus l’homme qui débarrassera les Algériens du mépris de l’ENTV. Résultat des courses : pendant cinq autres années (au moins), on va encore ne voir que lui à tous les JT…
Nouvelles Nationales: «Boumediene n'a jamais pensé à Chadli comme successeur»
Par Hasna Yacoub |La Tribune|27|12|2008|En juillet 1964, au Caire, à la conférence au sommet des pays arabes, Bourguiba soumet à Ben Bella le problème de la délimitation des frontières. Le chef de l’Etat algérien consent alors verbalement à un arrangement reconnaissant la souveraineté tunisienne à cette frontière. Mais à son retour à Alger, Houari Boumediene, ministre de la Défense, et Abdelaziz Bouteflika, ministre des Affaires étrangères, refusent d’entériner cet accord. Cet incident a été la cause du «redressement révolutionnaire» du 19 juin 1965 -un coup d’Etat militaire– et le renversement d’Ahmed Ben Bella.Cette étape de l’histoire algérienne a été évoquée hier par Mme Anissa Boumediene en marge d’une conférence sur le thème «Boumediene et l’autodétermination des peuples», organisée au centre de presse d’El Moudjahid, par l’association Mechaal Echahid à l’occasion du 30ème anniversaire de la mort du président Boumediene. Mme Boumediene, qui se refusait au début à commenter des déclarations de l’ancien président Ben Bella, a fini par enfoncer le clou en lâchant : «Le président Ben Bella, sans se référer à son ministre de la Défense ni à son ministre des Affaires étrangères, a décidé unilatéralement de céder au président Bourguiba, qu’il a rencontré au Caire lors du sommet de 1964 et en présence de Djamel Abdel Nasser, une parcelle de terre algérienne. C’est celle-là, la vérité. L’autre vérité qui a d’ailleurs été rapportée par le journal le Monde en 1965, c’est celle des 1 200 Algériens qui croupissaient dans les prisons et qui ont été libérés par Boumediene quand il a pris le pouvoir.» Anissa Boumediene, en réponse à une question sur l’écriture de l’histoire, ne manquera pas de jeter un autre pavé dans la mare. Revenant sur les dernières déclarations de l’ancien président Chadli Bendjedid, elle soutient formellement que feu Houari Boumediene n’a jamais pensé à Chadli Bendjedid comme son successeur. «J’assiste à des diatribes de part et d’autre de certaines personnalités. Des déclarations qui m’étonnent comme celle faite par l’ancien président Chadli Bendjedid. Ce dernier avait déclaré que le défunt président Boumediene avait pensé à lui pour être président. Ceci est totalement faux. D’ailleurs, j’étais constamment avec mon mari en URSS et les deux seules personnalités qui sont venues le voir et qui lui ont parlé sont M. Ahmed Taleb Ibrahimi, ministre d’Etat à l’époque, et le président Bouteflika qui était à ce moment-là ministre des Affaires étrangères. Ce sont les deux seules personnalités qui ont vu Boumediene à Moscou. Et jamais, jamais à aucun moment, la candidature de M. Bendjedid n’a été évoquée. Je dirai même que cette idée n’aurait jamais traversé l’esprit de Boumediene. Donc cela, c’était erroné et complètement faux. Je persiste et signe», a assuré Mme Boumediene. Sur l’affaire Chaabani, l’invitée d’honneur du centre de presse d’El Moudjahid a certifié que son mari était contre l’exécution du défunt colonel. «Rappelez-vous, a dit Mme Boumediene, que mon mari a été victime de tentatives d’attentat, par exemple en 1968. Boumediene n’a jamais condamné à mort un responsable d’une tentative d’attentat. C’était sa position. Il avait même fait le reproche à certains chefs de l’Etat de recourir à ce procédé comme Hassan II et Djamel Abdel Nasser parce qu’il considérait que la haine ne sert pas, c’est complètement inutile. Il a profondément regretté la mort de Chaabani qui avait fait la guerre à ses côtés et qui était un vrai patriote. Boumediene a d’ailleurs demandé à Ben Bella, qui avait les pleins pouvoirs à cette époque-là, de ne pas exécuter Chaabani. Mais la décision a été prise très rapidement et Ben Bella a insisté pour l’exécution immédiate du colonel Chaabani.» A signaler enfin que, lors de cette conférence, l’ancien haut responsable du FLN, M. Djelloul Melaïka, et M. Abderrazak Bouhara, vice-président du Conseil de la nation, sont revenus sur l’engagement de Boumediene aux côtés des causes justes de par le monde. Un hommage a été également rendu au défunt par des représentants de l’Autorité palestinienne et du Front Polisario, qui ont souligné l’aide apportée par l’Algérie à ces causes. Mme Anissa Boumediene qui a également apporté son témoignage, a, quant à elle, affirmé que le président était «pragmatique» dans ses positions et qu’il «privilégiait les faits aux paroles». Soutenant que L’Algérie était devenue gênante sur tous les plans pour les grandes forces du monde parce qu’il y «avait beaucoup d’intérêts», elle se refusera à faire un commentaire sur la mystérieuse mort de Houari Boumediene. «Je ne peux pas savoir si mon mari a été assassiné. Dieu seul le sait. Il y avait beaucoup d’intérêts dans le monde et sa maladie était subite.»
Nouvelles Nationales: La mafia de la Deglet Nour sévit au Sud.
Par Abdelkrim Amarni |L'Expression|23|12|2008|C’est une véritable mafia de la datte qui sévit actuellement au sud du pays. L’Association des conditionneurs et exportateurs de dattes de Biskra s’insurge contre le troc de dattes Deglet Nour qui s’est instauré dans les quatre wilayas du Grand Sud, Illizi, Adrar, Tamanrasset et Tindouf, limitrophes des pays du Sahel (Mali, Niger, Tchad et Libye). Cette «mafia» s’adonne au grand jour à un troc illicite, échangeant cette précieuse denrée contre d’autres produits alimentaires, entre autres, le thé. Cependant, les autorités interdisent formellement (Journal Officiel du 29/03/98) de pratiquer le troc avec la variété de dattes Deglet Nour. Le troc, qui s’applique dans ces wilayas frontalières, n’autorise pas celui pratiqué avec la Deglet Nour. Comme il ne manquait que cela pour notre économie presque exclusivement dépendante de l’exportation des hydrocarbures. Selon les statistiques du Cnis, les exportations ont atteint 76,10 milliards de dollars durant les onze premiers mois 2008, contre 54,18 milliards de dollars durant la même période de l’année dernière, en hausse de 40,45%. Quant aux importations, elles se sont chiffrées à 34,16 milliards de dollars contre 24,96 milliards de dollars, soit une hausse de 36,87%. Le taux de couverture des importations par les exportations, de janvier à novembre dernier, a représenté 223%, contre 217%, précisent les données du Cnis. C’est dire que le manque à gagner que génère cette mafia se chiffre à des millions de dollars pour notre économie. Cette opération (troc de la Deglet Nour) illégale prend une tournure nouvelle, car elle touche justement cette variété et se pratique dans des wilayas non concernées par la loi autorisant le troc. Ces données, transmises à L’Expression par l’Association, ont été confirmées au téléphone par son président Youcef Ghemri, qui a souligné que «l’Algérie, qui est le premier producteur au monde de Deglet Nour, n’est hélas que le second exportateur après la Tunisie qui ne produit pourtant qu’environ six fois moins de cette variété de dattes, soit environ 85.000 tonnes/an contre 500.000 tonnes/an cueillies dans nos palmeraies». Ghemri regrette, par ailleurs, que l’Algérie n’exporte que 05% de sa production alors que notre voisin en exporte environ 85%. L’Association déplore aussi que la majorité des unités de conditionnement soient actuellement à l’arrêt. Le commerce de troc terrestre autorisé à travers les frontières du Sud, est sorti de son cadre juridique, dénonce-t-elle. Cette situation met hors circuit ces unités en flambant les prix d’achat et pousse les producteurs à devenir des spéculateurs qui ne soignent même plus leur production. L’Association réclame, par ailleurs, une mise à niveau des 26 unités adhérentes. La Deglet Nour, qualifiée de reine des dattes, est l’un des produits phares, exportables à souhait, de l’agriculture algérienne dans sa composante de phoeniculture. De plus, la qualité de ces «doigts de lumière», appelés ainsi car le fruit laisse transparaître la lumière du soleil à travers sa chair, est nulle part ailleurs. Cette variété est qualifiée par les connaisseurs et les consommateurs, de nettement supérieure aux dattes produites de par le monde. La région terroir de la Deglet Nour est la ville de Tolga, près de Biskra. C’est là, que le savoir-faire des fellahs a affiné ce fruit de légende pour atteindre la perfection qu’on lui connaît. La datte est généralement consommée dans son état naturel, sinon fourrée à la pâte d’amande, pistache, noisette ou même consommée avec du beurre frais accompagnée souvent du fameux thé vert saharien à la menthe. Quand elle s’acoquine de cannelle, d’eau de fleur d’oranger, d’amandes ou de miel, elle devient alors pure gourmandise. Contrairement au nord du pays, ce fruit «magique» entre dans la confection des plats dans les régions sahariennes du pays. Il est mélangé, en très petite quantité, dans la sauce rouge du couscous ou de la «thakhchoukha», plat spécial et très épicé de Biskra, et également à d’autres plats du Grand Sud.
Nouvelles Nationales: L’eau en Algerie , De quoi sera fait demain?
Par Ahmed Kettab |L'Expression|10|12|2008|L’Algérie du futur se construit aujourd´hui; chercheurs, scientifiques, politiques et techniciens doivent agir en synergie afin d’assurer la durabilité de nos ressources.Le développement socioéconomique d’un pays, d’une région, est un objectif principal de tout gouvernant. Hélas, cela affecte inévitablement les ressources d’eau tant sur le plan de la qualité (pollution domestique et industrielle) que sur celui de la quantité (augmentation de la consommation).
L’Algérie, comptant plus de 36 millions d’habitants et se trouvant dans une région semi-aride, est un des pays du Bassin méditerranéen qui souffrent de la pénurie d’eau. La pluviométrie y est irrégulière et sa distribution hétérogène. Si la région de Collo (Est) reçoit plus de 2000mm/an, les régions de l’Ouest marquent moins de 400mm/an alors que le Sahara (trois quarts de la superficie du pays) reçoit moins de 100mm/an. Les écoulements y sont ainsi caractérisés par une irrégularité saisonnière et interannuelle importante et par une violence et une rapidité des crues. La gravité des problèmes d’envasement des barrages, les changements climatiques, l’exploitation irrationnelle et la pollution font que la quantité d’eau utilement mobilisée est beaucoup plus réduite. L’Algérie occupe actuellement un rang mondial important parmi les pays touchés par le stress hydrique et s’il n’y aura pas de démarches réelles et plus efficaces, elle souffrira encore plus à l’horizon 2020/2025. Nous donnons quelques chiffres sur nos ressources, les données étant en perpétuelle évolution.
Les eaux naturelles Ressources en eau superficielles estimées à 17.2 Milliards de m3/an dont 12 Milliards de m3 dans les régions nord (10 Milliards en écoulements superficiels et 2 en ressources souterraines) et 5.2 Milliards dans les régions sahariennes (0.2 Milliard en écoulements superficiels et 5 en ressources souterraines). Tenant compte de la sécheresse des 25 dernières années et des changements climatiques, ces chiffres pourraient être revus à la baisse, en particulier pour les eaux superficielles. Il est à noter au vu des potentialités en eaux souterraines du Sud (plus de 40.000Milliards de m3), celles-ci devraient être beaucoup mieux exploitées; en puisant 10 Milliards m3/an de ces eaux, nous aurons une autonomie de 4000 ans! Ressources en eaux superficielles mobilisables comptant 59 barrages en exploitation, permettant de régulariser 2,8 Milliards de m3/an avec une capacité de stockage de l’ordre de 5,8 Milliards de m3; 400 retenues collinaires (47 millions de m3/an) et 160 en réalisation; 13 barrages permettant de mobiliser à l’horizon 2009 un volume régularisé de 1Milliard de m3/an avec une capacité de 1,8 million de m3; à l’horizon 2009/2010, nous aurons 72 barrages avec une capacité de 7,6 Milliards de m3, le volume régularisé ne serait que de 3,8 Milliards de m3/an.
Infrastructures et indicateurs de service (Alimentation en eau potable). Quelques données sur les capacités actuelles: capacité de production installée 2400 millions m3/an; capacité de traitement des eaux superficielles 3 millions m3 /jour; linéaire total des réseaux d´adduction et de distribution 80.000km; capacité de stockage 5 millions m3; production moyenne 1700 millions m3/an (23% à partir des barrages); pertes totales 20 à 35%.
Les eaux non conventionnelles. Les eaux usées: réseau d´assainissement 38 000km en 2008 et 21.000km en 1999; taux de raccordement au réseau 86% en 2008 et 72% en 1999; volume des eaux usées rejetées, 750 millions de m3/an; nombre de stations en exploitation 57 (36 à boues activées et 21 lagunage); capacité d’épuration 90 millions m3/an en 1999, 270 millions en 2005, 350 millions en 2008 et plus de 600 millions en 2010. Les eaux saumâtres/salées: l’Algérie a 1200km de côte, ce qui laisse présager d’énormes possibilités. La sécheresse qui a touché le pays en 2001, avait poussé le gouvernement à dresser un grand programme de dessalement avec la participation du ministère des Ressources en eau et du secteur industriel (Algérienne energie compagnie AEC) par la réalisation de 13 usines (dont deux déjà en fonctionnement, Arzew et Alger) qui totaliseraient une capacité d’environ 2.260.000m3/j. Ces projets sont montés selon le modèle «BOO», mode de financement sans recours garantissant leur succès et leur rentabilisation. Cette quantité d’eau dessalée sera insuffisante et il faudra au moins doubler le volume (5millions m3/j à l’horizon 2015) pour sécuriser les populations côtières et mieux distribuer l’eau des barrages (agriculture, industrie...)
Indicateurs, Objectifs du développement du millénaire (ODM) L’Algérie est l’un des rares pays d’Afrique à avoir atteint les ODM; cela doit nous réconforter, mais surtout nous inciter à tendre vers les 100%. Le taux de raccordement à l´eau potable est de 78% en 1999, 92% en 2007 et 93% en 2008; la dotation moyenne de 123litres/habitant/jour en 1999, 160 en 2007 et 165 en 2008; la fréquence de distribution de l´eau pour les 1541 communes de 45% en 1999, 70% en 2008 quotidienne, 18%, 1 jour sur 2 et 12% 1 jour sur 3 et plus. Cette dotation a bien progressé, mais reste encore faible comparée par exemple au taux d’électrification des foyers au niveau national (98% en 2008). Seuls 10 à 15% reçoivent de l’eau 24h/24h!
Gestion/gouvernance L’Algérie s’est dotée d’une loi sur l’eau en 2005. Sa mise en application nécessite près de 44 décrets (sans compter les arrêtés et circulaires) dont la majorité est déjà promulguée. Il faudra penser à améliorer le dispositif juridique, les instruments modernes de gestion de l’eau et la réforme du cadre organisationnel du secteur de l’eau, en tenant compte des autres ministères (agriculture, industrie) et des nouvelles données tant nationales qu’internationales. Il est à noter qu’une vision globale et durable de la ressource en eau doit tenir compte des potentialités du pays, du respect des écosystèmes aquatiques et de l’environnement.
Des stratégies et défis pour l´avenir. Si la pénurie d´eau est provoquée en partie par l´inéluctable accroissement démographique et la répartition inéquitable des ressources, l´être humain y contribue en polluant et gaspillant le peu de ressources parfois existantes. Il faudrait aujourd´hui réunir tous les savoirs, toutes les compétences qui, par des solutions ingénieuses et novatrices, permettraient de bâtir de nouvelles politiques susceptibles de relever les défis qui nous guettent et d’assurer le progrès et le développement socio-économiques de notre pays afin de faire partager à nos concitoyens les fruits de la croissance. Les installations hydrauliques (barrages, réservoirs, canalisations d’adduction, usines de traitement des eaux potables, des eaux usées, des eaux industrielles, stations de pompage, réseaux urbains...) sont des réalisations très coûteuses, longues à réaliser et devant durer longtemps. Il est surprenant de constater que l’on y investit beaucoup d’argent, mais très peu dans les ressources humaines en particulier la formation des hommes spécialisés. La formation dans le domaine de l’eau (techniciens, ingénieurs) mérite toute l’attention, nous interpelle et nous incite à poser des questions telles que: quels sont les métiers de l’eau? Quelles compétences demande l’utilisateur? Quels sont les: employeurs existants ou potentiels? Quels sont les besoins réels? L’Algérie a fait le choix stratégique de s’ouvrir vers l’Europe et le monde. Nous sommes engagés afin d’assurer la réussite de notre pays, en le préparant à rallier la scène internationale. L’Algérie a rejoint les rangs, elle a de l’ambition; elle a compris et admis que l’accès à l´eau et à l´assainissement de qualité et en quantité suffisante, est désormais reconnu comme un droit fondamental de l´être humain. La rareté de l’eau en Algérie est une donnée admise; l’Algérie se situe, de ce fait, parmi les pays les plus pauvres en matière de potentialités hydrauliques, elle est en dessous du seuil théorique de rareté fixé par la Banque mondiale à 1000m3/ha/an. Les ressources en eau iraient en diminuant si une politique plus audacieuse n’est pas mise en place. Nous devrons allier la rigueur, faire preuve d´imagination, d’ingéniosité et de créativité pour ne pas manquer encore une fois la chance qui nous est offerte par la politique nationale pertinente. Gérer l’eau de manière raisonnable est devenue une nécessité impérieuse; elle exige une bonne administration et requiert l´implication de chaque secteur de la société dans le processus de décision. Cette politique sectorielle et intersectorielle doit être intégrée dans tous les secteurs économiques et sociaux (santé, éducation, agriculture, industrie, tourisme). L’Algérie du futur se construit aujourd´hui; chercheurs, scientifiques, politiques et techniciens doivent agir en synergie afin d’assurer la durabilité de nos ressources. Nos objectifs sont ambitieux (conjuguer une draconienne protection de nos ressources à une solide performance économique) et dignes de l’Algérie, pays qui a toujours relevé les défis et je serais, certes très heureux avec tous mes concitoyens de pouvoir les relever. Il est important de souligner les efforts considérables faits ces dix dernières années et la volonté des différents responsables à tous les niveaux.
(*) Professeur/Directeur de recherches à l’Ecole nationale polytechnique, Alger
Nouvelles Nationales: Célébration demain de l’Aïd El Adha. Le rite d’Ibrahim résiste à la crise.
Par Kamel Benelkadi |El- Watan|07|12|2008|La fête de l’Aïd El Adha sera célébrée demain par les Algériens. Mais aura-t-elle la même saveur pour tout le monde ? Pas si sûr en ces temps d’érosion du pouvoir d’achat et de flambée des prix. Si certains ont pu se payer un mouton, d’autres ont été contraints de passer outre ce sacrifice et ne pourront pas perpétuer la tradition d’Ibraham, toufefois ce rite résiste globalement à la crise.
Dans les points de vente, généralement des garages ou des dépôts transformés en enclos à bétail en pleine capitale, les citoyens n’ont qu’un mot à la bouche : « Les prix sont très élevés ! » Cette année, ils sont à 20 000 DA et ce n’est que la moyenne, car les prix atteignent les cimes de 40 000 DA.
La désillusion chez les employés et les petites bourses s’installe rapidement, car ils ont l’impression d’être sacrifiés sur l’autel du profit en l’absence du contrôle de l’Etat. Les négociations avec les vendeurs n’aboutissent généralement pas. Ali est un fonctionnaire dans une administration publique et père de deux enfants. Cette année, il a décidé de sacrifier le mouton pour leur faire plaisir et parce que « c’est la religion qui le veut ». Cependant, la partie est mal engagée pour lui, lorsqu’il tente de faire baisser le prix du côté du quartier algérois de Belouizdad. Il arrive quand même à acheter un mouton à 17 500 DA. Un autre citoyen a beau faire tous les calculs, son salaire et ses économies ne lui permettront jamais de s’offrir un mouton. Alors, il a dû recourir à un emprunt auprès de son employeur. Une autre formule en vogue : l’achat par facilité. 50% du prix est versé à la commande et le reste du paiement est échelonné sur quelques mois. Néanmoins, il y a ceux qui sont déjà assez endettés pour être tentés... tant il s’agit encore de dépenser le peu qu’il leur reste. Ils achèteront de la viande chez le boucher du coin et feront la fête en famille.
Les plus démunis, composés généralement de familles nombreuses, vont se contenter de viandes congelées. Nourredine, la trentaine bien consommée, souligne : « L’Aïd ne peut être réduit à la surconsommation de la viande. C’est un moment important dans la vie du musulman. Le sacrifice permet de réduire l’individualisme et laisser place à la générosité. C’est la fête du partage avant tout. » « Autrefois, l’Aïd avait ses traditions. C’était une occasion pour la famille et les amis de se retrouver pour échanger les vœux. La communion entre les voisins était profonde et pouvait aller jusqu’à offrir une partie du mouton aux familles nécessiteuses. Mais les temps ont bien changé. Le sacrifice et son sens demeurent ancrés. Mais les modes ont changé », se désole un sexagénaire. Depuis une semaine, le bêlement des moutons résonne dans nos quartiers et s’ajoute aux bruits de la ville. Les grandes villes se transforment en un « souk » pour bétail. Des parkings, maisons, jardins et des impasses servent d’espaces de vente pour les commerçants d’ovins. On confie aux enfants la mission de les escorter pour brouter des parcelles d’herbe. C’est un rituel pour eux. Comme chaque année, à la veille de l’Aïd El Kébir, les béliers s’affrontent dans des combats singuliers pour la suprématie locale de leurs propriétaires. Les joutes se déroulent dans les quartiers populaires mais n’ont rien de sacré. Les enfants sont ravis du spectacle. Les adultes se réjouissent des gains qu’ils ont réalisés ou se lamentent de ne pas avoir parié sur le bélier le plus agressif.
Nouvelles Nationales: Nezzar répond à Chadli.
Par Khaled Nezzar |El- Watan|04|12|2008|
Comme j’ai eu à le dire et à l’écrire, Chadli ne déroge pas à ses habitudes, recourant une fois encore à la parentèle (1) dont il n’a cessé d’user et d’abuser. Pourquoi choisir la wilaya d’El Tarf pour s’adonner comme il a eu à le faire un certain 20 septembre 1988, et s’engager comme à l’accoutumée dans une diatribe aussi haineuse que confuse, souvent décousue et au verbe obscur.
Ce pamphlet, en fait, n’a de vérités que celles-là mêmes qui sont énoncées par lui, croyant à tort qu’il est le seul à les détenir. Pourquoi maintenant et pas avant ? Pourquoi, pour l’hommage rendu à Amar Laskri dit Amara Bouglez, certains furent invités et d’autres intentionnellement oubliés ? Cette réunion n’était-elle pas orchestrée à l’avance pour, simplement, donner la parole à Chadli Bendjedid ? D’ailleurs - sauf erreur de ma part -, aucun compte rendu ne reprend l’hommage rendu par Chadli à la mémoire de feu Amara Bouglez, ce grand officier de l’ALN, commandant de la Base de l’Est, connu surtout pour son grand sens de l’organisation. Chadli s’est surtout distingué par son discours haineux, prenant ses propres compagnons pour cible. A cette occasion, Chadli s’est distingué par des invectives et des insultes à mon endroit également.
Dire de moi que je fus « un espion de la France », c’est s’empêtrer dans ses contradictions : pourquoi m’avoir alors accepté dans la fonction d’adjoint militaire de la zone qu’il commandait à l’époque, c’est-à-dire de mars 1959 à mai 1960, puis sous son commandement lorsque lui-même était adjoint au commandant Abderrahmane Bensalem, de 1960 à l’Indépendance ? Pourquoi, alors que je ne suis à ses yeux qu’un transfuge, ne s’était-il pas passé de mes services ? Au contraire, j’ai grimpé les plus hautes marches sous son commandement puisque, à la mort de Boumediène, je n’étais que lieutenant-colonel, commandant les troupes aéroportées. Il est vrai que j’ai bénéficié d’une formation acquise auprès des Français. Mais, au fait, que faisaient mes compatriotes ? Vivaient-ils donc sous d’autres cieux ? Le fait est que nous étions tous logés à la même enseigne. Nous étions tous, qui militaire qui émigré ; très peu étaient installés à leur propre compte, commerçants ou cultivateurs, beaucoup, sinon l’immense majorité était exploitée par les colons, des khemas (2). Je serais bien curieux de savoir pourquoi Chadli prétend au patriotisme plus que les autres ? En tout état de cause, l’essentiel pour moi, était d’avoir su profiter de cette opportunité pour la mettre d’emblée, au sortir de l’école, à la disposition de la Révolution armée(3). Le patriotisme doit-il être l’apanage de ceux qui, comme Chadli, ont rejoint, je ne sais dans quelle circonstance, le maquis avant moi ? Que non ! Car pour lui, seule l’ancienneté comptait ; cette sempiternelle ancienneté qu’il aimait à brandir comme certains de ses prédécesseurs l’avaient fait avant lui. Critère unique, comme s’il s’agissait d’un faire valoir. Il est vrai aussi que certains de mes compagnons ont eu à rejoindre le maquis quelque temps avant moi et plus jeunes encore. Combien sont-ils ? D’autres sont venus après. A-t-il été donné à beaucoup d’Algériens de militer comme moi, au FLN, alors que je n’avais pas vingt ans, et de passer quatre années consécutives dans les glorieuses unités de combat de l’ALN ! (cf. Mémoires de guerre. Editons ANEP)
UNE SYMPATHIE POUR LE COMPLOT DES COLONELS
Si servir pendant près de cinq années sans relâche équivaudrait à rejoindre la Révolution « sur le tard », comme le prétend Chadli, je suis en droit de me poser la question de savoir à quels motifs répond ce procès d’intention ? Il se trouve que dans la fonction qui était la mienne, personne - je dis bien personne ! - n’est en droit de me reprocher une quelconque ignominie, surtout celle aussi diffamatoire, « espion de la France », proférée de surcroît par celui qui fut le premier magistrat du pays. Lesquels propos ont été rapportés par les journaux El Watan et Le Soir d’Algérie. Ester Chadli serait inutile, tant le chemin qui mène à l’obtention d’une réparation morale est tortueux et sans issue. Dire aussi que je rendais compte au GPRA et aux « 3 B » (c’est-à-dire Krim Belkacem, Abdelhafidh Boussouf et Lakhdar Bentobal), cela eût été un grand honneur pour moi ! Cette structure qu’il montre du doigt qu’était le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne ne représentait-elle pas le flambeau de l’Algérie en guerre ? Les hommes qu’il cite seraient-ils donc des traîtres à la patrie ? Malheureusement, je n’ai pas eu l’honneur de servir aux côtés de ces trois héros, car je fus affecté, à ma demande, en zone opérationnelle par le colonel Si Nacer et n’ai eu à rendre des comptes qu’à mon chef hiérarchique, Chadli Bendjedid. La rancœur exprimée dans ce cas précis démontre, si besoin est, sinon son appartenance du moins sa sympathie pour le complot des colonels qu’il a toujours su dissimuler. Puisque Chadli s’est voulu didactique, en s’adressant à une audience composée non seulement de moudjahidine mais aussi d’historiens et d’étudiants, pourquoi n’a-t-il pas pris le soin de traiter le sujet des officiers de l’armée française dans son ensemble ? En fait, l’ALN, puis l’ANP ont connu trois catégories d’officiers formés par les Français. Il y eut d’abord ceux qui, à partir de 1957, ont rejoint l’ALN, et ainsi successivement jusqu’en 1961. Si cette catégorie n’a pris le maquis qu’à partir de 1957, c’est parce que ceux qui en ont fait partie étaient les premiers à sortir de ces écoles. Une seconde catégorie était composée de ceux qui, ayant choisi de rester de l’autre côté de la barrière, étaient sélectionnés par les Français pour encadrer les éléments appelés à l’époque « Force locale ». Composée de militaires algériens, elle avait pour mission d’assurer le maintien de l’ordre jusqu’aux élections. Cette force puisait sa légitimité des accords d’Evian qui mirent en place un Exécutif chargé de gérer la période transitoire, installé à Rocher Noir (Boumerdès). Lors de son déploiement sur le terrain, l’ordre nous fut intimé de procéder au désarmement des personnels la composant et de les renvoyer dans leurs foyers. Ils n’opposèrent aucune résistance. Cette force était organisée en compagnies commandées par des lieutenants. Quelques mois plus tard, l’ANP, confrontée à des problèmes de formation, quelques-uns parmi ces lieutenants furent enrôlés dans les rangs de l’ANP, sous le vocable « d’officiers intégrés ». J’étais commandant des forces terrestres chargé de l’avancement et du dégagement des cadres, lorsque ce même Chadli Bendjedid, président de la République, m’ordonna de mettre ces personnels à la retraite avant terme, ce que je fis, alors que ces derniers totalisaient une vingtaine d’années de service. Ils terminèrent leur carrière dans des entreprises nationales. Chadli confond-il entre ces différentes catégories ? En ce qui me concerne, je suis de ceux qui appartiennent à la première catégorie et je ne peux qu’être fier d’avoir tourné le dos à une carrière pour servir mon pays quand il a eu besoin de ses enfants, n’en déplaise à Chadli Bendjedid et à tous ceux qui, à un moment ou à un autre, ont tenté de jeter l’anathème !
UN RÈGLEMENT DE COMPTES
Je crois comprendre que tout ceci n’est qu’une occasion pour Chadli de solder ses comptes avec moi, entre autres. Beaucoup de journalistes objectifs l’ont compris et n’ont pas manqué de l’exprimer à travers les colonnes de leurs journaux. Je dis bien règlement de comptes car, en définitive, c’est bien de cela qu’il s’agit. Il est vrai que j’ai eu à donner mon point de vue dans mes écrits sur les périodes difficiles de notre histoire contemporaine, de 1988 à 1992. Comment pouvais-je escamoter le rôle de Chadli, lui dont la responsabilité s’étala tout au long de ces années et même au-delà. C’était pour moi un devoir, compte tenu des moments difficiles que les Algériens ont vécus durant ces années de sang, de rapporter les faits marquants avec le plus d’honnêteté et de réalisme possibles. Devais-je adopter la politique de l’autruche alors que j’étais aux premières loges ? Assurément non. En écrivant sur cette page douloureuse de notre histoire, je me devais d’apporter mon témoignage sur celui qui fut mon chef direct pendant longtemps. Je l’ai fait en mon âme et conscience et ne pouvais éviter de parler des crises sans fin ayant marqué cette période dont Chadli – qu’on le veuille ou non – est responsable pour une large part. Je l’ai fait, certes, avec un esprit critique, mais sans jamais me départir du sérieux que requiert un tel travail de mémoire et du respect dû à l’homme et à ce qu’il fut. En effet, je suis tout à fait convaincu que le déballage que croit nous servir Chadli n’a de but que de mieux diluer ses responsabilités comme il l’a, du reste, toujours su le faire. J’aurais aimé qu’il me réponde avec autant de correction que furent mes écrits à son égard. C’eût été son droit le plus absolu. Malheureusement, à court d’arguments, Chadli s’est confiné dans des propos amers et violents pleins d’emportements et d’injures. Dans son intervention à El Tarf, Chadli a cru utile d’accréditer la thèse de sa désignation par l’armée pour la succession de Boumediène. Or, à ce propos, qu’il me soit permis d’apporter le témoignage suivant : je fus approché par des officiers qui me demandèrent de tenter de convaincre Chadli d’accepter la candidature à la présidence de la République. Cela s’est passé au moment où j’assurais le commandement des forces à Tindouf. J’étais en permission à Alger. Rentré tard chez moi (23h), j’apprends que mon chef d’état-major, Slimane Bouchareb, avait demandé que fût mis à sa disposition un avion sanitaire. Ayant compris la gravité de la situation, je me mis immédiatement en route vers le ministère de la Défense, où des lignes téléphoniques spécialisées par satellite étaient disponibles à l’époque. Je tombe nez à nez avec trois compagnons en conciliabule sur le perron du mess des officiers. Je ne suis guère étonné de les voir ensemble, car il était fréquent que des officiers s’attardassent pour discuter, regarder un film ou jouer à la belote. Je leur expose le motif de ma visite et leur demande de me tenir compagnie le temps que j’aie Tindouf en ligne. Ces trois officiers sont Mostefa Beloucif, Rachid Benyellès et Ben Abbas Gheziel, tous trois vivants. Tandis que je m’éclipse pour demander ma communication téléphonique, ils décident de me mettre dans la confidence. La communication passée, je reviens auprès d’eux. Mostefa Beloucif prend alors la parole le premier et me dit : « Si Khaled, toi qui as bien connu Si Chadli du temps de la Révolution, ne pourrais-tu pas aller le voir et le persuader de se présenter comme candidat à la présidentielle. En ce moment, c’est un pas en avant, un autre en arrière », voulant dire que Chadli se montrait indécis. Je suis interloqué : « Ah bon ? Vous voyez sérieusement en Chadli le futur président de la République ? » Surpris par ma réaction, Mostefa Beloucif renchérit : « Si Khaled, nous connaissons tous si Chadli, c’est notre frère et il saura être à la hauteur le moment venu. » Ma réponse est aussi ferme que directe : « Je ne suis pas du tout convaincu, je n’irai pas le voir ! » J’ajoute : « A la rigueur, qu’il soit nommé ministre de la Défense, dans l’état actuel de notre armée, il pourrait éventuellement assurer sa cohésion. » Lorsque sa candidature fut rendue officielle par le Comité central du FLN, dont j’étais membre, mes collaborateurs, m’attendant à la descente d’avion à Tindouf, m’apostrophèrent sans ménagement : « Mais qu’avez-vous fait ? », allusion à la désignation de Chadli à la tête du pays (4). Toujours à ce propos, Chadli s’est proclamé « dauphin de Boumediène ». Voilà une nouvelle ! Jamais, connaissant fort bien tant le défunt Boumediène que Chadli, une telle option n’aurait pu être envisagée. A ma connaissance, la personne pressentie pour être portée au sommet de l’Etat était le président de la République en poste actuellement. Chadli ne se serait-il pas laissé manipuler par les défunts Kasdi Merbah et Abdelmadjid Allahoum, respectivement patron de la SM et chef du protocole de la présidence de la République, à des fins qui restent à élucider ? Seize années se sont écoulées depuis le départ de Chadli, sans que celui-ci ne daigne jamais infirmer les allégations selon lesquelles il aurait été poussé vers la porte de sortie par les militaires. Ce silence complice est la brèche à travers laquelle les partisans du « qui tue qui ? » se sont engouffrés pour semer le doute dans l’esprit des Algériens et porter le discrédit sur l’institution militaire occupée à combattre l’hydre terroriste. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour donner la véritable version des faits ? Lui qui répète sans cesse vouer estime et respect à l’institution dont il est issu. Mais là aussi, Chadli n’en est pas à sa première escapade. Je me trouvais à Tarf – encore une fois, un hasard ? –, c’était en 1962. J’étais adjoint dans le sous-groupement commandé par Chadli, en même temps que le général à la retraite Kamel Abderrahim et le colonel Ali Boukhedir. Alors que Chadli était absent depuis deux jours, pour une raison qui nous échappe à ce jour, nous reçûmes l’ordre de l’état-major installé à Taoura, ex-Gambetta, de faire diriger deux des trois bataillons du sous-groupement vers Bou Saâda. A l’époque, personnellement, je n’avais pas vent de ce qui se tramait. Je ne saurai que par la suite que Boumediène avait décidé d’engager deux axes de pénétration, l’un à partir de l’Ouest, l’autre à partir de Bou Saâda, dans le but d’enfoncer les lignes défensives organisées par les Wilayas III et IV visant à nous interdire tout accès vers la capitale. Pour mettre à exécution les instructions ainsi reçues, nous nous mîmes à la recherche de notre chef, en vain. Les délais de mise en œuvre ayant été impartis et voyant qu’ils allaient être dépassés, je pris sur moi de commander les deux bataillons à la tête desquels se trouvaient Abdelkader Kara et Kadour Bouhrara. Je puis dire aujourd’hui, avec le recul et connaissant les pratiques de Chadli, que lui savait ce qui se préparait et a préféré se défiler devant le devoir. Ne pas vouloir affronter par les armes ses compagnons, c’est tout à son honneur. Or, il s’agissait simplement d’avoir le courage de le dire ! Pour revenir à ce qui est supposé être une réponse de Chadli à mes propos parus dans mes différents livres, je me fais un plaisir de les soumettre à l’appréciation des citoyens pour qu’ils puissent juger d’eux-mêmes si ceux-ci méritent qu’on oppose l’injure et la diffamation à la critique et au débat. Extraits. « Les quelques membres rescapés d’un Conseil de la Révolution réduit à sa plus simple expression (la plupart étant d’ailleurs chefs de Région militaire), contrôlés et chaperonnés par une sécurité au zénith de sa puissance, avaient mis devant le fait accompli l’ensemble du corps des officiers en acceptant que Chadli Bendjedid devienne le coordonnateur de l’armée. Dès lors, le système étant ce qu’il était, Bendjedid se trouvait à la verticale du fauteuil présidentiel. Seuls quelques officiers lui étaient favorables. Pour toutes les autorités civiles, Chadli est adoubé par l’ANP, il deviendra donc sans coup férir, président de la République. Chadli, au lieu de s’entourer de vraies compétences en mesure de l’aider avec efficacité dans sa tâche, ouvrit toutes grandes les portes de la médiocrité et de l’irresponsabilité. La parentèle arrogante et corrompue transforma la présidence d’abord en cour puis en sérail. Les décisions qui engageaient le pays étaient prises dans des cercles étroits en fonction d’intérêts claniques plutôt qu’au bénéfice du pays. Il plaça des personnes réputées fidèles à sa personne aux plus hauts postes de responsabilité de l’Etat, sans égards pour leurs aptitudes à gérer. L’échec est dû au refus du système politique d’affronter les pesanteurs inhérentes à la société. Le FLN de la guerre de Libération nationale, en phase avec la population, n’existait plus. Celui dont Chadli Bendjedid espérait faire le moteur du renouveau et de la libéralisation s’était bureaucratisé et sclérosé. Les organisations de masse sur lesquelles le régime prétendait fonder son assise sociale étaient le refuge des opportunistes et des candidats à la prébende. La quiétude de la rue devait déboucher un jour ou l’autre sur des explosions incontrôlées. Les premières émeutes (Constantine) qui ont marqué le début de la décennie n’ont pas été analysées à leur juste signification. Et personne ne dira au Président que le temps pressait. Soudain, nous fûmes surpris par les événements du 5 Octobre. Au lieu de les prévoir, le Président, surpris aussi, donna de l’armée pour réparer ses errements et c’est ainsi que nous fûmes chargés de la sale besogne.
1988 à 1992, la montée des périls
« Des calculs étroits de pouvoir donnèrent à la mouvance islamiste, y compris à ceux qui parlaient ouvertement de guerre sainte, le loisir de prospérer en toute sécurité. Le souci de trouver un contrepoids au mouvement berbériste et au PAGS (parti de l’avant-garde socialiste) accusés d’être à l’origine des troubles, amènera les conseillers de Chadli Bendjedid à préconiser une alliance de fait avec les fondamentalistes (certains responsables du FLN y seront pour beaucoup). Le général Mejdoub Lakhal Ayat me disait à l’époque : ’’Ils sont en train de combattre les berbéristes, mais le mal viendra des islamistes radicaux car ils se préparent à la violence.’’ L’envoi de centaines de jeunes en Afghanistan pour prendre part au djihad bénéficia de la complicité des autorités. Les errements idéologiques constituèrent des lignes de force qui ont engendré la crise, d’où l’échec à construire un Etat fort, la ruine économique et le refus des gouvernants d’assumer leurs responsabilités et de se retirer avant qu’il ne soit trop tard. Personne ne se rendait compte, ni au sein du parti ni à la présidence, de la lente et efficace mainmise des intégristes sur des pans entiers de la société. Ils étaient aidés en cela par le phénomène de la clochardisation. Alger était devenue un conglomérat de bidonvilles. Le chômage qui frappe de plein fouet une partie de la population, notamment les jeunes, fut jetée pieds et poings liés dans les bras des intégristes. Chadli Bendjedid ne disposait que de la constitution. La disparition du socle social qui permettait au système de durer et de prospérer, la cassure du FLN, la débandade de la plupart des organisations de masse et les compromissions ne permettaient à Chadli, pour plaire à ses futurs partenaires, de ne donner que sa propre personne, voulant malgré cet état des lieux rester au pouvoir et cohabiter avec le FIS. Après le premier tour des élections remportées par ce même FIS, il préféra se retirer, laissant le soin à l’armée de faire face aux périls. »
N. B. Les intertitres sont de la rédaction
Nouvelles Nationales: Les révélations de Chadli .
Par A. Ouêlaâ |Le Quotidien d'Oran|29|11|2008|
Malgré son étendue, l’amphithéâtre du centre universitaire d’El-Tarf s’est avéré exigu pour contenir l’assistance nombreuse venue prendre part à la 1re rencontre sur la base de l’Est où pêle-mêle se retrouvaient des responsables locaux dont le wali, les maires et autres élus ainsi que le S/G de l’organisation des Moudjahidines et l’ex-président de la République, Chadli Bendjedid auquel un accueil chaleureux a été réservé.
Si les intervenants ont été succincts dans leurs interventions à l’image de Saïd Abadou qui a évoqué le rôle de la base de l’Est durant la guerre de Libération, en tant que lieu de transit des vivres et de l’armement, celle de Chadli Bendjedid aura été la plus longue, plus de deux heures.
Composée essentiellement de la famille révolutionnaire, l’assistance a écouté avec attention l’intervention de celui qui a été président de la République pendant douze ans.
A propos de la création de la base de l’Est Chadli dira: «il est temps de dire quelques vérités. La base de l’Est est née à la suite de dissensions et d’une crise des fidayine de la zone de Souk Ahras avec le CCE (Comité de coordination et d’exécution du FLN avant le congrès de la Soummam). Nous étions taxés de perturbateurs et cela aurait pu nous porter préjudice et même nous coûter une condamnation à mort. Amara Bouglez a alors contacté Krim Belkacem qui a envoyé Amar Ouamrane. La réunion a eu lieu en Tunisie. La base de l’Est a toujours été en conflit avec les «3B» (Krim Belkacem, Bentoubal, Abdehafid Boussouf). Et d’ajouter: «ce n’est pas le CCE qui commandait la Révolution, ce sont les «3B». La direction de la Révolution a toujours été divisée à cause des conflits internes, des dissensions, des rivalités des dirigeants pour des intérêts étroits, pour la responsabilité. Je dis qu’il faut en parler et en témoigner. Les rivalités entre les chefs ont mené à des crises très graves qui ont mis en danger le cours de la Révolution».
Chadli cite des cas où ces rivalités entre chefs ont manqué de provoquer un affrontement entre les fédayine de la base de l’Est et l’armée tunisienne. «Ils ont même fomenté un complot contre Bourguiba pour le remplacer par Salah Benyoucef». Les conflits avec le CCE étaient tels «qu’ils nous ont envoyé des conseillers militaires de la «promotion Lacoste» pour nous espionner». Les tensions étaient telles que le CEE a rencontré des difficultés avec les 3 zones de la base de l’Est pour contrer les projets des lignes Challe et Morice. Il y avait une défiance des uns à l’égard des autres. Ceci va mener à une crise profonde qui sera le motif de «la rencontre des commandants» avec Boumediène.
Chadli va ainsi, de témoignages en anecdotes, passer en revue plusieurs épisodes de la guerre de Libération, en soulignant que les rivalités étaient omniprésentes et contribuaient au cours donné à la Révolution jusqu’à la réunion de Tripoli, de juin 1962. Il dira à ce sujet: «j’étais d’accord pour le coup de force militaire car les rivalités, les appétits, les conflits entre les chefs étaient si forts que j’étais convaincu que seule la force pouvait apporter le répit et je l’ai dit à Boumediène. A ce propos, je tiens à rendre hommage ici à Mohand Oulhadj qui a oeuvré, en grand patriote, pour réduire la confrontation». «Le premier président devait être Boudiaf qui sortait de prison, Ben Bella était hésitant», ajoute Chadli.
«Je jure que ce que je rapporte est la vérité car ces faits je les ai vécus et ne m’ont pas été rapportés. J’appelle les historiens à être neutres et objectifs pour que personne ne puisse se prévaloir d’une légitimité aux dépends de ses frères de combat, surtout ceux tombés au champ d’honneur. Je jure que durant toute cette période, je n’ai jamais cherché à être chef. Toutes les responsabilités que j’ai exercées m’ont été imposées».
«Sur son lit de mort en Russie, Boumediène a délégué une personne dont je ne citerai pas le nom pour me dire «Chadli doit me remplacer à la tête de l’Etat», mais ce délégué est allé voir d’autres personnes avant de venir m’apporter le message. En ma qualité de membre du Conseil de la Révolution et chef de la 2e Région militaire, je n’ai jamais dit aux militaires de me porter à la présidence mais il est vrai qu’ils ont dit vous avez le choix entre Chadli et Bendjedid»
Concernant Ben-Bella, il dira qu’il n’avait pas le souci d’écrire l’histoire telle qu’elle devait être écrite. Il rapporte l’histoire de Larbi Berredjem qui, en faisant remarquer à Ben-Bella la nécessité d’écrire l’histoire pour les générations futures s’est vu rabroué et répondre «les générations futures n’ont pas besoin de l’histoire».
Concernant l’affaire Chaâbani, Chadli dira: «nous avons tout fait pour que le président (Ben Bella) revienne sur sa décision de l’exécuter et nous n’avons pas compris l’acharnement et l’empressement pour le mettre à mort».
«Je n’ai pas parlé depuis que j’ai quitté le pouvoir et je n’ai pas répondu à toutes les accusations et mensonges qu’on a racontés. Je trouve que le moment est venu de dire certaines choses pour rétablir la vérité mais aussi pour l’histoire».
Continuant ces révélations, il dira: «Tahar est un ami. Je l’ai connu bien avant de connaître Boumédiène. Je lui ai dit que je n’utiliserai pas la force et je n’ai envoyé que les «bazoukistes» contre ses chars. C’est un ami mais Zbiri, à la tête de l’Etat, aurait été un désastre».
Et Chadli Bendjedid de conclure: «à la veille d’octobre 88, au bout de 12 ans à la présidence, je suis arrivé à la conclusion que le régime était condamné à disparaître et les réformes que j’ai annoncées ont soulevé des résistances dans le sérail. Je voulais aller vers un régime parlementaire. Depuis on fait le serment sur le Coran de respecter la constitution et on fait autre chose. Je ne suis pas de ceux là!!!
En marge de la rencontre le S/G de l’ONM dira à la presse que les Algériens ne sont pas concernés par les indemnisations prévues par la France concernant les essais nucléaires de Reggane ou les mines. Les indemnisations iront aux soldats français et aux Algériens enrôlés dans leur armée.
Le président Zeroual reviendra-t-il aux affaires, opérera-t-il son come-back politique à la faveur de l’élection présidentielle d’avril 2009 ? La rumeur, servie avec insistance, lui avait prêté une velléité de se porter candidat à la magistrature suprême. A présent, il fait publiquement l’objet de sollicitations à se porter candidat. Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir) - Le plus significatif des plaidoyers pour une candidature de l’ancien président de la République est celui commis par M. Ali Mebroukine ce week-end, dans une tribune libre, insérée dans les colonnes du Quotidien d’Oran. Professeur d’enseignement supérieur et ancien collaborateur du président Liamine Zeroual, M. Ali Mebroukine, qui répliquait, en fait, au général à la retraite M. Rachid Benyellès, auteur d’une tribune où il articulait un refus à la pérennité de Bouteflika à la tête de l’Etat, dit, sans détour, que M. Liamine Zeroual est l’homme de la situation. «(…) cet homme est tout désigné. Il s’agit de M. Liamine Zeroual qui n’aura pas encore 68 ans au moment de l’élection présidentielle de 2009 (pour les francocentristes que compte encore notre pays, le général de Gaulle avait 67 ans lorsqu’il était revenu aux affaires en mai 1958).
L’ancien président de la République est en pleine possession de ses moyens physiques et intellectuels. Il a mis à profit ces dix dernières années pour réfléchir aux principales questions du développement, de la sécurité, des relations internationales, lisant beaucoup et s’informant à la meilleur source (…)», écrit-il, ajoutant que (…) en cinq années (2009-2014), M. Liamine Zeroual peut faire accéder l’Algérie à un stade supérieur de son développement pour peu qu’il ait la liberté entière de choisir ses collaborateurs civils et militaires et qu’il puisse imposer à une administration souvent rétive à sa feuille de route (…).
M. Ali Mebroukine décline là ce qu’il convient de comprendre comme les conditions que Zeroual poserait pour sa candidature. M. Mebroukine n’a pas fait cependant qu’«encenser» M. Zeroual. Il a travaillé aussi à «vendre» sa candidature à ceux qui ne veulent pas d’une présidence à vie pour Bouteflika. «Si Rachid Benyellès et bien d’autres personnalités politiques redoutent autant qu’ils le prétendent un nouveau mandat de Bouteflika, qu’ils se mobilisent et mobilisent les secteurs de l’opinion qui partagent leur diagnostic de la crise pour appeler à une candidature du démocrate Liamine Zeroual.» Voilà qui est clairement exprimé. En fait ce que souhaite cet ancien collaborateur du président Zeroual, c’est une synergie d’efforts autour de la candidature de M. Zeroual. Des initiatives aussi, comme celle que vient de prendre «le mouvement citoyen algérien» qui non seulement appelle le président Zeroual à s’investir de nouveau dans la politique, mais entreprendra dès le 30 novembre prochain une collecte de signatures. Ceci étant, il reste à savoir ce qu’en pense le concerné par cette sollicitation. Il reste à savoir si M. Zeroual accepterait de rivaliser avec un Bouteflika adoubé par l’armée et, inversement, quelle serait l’attitude de la grande muette si Zeroual entrait en compétition. Ce qui est sûr, c’est que, si M. Zeroual se remettait à la politique et s’engageait dans la course à la présidentielle, l’élection d’avril 2009 ne consacrerait pas forcément, comme prétendu jusque-là, la reconduction de Bouteflika pour un quinquennat supplémentaire. L’intrusion d’un nouveau paramètre — la candidature de M. Zeroual, en somme, chahutera, à coup sûr, la prévision qui fait aujourd’hui de M. Bouteflika le potentiel bénéficiaire de la joute du printemps prochain.
Nouvelles Nationales: « Les prochaines présidentielles seront du cinéma».
Par M. C & H.Y |El Khabar|18|11|2008|
Sid Ahmed Ghozali, ex chef du gouvernement au début des années quatre vingt dix, estime que le Président qui sera élu lors des présidentielles de 2009 est connu d’avance « car il est désigné d’avance comme il l’a été durant les élections de 99 et 2004 ».
« Je ne me présenterai pas au prochain suffrage électoral car, tout simplement, ça sera une pièce théâtrale dans laquelle je ne voudrai pas être un figurant, et dans ce cas là, ce serait mentir sur moi-même », telle était la réponse du président du Front Démocratique, non agréé, à une question posée lors de Fatour Essabah relative à la candidature aux prochaines élections présidentielles, indiquant que, depuis 2004, il a décidé « de ne plus jouer la comédie, une comédie qui donne une crédibilité au système en place, et moi je refuse de monter à bord d’un train alors que je sais qu’il se dirige en enfer ». Ce qui m’importe, en tant que citoyen et en tant qu’Homme politique, c’est la volonté du système de bâtir un pays de droit même graduellement … Je pense que pour réaliser cela, il faudra un changement révolutionnaire, et commençons d’abord par le respect de la loi ». L’homme à la cravate papillon pense que la modification introduite, par le président, à la constitution « est un non événement et je me demande si les malheurs des Algériens existent dans la constitution pour qu’on la modifie ».
Le Gouvernement prononce un discours politique mensonger pour les Algériens
L’ex chef du gouvernement, Sid Ahmed Ghezali, s’est interrogé sur « ce qu’on dit, après que les responsables Algériens aient convenu que la crise mondiale ne nous touchera pas, au moment où elle a secoué la plus grande puissance mondiale, les Etats Unis d’Amérique ? », pour répondre, ensuite, en mettant en garde contre de fâcheuses conséquences si jamais on venait encore une fois à « mentir au peuple ». Selon Ghezali, « le pétrole n’est pas un inconvénient mais un avantage », et il a déclaré que « celui qui répand que l’idée de compter sur le pétrole nous renvoie en arrière, a tort », considérant que la question est relative à l’échec des responsables, et à l’échec de bâtir une économie basée sur la force créative, et il a indiqué « Citez moi un pays où le président se réunit avec son chef du Gouvernement pour régler la crise de la pomme de terre ? ». Il a rappelé la déclaration du chef du Gouvernement Abdelhamid Brahimi, de 1983, en disant que « l’Algérie était protégée de la crise financière, et il a déclaré, officiellement, que l’Algérie s’était débarrassée de la dette », affirmant que la déclaration, en pleine crise, était mensongère, et l’Etat avait essayé « de faire taire les Algériens avec des bananes, déboursant pour cela des sommes faramineuses, mais deux ans après les prix du pétrole avait dégringolé de 45 à 11 dollars le baril, et tous les investissements avaient été bloqués sachant que le nombre de chômeurs n’avait pas dépassé les 300 milles, alors que depuis 1986, le nombre était passé à un million et demi».